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Paris, je t’aime mais je te quitte pour devenir proprio

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Marion
Publié le 12 mars 2024
Paris, je t’aime mais je te quitte pour devenir proprio

Ah Paris ! Symbole du romantisme à la française, la ville Lumière enivre par sa beauté… mais donne aussi la nausée. Tantôt séductrice, tantôt manipulatrice, elle met des paillettes dans les yeux jusqu’à nous en faire baver. Paris serait-elle un pervers narcissique ? Car derrière son charme ravageur, la réalité est moins reluisante : prix au mètre carré exorbitant, conditions de logement précaires, pollution, stress… L’amour passionnel tourne vite au cauchemar, surtout pour celles et ceux qui veulent accéder à la propriété. Alors, doit-on s’accrocher ou fuir cette relation toxique ? Qui sont ceux qui ont fait le choix de rester et ceux qui ont fini par dire “Paris je t’aime, mais je te quitte ?”

Paris : du coup de foudre à la relation toxique

Le charme de la vie de bohème

En 2013, Thomas pose ses valises rue de la folie Régnault dans le 11e arrondissement. Fraîchement diplômé de son école d’ingénieur, ce jeune Grenoblois tombe immédiatement sous le charme de la capitale : l’effervescence de ses soirées, ses rencontres insolites, sa vie culturelle, la beauté de ses monuments à chaque coin de rue… comment ne pas succomber à la trépidante vie parisienne ?

Une richesse qui l’amène à fermer les yeux sur le loyer indécent de son 20 m2, les retards incessants de la ligne 13 et les pintes à 10 €. Comme ses amis du même âge, Thomas s’adapte à cette vie intense, rapide, bruyante.

On pourrait être tenté de croire que le facteur jeunesse justifie cette vie de bohème. Pourtant, un grand nombre de Parisiens partagent le mode de vie de Thomas, bien au-delà de la vingtaine.

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Vivre à Paris : un confort de vie qui se mérite

C’est le cas de Flore, 35 ans, chef de produit marketing qui a vu son niveau de vie rétrograder au moment de sa séparation amoureuse il y a 2 ans. Locataire, elle est passée d’un spacieux 60 m2 dans le 17e arrondissement à un petit T2 de 25 m2, les prix des loyers parisiens plafonnant ses rêves de grandeur.

“Je ne pouvais pas concevoir de retourner dans un studio étudiant à 33 ans ! C’était impensable. Du coup, quand j’ai commencé à chercher un appartement seule, mon critère numéro 1, c’était d’avoir une chambre. Même dans un petit appartement, je voulais avoir une chambre à moi, séparée du salon.”

Selon une étude de l’INSEE, l’année de la séparation, un ex-conjoint sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et jusqu’à une femme divorcée sur trois. De quoi réfléchir à deux fois avant de se séparer… On est en droit de se demander si Paris est vraiment la ville de l'amour ou bien la ville de l'amour contraint pour vivre décemment ? De nombreux couples parisiens passent d’ailleurs très vite le cap de la vie à deux dans un intérêt financier.
Faut-il attendre d’être en couple pour acheter ?
  • Certes, acheter seul n’est pas toujours évident, les banques étant plus exigeantes avec les célibataires. Seulement quatre candidats célibataires sur dix arrivent à décrocher un prêt immobilier, selon l'Observatoire Mon 1er Achat SeLoger & Empruntis.

  • Pour autant, attendre le grand amour pour devenir propriétaire n’est pas un bon calcul ! Le coût du loyer pèse en effet encore plus lourd sur les épaules des célibataires.

  • Mieux vaut donc acheter dès que vous en avez la possibilité, à savoir une situation financière stable et régulière.
  • Et si vous êtes à deux, faites le bilan dès maintenant pour savoir si vous êtes prêts à vous engager sur 25 ans.

Ce coût de la vie élevé n’entraîne pas que des répercussions sur nos relations amoureuses, il renforce également les inégalités sociales à travers le phénomène de gentrification.
Bon à savoir :
La gentrification est un phénomène social par lequel la population d’un quartier populaire fait place à une couche sociale plus aisée.

En effet, de nombreux quartiers populaires le sont de moins en moins avec l’explosion des loyers et des prix au mètre carré. Pour la sociologue Sylvie Tissot, la gentrification renforce les inégalités sociales, repoussant les populations les plus défavorisées en dehors de Paris :

"Certaines municipalités ou certains pouvoirs publics encouragent la gentrification tout en se défendant de le faire. Car ce sont aussi des politiques qui vont consister à rénover des quartiers populaires. N'en reste pas moins que cela renforce des inégalités, ne serait-ce que dans l'accès au logement."

Flore observe elle aussi cette tendance dans le quartier de son agence marketing à Barbès :

“Il y a de plus en plus de petits primeurs bio à chaque coin de rue, des épiceries fines italiennes, des coffee shop suédois à 5 € le latte… Même en n’ayant pas de problèmes financiers, je trouve les prix indécents. C’est comme la grande brasserie Barbès qui a ouvert dans le quartier, les gens qui vivent ici depuis toujours n’ont pas les moyens de manger dans ce genre de restaurant.”

Je t’aime moi non plus : l'ambiguïté parisienne

Pour autant, la ville Lumière continue de séduire : programmation culturelle alléchante, concepts fooding innovants, avant-premières, spectacles, conférences, talks, vernissages, concerts… On peut même manger une bavette à 3h du matin si cela nous tente. Paris est une manipulatrice hors pair qui nous sert sur un plateau tous les divertissements possibles et inimaginables pour nous empêcher de partir.

Flore s’est habituée à cet ersatz de vie étudiante aussi rock’n’roll que fatigante, se cognant contre le plafond mansardé de sa cuisine et dînant à même sa table basse. Le prix à payer selon elle pour profiter de l’effervescence de la vie parisienne, d’opportunités professionnelles et de relations sociales riches. Après deux ans dans son appartement “polly pocket”, comme elle aime l’appeler, elle dresse un bilan nuancé :

“J’aime ma vie parisienne. J’ai la chance de ne quasiment pas prendre les transports en commun, je vis dans un quartier assez tranquille, je peux profiter d’une offre de sport hyper variée. Pour autant, il m’arrive aussi de rêver d’espace, d’une terrasse ou d’un jardin, de calme et de nature en bas de chez moi. Je ne me vois pas rester à Paris toute ma vie, surtout dans mon appart polly pocket ! Mais en même temps, c’est compliqué de tout remettre en question, de faire le grand saut ailleurs… Je pense que la question se posera vraiment quand j’aurais envie d’acheter.”

La question finit en effet souvent par survenir au moment d’un projet immobilier, Paris étant la ville où les prix au m² sont les plus élevés de France. Les futurs propriétaires en devenir n’ont alors pas souvent d’autres choix que de quitter Paris, plus ou moins loin selon les budgets et les aspirations.

Sofia, 28 ans partage le même sentiment mitigé que Flore :

“Ma relation à Paris a évolué avec le temps. Même si je me sens chez moi, j'ai l'impression d'avoir moins d'intérêt à y vivre. J'adore mon appartement, je ne me vois pas le quitter et pour autant je ne me sens plus aussi séduite par la vie parisienne. Quand le week-end arrive, j'ai l'impression qu'il n'y a rien à faire. En tout cas, rien de ce que j'aimerais et je me sens parfois très frustrée.”

Doit-on alors rempiler pour 10 ans de passion dévorante ou bien aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs ? Chaque année, de nombreux Parisiens optent pour l’option numéro deux. Un désir d’achat qui s’avère plus fort que leur amour pour la ville Lumière.

Mais comment ces parisians lovers ont réussi à tout plaquer ? Comment ont-ils réussi à dire “Paris je t’aime, mais je te quitte” ?

Paris je t’aime, mais je te quitte

Ciao bella

Un jour, c’est le métro de trop, la pluie de trop, l’agressivité d’un serveur parisien de trop ou la poutre du toit mansardé dans le front de trop : il faut partir. Partir pour mieux, pour plus grand, pour plus de confort, pour plus de nature, pour plus de soleil… ou tout ça à la fois. Bref, il est temps de mettre un terme à cette relation amoureuse toxique.
Une tendance qui concerne de nombreux parisiens puisque Paris perd chaque année des habitants : entre 2013 et 2017, c’est en moyenne un peu plus de 120 000 personnes par an qui ont dit ciao à Paris.
Comme on l’a vu, ce déclic se produit souvent au moment d’accéder à la propriété ou encore lors de l’arrivée d’un enfant dans le couple. C’est cette dernière raison qui a poussé Pierre et Lucie à quitter Paris pour Bordeaux en 2022 :

“Propriétaires d’un appartement dans le 20e, on n’avait pas prévu de partir. On avait la chance d’avoir un niveau de vie assez confortable, qui préserve quand même pas mal des désagréments de la vie parisienne. Mais l’arrivée de notre fils a changé la donne. On a découvert la joie de la poussette dans le métro et les sorties au square… Autant dire que ça nous a donné le déclic de partir. On voulait élever notre fils dans un meilleur environnement”.

Une décision plus facile à prendre en couple que seul… mais pas impossible. Gaëlle en est l’exemple : elle a fait le grand saut toute seule en 2020 pour retourner vivre à La Rochelle, sa ville d’origine. Un départ providentiel, puisqu’elle rencontrera quelques mois plus tard son conjoint actuel avec qui elle achètera sa première maison !
Besoin d’inspiration ?

Ces podcasts partagent l’expérience d’anciens parisiens qui ont décidé de mettre les voiles :

Vivre l’après-Paris

Mais déménager hors de Paris, en banlieue ou en région, ce n’est pas seulement changer d’appartement ou de maison. C’est aussi s’adapter à une nouvelle manière de vivre.

C’est se faire à l’idée que le supermarché sera fermé le dimanche, qu’on aura bien souvent uniquement le choix entre sushis et pizza pour la livraison à domicile, que les films diffusés au cinéma seront principalement en VF, que la voiture sera indispensable pour bon nombre de trajets du quotidien, que les salaires ne seront pas les mêmes…

Bref, il faut pouvoir être prêt à s’ouvrir à ces changements pour bien vivre son acclimatation.

Pierre et Lucie partagent ce sentiment : “Il ne faut pas tenter de calquer sa vie parisienne. Même si au début, on va essayer de le faire, c’est normal. On cherche à reproduire nos habitudes. Mais petit à petit, il faut accepter que la vie est différente, plus calme, plus lente aussi. Depuis qu’on est à Bordeaux par exemple, on sort beaucoup moins, on passe plus de temps à la maison, dans notre cocon. On part aussi un peu moins en week-end à droite à gauche vu que la plage est accessible à 1h de voiture. C’est un autre mode de vie.”

Un mode de vie différent avec des avantages et des inconvénients. Mais comment savoir si on est prêt à surmonter ces changements ?

Choisir c’est renoncer

Audrey n’a pas eu à faire ce choix, elle a opté pour le beurre et l’argent du beurre en construisant sa tiny house en guise de résidence secondaire à quelques heures de Paris, dans le Perche. Une solution intermédiaire qui lui permet de concilier vie parisienne et escapade au vert.

Un projet qui pourrait peut être convenir à Sofia, plutôt indécise dans ses projets de vie :

“Je me verrais bien vivre à nouveau à l'étranger et réapprendre à m'adapter à une autre culture, à un autre style de vie. J'ai plein de projets en tête, je me vois bien vivre proche de la mer, et en même temps j'ai besoin d'avoir une vie citadine…"

En fin de compte, ne serait-ce pas la décision ultime que d’oser quitter Paris, allant à l'encontre de cette ville du “non choix” ? Cette ville où tout est possible, où nous n’avons pas à nous contraindre, ni à nous limiter en choisissant telle ou telle option ? “Choisir, c’est renoncer” a dit l’écrivain André Gide. Renoncer à Paris, oui, mais s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

Sofia partage cette réflexion quand on lui demande ce qui la motiverait à quitter Paris :

"Pour vivre mes rêves. Ça peut paraître cliché, mais rester à Paris me donne parfois l'impression que je n'avance pas dans ma vie... Même si c'est faux. Mais j'ai besoin de changer d'air, de voir ailleurs et pour autant je n'ai pas de projet spécifique à l’heure actuelle”

Le challenge numéro un de tout parisien blasé par la ville Lumière serait-il de faire le pari… de quitter Paris ?

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