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Est-ce qu'il y a une pression sociale pour devenir propriétaire ?

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Charlotte
Mis à jour le 08 janv. 2024
Est-ce qu'il y a une pression sociale pour devenir propriétaire ?

Lors des repas en famille ou des soirées entre amis, une question inévitable fait souvent rouler des yeux les locataires : "Alors, c'est pour quand l'appart ?" ou encore, avec une pointe d'impatience, "Bon, toujours pas proprio ?". Cette interrogation, loin d'être exclusive à tonton Roger, semble être une préoccupation sociétale générale.

Le pire, c’est que ça ne relève pas d'une récente tendance, mais plutôt d'une réalité ancrée dans le temps. On vous explique.

L'étau social sur la propriété, un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui

Au-delà de la pression à se marier ou à fonder une famille, la question de devenir propriétaire demeure une préoccupation sociale persistante, surtout une fois qu'on dépasse un certain âge. Que ce soit tata Sylvie, posant pour la dixième fois la question entre le fromage et le dessert, ou votre amie Jade revenant d'un tour du monde avec déjà une propriété à son actif, le sujet a de quoi agacer ceux qui n’ont pas encore sauté le pas.

Cette pression sociale autour de la propriété n'est pas un phénomène récent. Au XIXe siècle en Grande-Bretagne, la propriété était étroitement liée au statut social, comme illustré par Lady Danbury dans "La chronique des Bridgerton". À cette époque, la propriété foncière était alors considérée comme un véritable signe de richesse, la location étant souvent considérée comme une option moins honorable.

Au XXe siècle, dans le pays de l’oncle Sam, l'idéal du 'rêve américain' valorisait fortement l'achat immobilier comme un prérequis crucial à la réussite personnelle. Sur le vieux continent, en France plus précisément, la propriété est souvent perçue comme un indicateur de stabilité et de succès.
Aujourd’hui, ceux qui osent avouer leur désintérêt pour l'achat se voient souvent reprocher de jeter leur argent par les fenêtres. En effet, pour les Français, dont 57,7 % sont propriétaires, l'achat est considéré comme une valeur refuge, tandis que la location est souvent perçue comme une dépense à perte. La propriété reste ainsi ancrée dans la mentalité sociale, renforcée par des siècles de traditions et de perceptions culturelles.

C'est l'expérience partagée par Sophie, dont les parents lui répétaient inlassablement : "Dès que tu le peux, achète." Bien que, sur le moment, elle n'ait pas ressenti de pression directe, elle reconnaît que cela l'a conditionnée inconsciemment. Ainsi, quand son bail de 3 ans est arrivé à sa fin, la décision de passer à l'achat s'est imposée naturellement pour elle et son compagnon. Sophie : "Je ne me suis pas trop posé la question, on s'est dit ‘go’. Dans les faits, on était quand même jeunes, on avait 27 ans. Mais dans ma famille, c’est quelque chose de logique et de rassurant, de devenir propriétaire."

D’où vient cette pression sociale pour devenir propriétaire ?

Outre une sorte de tradition qui perdure au fil du temps, il existe une explication scientifique à cela.

Les travaux du psychologue Solomon Asch, célèbre pour ses recherches sur la conformité, expliquent que la pression sociale est souvent intrinsèquement liée au désir de s'aligner sur les normes du groupe, même si cela implique de renoncer à ses propres convictions. Les diverses expériences d'Asch illustrent comment les individus peuvent adopter des opinions contraires à leur jugement personnel en raison de cette pression sociale.

Pour beaucoup de gens, l'achat immobilier revêt une importance considérable, alors ils le projettent aussi facilement sur les autres. Selon une étude des Notaires de France, plus de 70 % des Français considèrent l'acquisition d'un bien immobilier comme l'objectif ultime de leur vie. Un rêve sous influence, dans un pays où l’achat d’un pavillon en banlieue à longtemps été le signe d’un accomplissement. Au final, l’humain a besoin de la validation sociale.

Quand les médias sociaux façonnent la perception individuelle de la propriété

Depuis quelques années, les réseaux sociaux jouent aussi un rôle dans l’entretien de ce rêve de propriété. On n’y compte plus les publications de gourous de l’immobilier, d’investisseurs voire de votre ancien pote du lycée, tous exhibant fièrement le avant-après de leurs maisons rénovées du genre “regarde tout ce que j'ai accompli, c'est incroyable”. Sympa… Et en prime, ils sont de plus en plus jeunes à investir dans la pierre (l’âge du premier achat se situe autour de 33 ans, selon les Notaires de France), ce qui génère l’impression chez beaucoup d’être totalement à rebours, et très en retard dans la quête de son chez-soi.

Une dynamique exacerbée par le phénomène croissant des jeunes investisseurs possédant déjà une multitude de propriétés, vendant le rêve d’une vie de rentier à peine la trentaine passée… Sans oublier que les réseaux voient fleurir bon nombre de discours culpabilisants, affirmant que ne pas avoir acheté à 30 ans équivaut à avoir perdu du temps. Des commentaires qui contribuent à une vision déformée du succès financier, centrée sur des normes sociales plutôt que sur les aspirations personnelles.

Alors, il est crucial de se rappeler que chaque parcours financier est unique. Les choix, comme l'achat d'une propriété, devraient découler des aspirations individuelles plutôt que de la pression sociale.

Pression sociale sur les réseaux sociaux

Subir la pression sociale : entre envie et limites

Andrea, sophrologue freelance de 34 ans, nous partage son ressenti concernant cette attente sociale : “Quand je me suis retrouvée célibataire à 30 ans, beaucoup de mes amis commençaient à acheter et moi, je n'étais pas du tout dans une situation financière personnelle favorable. Donc, cela a créé une certaine pression pour moi.

Cependant, Andrea ne se laisse pas influencer par cette pression sociale. Elle est consciente des raisons pour lesquelles elle n'achète pas, et elle est totalement en paix avec cela : “J'ai trop envie de liberté pour avoir le désir d'acheter.” Cette conviction reflète le sentiment de nombreuses personnes qui choisissent de ne pas acheter.

Beaucoup mettent en avant le désir de ne pas s'enraciner à un endroit précis et considèrent l'achat comme une entrave à leur liberté de voyager et de bouger comme bon leur semble : “Le fait d'être locataire m'apporte une réelle liberté”, explique Andrea. “Je peux partir travailler à l'étranger du jour au lendemain. Si je veux quitter mon appartement à Paris, je n'ai qu'un préavis de trois mois, c'est aussi simple que ça.

Pour d'autres, cette décision est motivée par des considérations économiques. L'obtention d'un prêt immobilier nécessite souvent un emploi en CDI, et pour ceux qui ne le sont pas, il faut parfois attendre un certain temps avant de pouvoir présenter un dossier solide. Ce n'est pas toujours réalisable en raison des imprévus de la vie.
Sans oublier que devenir propriétaire génère un certain nombre de coûts annexes, que tout le monde n’est pas prêt à payer. Les coûts liés à l'achat ne se limitent pas au remboursement du prêt, mais incluent également diverses taxes (comme la taxe foncière qui grimpe d’année en année) et redevances gouvernementales qui peuvent rapidement s'accumuler.

L'idée préconçue selon laquelle l'achat d'une maison est un rite de passage incontournable ne profite à personne. Il est essentiel d'admettre que chacun progresse à son propre rythme, prend le temps nécessaire pour être certain de ses décisions avant de s'engager, plutôt que de précipiter les choses. Et ils ont raison !

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