Expatrié, non résident français : comment obtenir un prêt immobilier ?

Acheter un bien immobilier en France lorsque l’on vit à l’étranger peut sembler complexe. Chez Pretto, une équipe d’experts dédiée aux non-résidents vous accompagne pour structurer votre dossier, identifier les bonnes banques et sécuriser votre financement.

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Vous gagnez bien votre vie, votre profil est solide, et pourtant les banques hésitent. C'est le paradoxe des emprunteurs non-résidents : des profils souvent excellents, mais un crédit immobilier qui ne s'obtient pas dans n'importe quelle banque. Votre pays de résidence, la devise de vos revenus et votre statut administratif : tout pèse dans l'analyse. Ce guide vous explique pourquoi les banques sont plus sélectives sur ces dossiers, et comment préparer le vôtre pour réussir votre achat immobilier en France.


Pourquoi les banques ne financent-elles pas facilement les non-résidents ?

Votre profil est perçu comme plus risqué

La prudence des banques tient à une réalité concrète : en cas d'impayé, elles ne peuvent pas facilement accéder à vos revenus ni à vos comptes domiciliés à l'étranger. Le traitement administratif est aussi plus lourd : analyse de documents étrangers, vérifications fiscales, conformité réglementaire internationale.

Ce n'est pas une raison d'abandonner votre projet, mais un argument pour le préparer avec des experts qui savent exactement comment le structurer et vers quels établissements l'orienter.

Le pays d’expatriation conditionne votre accès au prêt immobilier

Les conditions d’octroi de crédit immobilier dépendent directement de votre pays de résidence. Les banques distinguent généralement trois catégories.

Les pays "simples" (zone euro, Royaume-Uni, Suisse, Singapour…) : revenus lisibles, environnement bancaire stable, analyse classique.

Les pays soumis à réglementation spécifique, comme les États-Unis avec le Foreign Account Tax Compliance Act (FATCA). Cet accord impose aux institutions financières françaises de transmettre certaines informations bancaires sur leurs clients américains. Les banques se montrent donc plus sélectives sur ces profils.

Les pays à risque ou peu transparents : certains profils peuvent être refusés indépendamment de leur niveau de revenus. Les établissements s'appuient pour cela sur les listes publiées par le Groupe d'action financière (GAFI), mises à jour régulièrement. Le GAFI distingue deux niveaux : les pays à haut risque soumis à des contre-mesures (liste noire), et les pays sous surveillance renforcée (liste grise). Dans les deux cas, les banques françaises se montrent nettement plus exigeantes, voire refusent systématiquement pour les pays en liste noire. La liste complète et à jour est consultable sur le site du GAFI.

Les investisseurs résidant dans des paradis fiscaux font également face à des refus fréquents : les banques peinent à vérifier la source réelle de leurs revenus.

Concrètement, deux profils identiques n'auront pas accès aux mêmes banques selon leur pays de résidence.

Votre dossier est plus complexe à monter

Le financement pour la clientèle non-résidente requiert une vraie spécialisation bancaire. Les documents ne sont pas les mêmes que pour les résidents.

Les spécificités documentaires sont les suivantes :

  • Une fiscalité à la source : dans la plupart des pays, l'impôt est prélevé à la source. Les banques doivent analyser votre tax return (relevé annuel d'impôts payés) en plus des fiches de paie.
  • Une traduction obligatoire : tous vos documents doivent être traduits en français (parfois l'anglais est accepté). Vous devrez trouver un traducteur agréé, sauf si la banque propose ce service (frais supplémentaires).
  • Une période de relevés allongée : les relevés bancaires demandés couvrent généralement 12 mois (vs 3 mois pour résidents) pour permettre à la banque de vérifier la stabilité de vos revenus.

Le contrat de travail joue aussi un rôle clé.

  • Avec un contrat français avec détachement à l’étranger : vous êtes généralement assimilé à un résident, ce qui facilite l’obtention d’un prêt.
  • Avec un contrat local : les banques se montrent plus vigilantes, en particulier concernant la solidité et la localisation de votre employeur.

Et si vous êtes travailleur frontalier ?

Pour les Français qui souhaitent habiter en France mais qui travaillent dans les pays limitrophes, la procédure de demande de prêt immobilier peut s’avérer complexe : la rémunération n’est pas forcément en euros. Les modalités des contrats de travail ou les procédés de prélèvement fiscal peuvent également être différents.

Pour les banques françaises, se charger de tels dossiers peut être délicat. Il est donc recommandé de se rapprocher des établissements financiers situés à la frontière, qui ont souvent davantage d'expérience sur ces profils — ou de passer par un courtier qui connaît les bons interlocuteurs au sein des réseaux bancaires.

Les conditions des banques pour votre emprunt en tant que non-résident

Un apport plus important que pour un profil classique

Les banques peuvent demander à leurs clients non-résidents :

  • un apport personnel d'environ 20 à 30 % de la valeur du bien
  • la prise en charge des frais annexes (notaire et garantie)
  • l'ouverture de produits financiers au sein de l'établissement (assurance vie, livret d'épargne)
  • parfois un placement financier complémentaire

La garantie

Avant de signer votre prêt, la banque demande une garantie pour se prémunir contre un défaut de remboursement. Pour les non-résidents, comme pour tout prêt immobilier, l'établissement se tourne vers un organisme de caution. Dans certains cas, il peut demander une garantie réelle prise directement sur le bien.

L'inscription en privilège de prêteur de deniers (IPPD) : en cas de non-remboursement, la banque peut vendre votre bien pour être remboursée. Valable uniquement sur des biens anciens.

L'hypothèque conventionnelle : fonctionne sur un principe similaire mais s'applique aussi aux biens neufs, aux achats en VEFA et aux constructions. Son coût est généralement plus élevé.

Pour le détail des coûts, renseignez-vous auprès de votre notaire : ils varient selon le capital emprunté et la nature du bien.

Le taux d'endettement

Vous devez présenter un apport plus important que pour un profil classique.

Comme pour tous les emprunteurs, les banques appliquent les recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) : 35 % de taux d'endettement maximum. Elles regardent aussi votre reste-à-vivre et votre capacité d'épargne. Des exceptions existent pour les hauts revenus.

La banque étudie votre profil dans son ensemble

Au-delà des ratios, la banque analyse votre situation personnelle et financière dans sa globalité : votre employeur (une entreprise française ou internationale rassure davantage), vos comptes et votre épargne, la cohérence de votre projet immobilier.

Pour les expatriés dans certains pays (Chine, Japon), tous les documents devront être traduits, ce qui peut allonger les délais : anticipez cette étape dès le départ.

Les expatriés basés dans des territoires à fiscalité avantageuse, comme l'Irlande ou Jersey, peuvent également faire face à des vérifications plus approfondies. Des rendez-vous en présentiel en France sont alors souvent exigés.

Quel type de projet financer en tant que non-résident ?

Pour une résidence secondaire, l'obtention d'un prêt peut s'avérer plus complexe. Certaines banques préfèrent attendre que vous soyez officiellement résident en France. Une préparation rigoureuse du dossier reste cependant le meilleur levier pour y parvenir.

Pour un investissement locatif, les banques sont souvent plus à l'aise : les loyers perçus rassurent sur la capacité de remboursement, et la distance du bien leur pose moins de problème.

Chez Pretto, on finance les deux types de projets. L'essentiel, c'est d'identifier la bonne banque selon votre situation et de présenter un dossier solide.

Investir en France : quels avantages fiscaux ?

Si vous obtenez un crédit immobilier pour investir en France, deux dispositifs méritent votre attention. Pour mieux comprendre l'imposition de vos revenus locatifs en France selon votre statut de non-résident, consultez notre guide complet.

Le déficit foncier

En achetant un bien ancien et en le rénovant pour le louer, les dépenses de travaux peuvent générer un déficit foncier, déductible des revenus locatifs imposables dans la limite de 10 700 € par an (article 156 II 3° du Code général des impôts). Trois conditions : acheter un bien ancien, réaliser des travaux supérieurs aux loyers perçus sur l'année, louer le bien pendant au moins trois ans.

Le statut LMNP

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) permet de réduire l'imposition en déduisant, sous le régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : les frais d'entretien, de réparation et de gestion, les impôts (taxe foncière, cotisations sociales, CET), les intérêts d'emprunt, et l'amortissement du bien et du mobilier. Ce mécanisme peut permettre de percevoir des revenus locatifs faiblement fiscalisés pendant plusieurs années.

Toutes les banques n'acceptent pas les dossiers non-résidents

Toutes les banques n'ont pas la même politique sur ces profils. Certaines refusent systématiquement, d'autres ne financent que certains pays, seules quelques-unes ont une véritable expertise dédiée.

Grâce au scanner Finspot et à notre connaissance du marché, on sait exactement vers quel interlocuteur orienter votre demande selon votre situation. Cela vous fait gagner du temps et optimise vos chances d'obtenir un accord.

FAQ concernant les prêts pour non-résident

  • Oui, mais toutes les banques ne financent pas ces profils. Il est essentiel d’identifier les établissements adaptés. Chez Pretto, nous savons quelles banques sont à même d'accepter votre dossier.

  • En général, les banques demandent au moins 20 % du prix du bien, auxquels s’ajoutent les frais de notaire et de garantie.

  • Oui, mais ils sont analysés avec prudence (stabilité, devise, pays). Certaines banques appliquent une décote.

  • Nos honoraires sont transparents : 1 990 € + 0,6 % du montant emprunté, avec un minimum de 2 990 €. Ils sont payés uniquement en cas de succès, une fois votre prêt obtenu et débloqué.

  • Les dossiers de non-résidents nécessitent une connaissance précise : - des banques qui acceptent ces profils - des documents à fournir - des contraintes réglementaires internationales Un courtier spécialisé sait structurer et présenter votre dossier sous le bon angle, et l’oriente vers les bons établissements, ce qui augmente significativement vos chances d’obtenir un financement.

  • Certains pays, traversant une crise géopolitique par exemple, peuvent être temporairement exclus par les banques. C’est notamment le cas pour se prémunir contre le blanchiment d’argent. Voici la liste des pays considérés comme à risque :

    • Afghanistan
    • Biélorussie
    • Birmanie / Myanmar
    • Corée du Nord
    • Érythrée
    • Irak
    • Iran
    • Libye
    • Pakistan
    • Somalie
    • Soudan / Soudan du Sud
    • Syrie
    • Ukraine
    • Vénézuela
    • Yémen
Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 20 juin 2017, mis à jour le 18 juin 2026 - 7 min de lecture