Et si l'important, c'était le reste à vivre ?


Photo de Charlotte Papin
Catherine Brezeky
Renaud Pestre
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Publié le , mis à jour le - 5 min de lecture
Une maison sur un porte feuille

Le reste à vivre, c’est la somme qu’il vous reste chaque mois une fois vos charges fixes payées (mensualités de crédit, loyer, pensions alimentaires...) : c’est souvent ce montant, plus que le taux d’endettement, qui fait basculer un dossier de prêt. Preuve par l’absurde : incapable de payer ses mensualités, un couple français a poursuivi BNP Paribas en justice après avoir emprunté avec un taux d’endettement de 64 %. Une histoire rocambolesque qui souligne l’importance de bien gérer son reste à vivre. On vous explique.

Quand le reste à vivre mène à la banqueroute

Imaginez une histoire digne d’un épisode de Better Call Saul : un couple de Français poursuit BNP Paribas en justice. Leur argument : la banque ne les aurait pas prévenus des risques liés à leur prêt immobilier, et ils n’ont plus les moyens de payer leurs mensualités.

Tout commence en décembre 2008. Le couple décroche un prêt immobilier avec un taux d’endettement époustouflant de plus de 64 %. À l’époque, il était encore possible de franchir le seuil des 35 %, avant que le plafond ne s’impose en janvier 2022.

Plusieurs années plus tard, malgré un reste à vivre de 3 000 €, ce même couple estime avoir du mal à honorer ses factures et décide d’intenter un procès à leur banque, BNP Paribas.

Pendant des années, le dossier a traîné en longueur, comme les saisons interminables de 24 Heures chrono. Mais en juillet 2023, rebondissement : la Cour de cassation a finalement tranché en faveur de la banque. Selon elle, le reste à vivre du couple était suffisamment conséquent pour qu’il puisse rembourser ses dettes.

Au-delà de ce cas particulier, l'histoire soulève de vraies questions sur l’importance du reste à vivre, dont la gestion ne tient qu’à vous. Il est vrai que, dans certains cas, les banques acceptent des dossiers où le taux d’endettement est supérieur à 35 %, mais toujours si le reste à vivre semble confortable pour rembourser les traites.

Après l'approbation de votre demande de crédit, la gestion de votre reste à vivre devient cruciale. La maîtrise de votre budget est dès lors essentielle.

Que se cache-t-il derrière le reste à vivre ?

Il n'est pas nécessaire d'être un geek à la Big Bang Theory ni lauréat en mathématiques pour déterminer votre reste à vivre.

C'est en réalité une opération assez simple, bien plus accessible que vous ne le pensez. Pour le calculer, vous pouvez utiliser un tableau Excel ou même une feuille de papier pour effectuer les étapes nécessaires.

Comment calculer votre reste à vivre ?

Pour calculer votre reste à vivre, additionnez vos revenus (revenus stables, revenus locatifs et, plus rarement, aides sociales ou pensions), puis soustrayez vos charges fixes : mensualités du prêt immobilier visé, crédits à la consommation en cours, charges de logement (crédit ou loyer) et pensions alimentaires. Le montant obtenu est votre reste à vivre mensuel.

Formule de calcul du reste à vivre : revenu du ménage moins les charges du prêt
Calcul reste à vivre

Quels revenus peuvent être pris en compte dans le calcul ?

Diverses sources de revenus peuvent être considérées, notamment vos revenus stables ou encore vos revenus locatifs et dans de rares cas les aides sociales et les pensions.

Quelles charges fixes sont prises en compte dans le calcul ?

C’est un peu la question à 1 million ! Et dans ce cas, il n’y a pas qu’une seule bonne réponse. En effet, il y a les charges évaluées par la banque comme :

  • Les mensualités du prêt immo que l’on souhaite décrocher ;
  • Les crédits que vous remboursez encore (un crédit à la consommation pour l’achat d’une voiture, par exemple) ;
  • Les charges associées au logement (crédit immobilier ou loyer) ;
  • Les éventuelles pensions alimentaires.

Mais il existe d'autres dépenses fixes que le banquier ne prend pas en compte, mais que vous devriez évaluer pour déterminer si votre reste à vivre est véritablement adéquat.

Alors quelles autres dépenses devriez-vous considérer ? Ce sont celles qui sont souvent négligées, mais qui peuvent avoir un impact significatif sur votre reste à vivre.

Pensez par exemple aux frais de garde d'enfants ou aux dépenses nécessaires pour maintenir une qualité de vie, comme l'achat d'un véhicule plus adapté à vos besoins si vous parcourez beaucoup de kilomètres. Nous ne parlons pas d'investir dans une Tesla qui vous endetterait pour 15 ans.

N’oubliez pas non plus l'effet de l'inflation, qui fait progressivement grimper vos dépenses mensuelles.

Même si vous envisagez d'emprunter au maximum, assurez-vous de préserver un reste à vivre suffisant pour faire face à toutes ces autres dépenses. Si vous avez des projets d'enfants à venir, d'achat d'un nouveau véhicule ou autres envies de voyage au bout du monde, gardez-les à l'esprit pour vous assurer que vous pourrez toujours couvrir l'ensemble de vos factures, tout en remboursant un prêt.

S’éduquer financièrement pour bien gérer son budget

Femme à son bureau calculant son budget pour un prêt immobilier
Patricia a séché ses cours d'éducation financière. Résultat, son samedi aprèm se résume à jongler sur un tableau Excel pour éviter la banqueroute.

Le mot éducation financière rime pour certains avec gros mots ou gourou d’Instagram, mais il n’en est rien ! Avec quelques habitudes simples, vous allez pouvoir gérer votre budget et votre reste à vivre pour des fins de mois loin des agios et des appels de votre banquier.

Voici les conseils de Pretto pour garder le cap sur votre budget, sans y laisser votre bonne humeur.

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Bien mis en pratique, ces conseils peuvent véritablement vous aider à reprendre les rênes de votre budget. L’objectif : vous garantir un reste à vivre suffisant tout en respectant les obligations de remboursement de votre crédit immobilier.

L’idée, c’est de jauger correctement vos dépenses mensuelles et vos besoins. Il est tout à fait acceptable de faire quelques ajustements relatifs à son mode de vie, mais en changer radicalement et adopter un style de vie spartiate pour grapiller quelques m² peut sembler un peu extrême.

Vous êtes déjà engagé dans le remboursement d’un prêt immobilier ? Explorez les possibilités qui s’ouvrent à vous pour alléger vos charges financières.

Alors, même si les calculs ne sont pas votre tasse de thé, prenez un moment pour vous familiariser avec les chiffres, afin de garantir que même après avoir souscrit à un prêt, vous puissiez maintenir votre qualité de vie.

Questions fréquentes

  • Le reste à vivre est la somme d’argent qu’il vous reste chaque mois après avoir couvert toutes vos dépenses, notamment vos charges fixes liées à un crédit immobilier.

  • On additionne ses revenus (revenus stables, revenus locatifs et, plus rarement, aides sociales ou pensions), puis on soustrait ses charges fixes : mensualités du crédit immobilier, crédits à la consommation en cours, charges de logement et pensions alimentaires. Le solde obtenu est le reste à vivre.

  • Les banques retiennent notamment les mensualités du prêt immobilier visé, les crédits à la consommation encore en cours, les charges associées au logement (crédit ou loyer actuel) et les éventuelles pensions alimentaires.

  • Depuis janvier 2022, le taux d’endettement est plafonné à 35 % des revenus, avec des dérogations possibles dans la limite de 20 % des dossiers accordés par chaque banque.

Charlotte Papin
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