Vivez-vous dans un logement sain ?

Un logement sain, c’est un habitat qui préserve votre santé physique et mentale : bonne luminosité, air de qualité, isolation thermique efficace et humidité maîtrisée. Aucun rat ni punaise de lit à déplorer sous votre toit ? Cela ne suffit pas à le garantir : notre santé peut être subtilement influencée par des facteurs moins évidents. Découvrez comment ces éléments peuvent avoir un impact significatif sur votre qualité de vie et ce que vous pouvez faire pour y remédier.
Un esprit sain… dans un logement sain
Santé & logement
Flashback mars 2020.
Sophie ne s’était jamais posé la question de savoir si son appartement participait à son bien-être. Le parquet en point de Hongrie, la hauteur sous plafond et son bel emplacement au pied du métro suffisait à la combler. Jusqu’à ce que le confinement ne surgisse… dévoilant avec lui tous les travers de son T3 haussmannien, à commencer par le manque de luminosité du premier étage.
Elle se souvient :
“Je suis très sensible à la lumière, mais je m’en suis vraiment rendu compte pendant le confinement. Je vivais au premier étage qui donnait sur une rue assez étroite avec des arbres très feuillus. C’était tout le temps sombre, du matin au soir. Ne pas pouvoir prendre la lumière du jour, c’est ce qui m’a le plus perturbée, ça a beaucoup affecté mon moral. Maintenant, je fais très attention quand je cherche un appartement, c’est mon critère numéro 1, la luminosité. La preuve, je vis au 6e étage à présent !”
Comme Sophie, 43 % des Français interrogés par Opinion Way (juin 2024) considèrent qu’un habitat sain contribue à améliorer leur santé physique et mentale. Ils citent d’ailleurs ce critère en 5e position derrière une alimentation équilibrée, un sommeil de qualité, une activité physique régulière et des relations sociales positives.
Et c’est bien normal : selon Santé publique France, nous passons plus de 80 % de notre temps dans des environnements intérieurs — habitations, écoles, commerces, transports (mis à jour le 30 janvier 2024). Un temps qui, comme pour Sophie, s’est révélé particulièrement marquant durant le confinement, et qui a ainsi mis en lumière les vives dépendances entre santé et habitat.
Qu’est-ce qu’un logement sain ?
Pourtant, un tiers des personnes interrogées par Opinion Way disent avoir le sentiment de ne pas vivre dans un logement sain. Les femmes sont les plus impactées : elles sont 35 % à considérer ne pas vivre dans un logement qui favorise leur bien-être, contre 28 % d’hommes.
Mais qu’appelle-t-on exactement “logement sain” ? Pour définir cette notion, plusieurs critères peuvent être évalués :
- La luminosité (lumière naturelle, qualité des éclairages…)
- La qualité de l’air (ventilation naturelle ou mécanique, présence de polluants, de moisissures…)
- L’isolation thermique (qualité de l’isolation, présence de froid, d’humidité…)
- L’humidité et la gestion de l’eau (présence de fuites, de moisissures…)
Les composés organiques volatils (COV) comme le formaldéhyde, ainsi que le radon (gaz radioactif naturel, 2ᵉ cause de cancer du poumon en France), comptent parmi les principaux polluants de l’air intérieur à surveiller selon les données de l’agence de la transition écologique (ADEME).
Il est clair que vivre dans un 15 m² humide au rez-de-chaussée est plus susceptible de causer des problèmes de santé que de résider dans un loft de 100 m² au dernier étage avec une grande terrasse (on ne vous apprend rien). Cependant, des éléments plus subtils (et apparemment anodins) peuvent aussi affecter la santé physique ou mentale des occupants. Sophie en sait quelque chose, tout comme ceux qui ont déjà dû affronter une invasion de punaises de lit à en devenir fous !
Un espace mal dimensionné pèse aussi sur le bien-être au quotidien : pour vous aider à évaluer vos besoins, retrouvez nos repères pour choisir la superficie de son bien immobilier selon la taille du foyer.
D’ailleurs, quels critères sont les plus redoutés ? Selon les répondants, le confort thermique arrive en tête des critères prioritaires permettant d’évaluer son logement de “sain” (64 %). Il est suivi de la lumière naturelle (60 %) et enfin de la qualité de l’air intérieur (57 %).
En ce qui concerne la lumière naturelle, ce critère est un peu plus important chez les femmes (64 %) et tend à être davantage prioritaire quand on vieillit (65 % pour les 50-54 ans et 63 % pour les 65 ans et plus). Le fameux cliché des retraités qui plaquent tout pour vivre sur la Côte d’Azur ou au Portugal ne serait donc pas un mythe.
En outre, d’autres critères participent à la notion de logement sain selon les répondants, comme un aménagement intérieur pratique et fonctionnel pour 44 %, ainsi que le confort acoustique pour 40 %. La capacité à résister aux effets du changement climatique n’est néanmoins citée que par 38 % des sondés. Un peu étonnant compte tenu des récents événements climatiques (canicules, inondations) qui peuvent être dévastateurs pour les habitations, mais aussi pour la santé des habitants. Ils sont d’ailleurs 33 % à penser que leur logement n’est pas adapté pour résister aux fortes chaleurs d’été. Selon l’OMS, plus de 175 000 personnes meurent chaque année en Europe des effets de la chaleur (OMS, 2024).
Pour repérer ces signaux sur le terrain, munissez-vous de notre checklist de visite d’une maison : elle vous aide à ne rien oublier, de la cave au grenier, pour détecter humidité, mauvaise isolation ou manque de luminosité avant de vous engager.
Conséquences sur la santé
Et c’est justement de santé dont il est question dans cette étude Opinion Way, puisque 90 % des Français interrogés pensent qu’un logement qui n’est pas sain peut avoir des conséquences graves sur leur santé physique. Ils sont 88 % à penser la même chose concernant la santé mentale.
Les problèmes de santé les plus redoutés sont les suivants :
- Respiratoires à 51 % (poussière, humidité, présence d’acariens)
- Thermiques à 40 % (problèmes respiratoires chroniques…)
- Liés à la santé mentale à 39 % (stress, anxiété, dépression). À nouveau, ce constat est plus prégnant chez les femmes (44 %) que chez les hommes (32 %), ainsi que chez les jeunes (49 % des 18-24 ans et des 25-34 ans contre 29 % des 65 ans et plus).
Les jeunes, souvent contraints de vivre dans des logements précaires, sont particulièrement vulnérables face aux problèmes de santé mentale liés à un environnement de vie inadéquat. On se rappelle notamment l’effet particulièrement dévastateur du confinement sur la santé mentale des étudiants.
Face à de tels chiffres, comment agir pour adapter les conditions de vie dans nos logements pour améliorer notre santé ?
Des pistes pour assainir son logement et améliorer sa santé
Les bonnes habitudes pour maintenir un logement sain
Plusieurs optimisations simples peuvent être apportées pour assainir votre logement et prendre soin de votre santé et de votre bien-être :
- Entretien régulier : À vos balais ! Faire le ménage permet de prévenir l’accumulation de poussière, la formation de moisissures et la présence d’allergènes. Pour un entretien à la fois efficace et respectueux de l’environnement, privilégiez des produits de nettoyage écologiques, comme le vinaigre blanc ou le bicarbonate de soude, et adoptez des pratiques simples comme aspirer fréquemment et essuyer les surfaces humides.
- Favoriser la lumière naturelle : De la vitamine D, please ! C’est bien connu, notre moral est fortement impacté par l’exposition à la lumière naturelle (coucou la déprime saisonnière). Alors pour permettre à un maximum de lumière naturelle de pénétrer à l’intérieur de votre logement, dégagez les sources de lumière, telles que les fenêtres et les baies vitrées. Vous pouvez également ajouter des miroirs stratégiquement placés pour refléter la lumière et l’amplifier, créant ainsi un espace plus lumineux et accueillant.
- Aérer les espaces : Un peu d’air (de l’air), c’est juste une question de survie ! Aérer son logement quotidiennement est crucial pour renouveler l’air et évacuer les polluants intérieurs. Les recommandations sanitaires suggèrent d’ouvrir les fenêtres chaque jour pendant au moins 10 minutes, idéalement le matin en hiver. En été, préférez une aération le soir à partir de 21h, pour un air plus frais et de meilleure qualité.
- Éviter les produits polluants : Nature, peinture ! Limitez l’utilisation de produits chimiques dans les produits d’entretien, de cosmétiques ou même de décoration. Cela permet de réduire les risques pour la santé, surtout lorsque ces produits sont utilisés dans de petits espaces, comme des studios par exemple.
- Gestion des déchets : Bon vent les déchets ! Pensez à une gestion écologique de vos déchets en pratiquant le tri, le compostage et en réduisant au maximum les emballages inutiles.
- Adaptation du logement aux besoins de chacun : Be smart ! Soyez malins et pensez à adapter efficacement vos espaces en fonction de ses habitants. Par exemple, des aménagements particuliers peuvent être nécessaires pour les personnes âgées, comme l’installation de rampes ou l’élimination des obstacles. Pour les enfants ou les personnes souffrant d’allergies, un environnement dépourvu d’éléments allergènes et sécurisé est primordial. Personnaliser les espaces en fonction des besoins de chaque occupant est un investissement dans leur bien-être à long terme.
Rénovation énergétique
Par ailleurs, dans le cas d’un logement insalubre, mal isolé ou très ancien, de simples petites adaptations ne seront pas suffisantes. Il faudra alors envisager des travaux de rénovation énergétique, indispensables pour améliorer le confort et la santé de ses habitants.
Ces travaux peuvent concerner différents domaines :
- L’isolation : isolation des combles, des murs, des planchers, remplacement des fenêtres par des modèles à double ou triple vitrage…
- le chauffage : l’installation d’un système de chauffage plus performant et économe en énergie, comme une pompe à chaleur ou une chaudière à condensation.
- la ventilation : installation d’une VMC…
Par où commencer ?
Avant de vous lancer, commencez par une évaluation du Diagnostic de performance énergétique de votre habitation (DPE). Cela vous permettra notamment d’identifier l’état du logement afin de définir un plan de travaux adapté.
Avant de signer, pensez aussi à consulter notre liste des questions à poser avant d’acheter une maison : historique des sinistres, factures de chauffage, traces d’humidité… autant de points à vérifier pour ne pas essuyer de mauvaise surprise sur la santé du logement.
Quelles aides pour effectuer ces travaux ?
En tant que propriétaire, vous pouvez bénéficier de diverses aides et subventions pour effectuer ces travaux, souvent coûteux. MaPrimeRénov’ notamment est une aide qui est calculée selon vos revenus et le gain écologique des travaux entrepris. L’éco-PTZ est également une option intéressante si vous souhaitez vous lancer dans des travaux de rénovation énergétique. Il s’agit d’un prêt à taux zéro accordé sans condition de ressources.
Bon à savoir : si les aides ne couvrent pas l’intégralité du budget, vous pouvez aussi inclure vos travaux de rénovation dans votre prêt immobilier au moment de l’achat, pour financer le bien et les travaux en une seule fois.
Quels avantages d’une rénovation énergétique ?
Les avantages de ces travaux sont multiples. Tout d’abord, en fournissant un logement plus sain, plus lumineux, plus respirable, mieux isolé, ils offrent de meilleures conditions de vie aux habitants et participent donc à leur garantir une bonne santé.
De plus, ces travaux permettent également de réaliser des économies significatives sur les charges du logement, telles que les factures de chauffage et d’électricité.
Toujours dans le domaine financier, un logement rénové énergétiquement voit également sa valeur augmenter à la revente, ce qui constitue une plus-value intéressante pour le propriétaire.
Enfin, pour les propriétaires qui envisagent de louer leur bien, un bon DPE est désormais indispensable pour se conformer aux exigences légales de la Loi Climat, garantissant ainsi une mise en location plus rapide et en toute conformité.
Assurer un logement sain repose sur plusieurs facteurs essentiels, qui contribuent directement à la santé physique et mentale des occupants. Que vous soyez propriétaire ou locataire, adopter des pratiques pour améliorer la qualité de vie de votre logement est une démarche proactive qui peut faire une différence significative.
FAQ
Un logement sain est un habitat qui favorise la santé physique et mentale de ses occupants grâce à une bonne luminosité, une qualité de l’air maîtrisée, une isolation thermique efficace et une bonne gestion de l’humidité.
Un logement insalubre est un logement qui présente un danger ou un risque pour la santé ou la sécurité physique des occupants. Il faut alors se rapprocher du préfet pour le signaler.
Les propriétaires peuvent bénéficier de MaPrimeRénov’, calculée selon les revenus et le gain écologique des travaux, ou de l’éco-PTZ, un prêt à taux zéro accordé sans condition de ressources.
Les Français redoutent principalement les problèmes respiratoires (51 %, liés à la poussière, l’humidité, les acariens), les problèmes thermiques (40 %) et les troubles liés à la santé mentale comme le stress ou l’anxiété (39 %).
Il est recommandé de commencer par une évaluation du Diagnostic de performance énergétique (DPE), qui permet d’identifier l’état du logement afin de définir un plan de travaux adapté.