Pourquoi les jeunes actifs galèrent à se loger (et pourquoi l’achat pourrait être une solution) ?

Les jeunes actifs, tout juste sortis des études et engagés dans leur premier emploi stable, sont à la croisée des chemins : la politique du logement favorise surtout les étudiants, et le marché immobilier ne cesse de se tendre pour eux. Pourtant, l’achat peut être une solution : dans plusieurs villes comme Brest, Le Havre ou Mulhouse, il est aujourd’hui plus intéressant financièrement d’acheter que de louer, et les banques demandent moins d’apport qu’auparavant. Décryptage.
Jeunes actifs : entre premiers pas professionnels et défis de l’indépendance
Selon un rapport de la Cour des comptes de mars 2025, la politique d’accès au logement pour les 18-30 ans souffre d’un manque de cohérence globale, favorisant davantage les étudiants que les jeunes actifs, qui sont particulièrement exposés aux tensions immobilières.
En France, 57 % des 15-29 ans sont actifs, c’est-à-dire en emploi ou au chômage (source Insee). Le taux d’activité augmente avec l’âge : 87 % des 25-29 ans sont dans la vie active et 80 % sont salariés du secteur privé. Diplômés d’un Bac+3, ils perçoivent en moyenne un salaire net de 2 000 euros, contre 1 500 euros pour les diplômés d’un bac +2.
Les étudiants favorisés par les politiques du logement
Même s’ils ont des difficultés à se loger, les étudiants bénéficient de nombreuses aides (la plus connue, l’Aide Personnalisée au Logement, est perçue par 850 000 étudiants) et dispositifs pour répondre à leurs besoins en matière de logement. Aujourd’hui, avec près de trois millions d’étudiants en France, le logement des jeunes non actifs fait l’objet de politiques spécifiques, incluant un parc immobilier dédié et des aides financières pour faciliter l’accès à la location.
Le problème, c’est qu’une fois le diplôme en poche et le monde du travail dans le viseur, ces jeunes se retrouvent confrontés à un vide : les aides se réduisent, les prêts restent difficiles à obtenir et le marché immobilier ne cesse de se tendre.
Pourquoi le marché immobilier est-il si difficile pour les jeunes actifs ?
Le jeune actif type ? Une personne mobile, avec une carrière qui se dessine au fil des opportunités… et un budget parfois en dents de scie. Entre un marché immobilier toujours plus cher, la raréfaction des bailleurs particuliers et un manque de solutions d’accompagnement adaptées, l’accès à un logement stable dans une zone urbaine devient un vrai casse-tête.
Par exemple, pour un loyer de 500 €, un jeune pouvait louer un logement de 35 m² à Nantes en avril 2023 contre seulement 27 m² aujourd’hui (Sources Statista/Le Figaro Immobilier).
Le développement des locations meublées de courte durée à usage touristique ou saisonnier accentue encore cette concurrence sur certains territoires. Habitant largement le parc locatif privé, les jeunes ont également statistiquement plus de risques de résider dans une passoire énergétique : en effet, selon le rapport de la Cour des comptes, le taux de passoires énergétiques dans le parc locatif privé s’établit à 19,8 %, contre 6 % pour le parc locatif social.
La solution ? Pour améliorer l’accès au logement des jeunes, la Cour des comptes recommande de simplifier l’accès au financement et de mieux coordonner les aides, actuellement dispersées entre divers acteurs. L’État devrait proposer des solutions plus ciblées et adaptées à la réalité financière des jeunes.
Acheter quand on est jeune actif, c’est possible !
Si les aides à la location pour les jeunes actifs sont rares, pourquoi ne pas se tourner vers l’achat ? Alors que jusqu’ici les banques demandaient de plus en plus d’apport aux futurs emprunteurs, la vis commence à se desserrer.
Qui plus est, aujourd’hui, dans de nombreuses villes comme Brest, Le Havre, Mulhouse, Reims ou Saint-Étienne, il est plus intéressant financièrement d’acheter que de louer.
Se lancer dans un premier achat, c’est un beau projet… à condition d’avoir un petit matelas d’épargne, un revenu régulier, et surtout un bon accompagnement. L’objectif ? Mettre à profit les aides possibles pour les primo-accédants (PTZ, frais de notaire offerts…).
Malgré les obstacles qui se dressent sur le chemin des jeunes actifs à la recherche d’un logement, il est loin d’être impossible de trouver un logement stable. Dans certaines villes, acheter plutôt que louer peut même être une option plus avantageuse, à condition d’avoir un apport solide. Retrouvez d’ailleurs nos meilleurs conseils pour mettre de l’argent de côté pour créer un apport.
Questions fréquentes
En France, l’âge médian auquel un jeune quitte le foyer familial est de 23,4 ans, un niveau inférieur à la moyenne européenne (26,5 ans).
Les étudiants bénéficient de nombreuses aides, la plus connue étant l’Aide Personnalisée au Logement, perçue par 850 000 étudiants sur les près de trois millions que compte la France.
Entre un marché immobilier toujours plus cher, la raréfaction des bailleurs particuliers et un manque de solutions d’accompagnement adaptées, l’accès à un logement stable devient un vrai casse-tête ; le développement des locations meublées de courte durée à usage touristique ou saisonnier accentue encore cette concurrence sur certains territoires.
La Cour des comptes recommande de simplifier l’accès au financement et de mieux coordonner les aides, aujourd’hui dispersées entre plusieurs acteurs, pour proposer des solutions plus ciblées et adaptées à la réalité financière des jeunes.
