Quelles sont les aides financières pour débuter votre auto entreprise ?

Plusieurs aides financières existent pour lancer une auto-entreprise : l’ACRE (exonération de charges sociales), l’ARE et l’ARCE (allocations chômage), le FGIF (garantie réservée aux femmes), le prêt NACRE, le microcrédit ADIE, l’AGEFIPH pour les personnes handicapées, ainsi que des dispositifs d’accompagnement comme l’APCE, la CMA ou la CCI. Chacune répond à des conditions et des montants spécifiques.
Qu’est-ce que l’ACRE ?
L’ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d’Entreprise) a remplacé l’ancien dispositif ACCRE (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d’Entreprise). Depuis la loi PACTE de 2019, elle est ouverte à tous les créateurs et repreneurs d’entreprise — quel que soit leur statut — sous la forme d’une exonération partielle et dégressive de cotisations sociales, calculée selon les revenus dégagés la première année d’activité.
Depuis le 1er janvier 2026, une réforme est venue encadrer le dispositif : selon l’Urssaf, la demande d’ACRE doit désormais être adressée à l’Urssaf dans les 60 jours qui suivent le début d’activité, et l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations dues lorsque les revenus sont inférieurs ou égaux à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (36 045 € en 2026). Bpifrance Création précise par ailleurs les modalités de calcul de cette exonération selon le niveau de revenu.
Ces seuils de revenus rejoignent une question plus large : celle des revenus pris en compte pour un prêt immobilier, un point à anticiper si vous envisagez aussi un achat immobilier en tant qu’auto-entrepreneur.
Comment fonctionne l’ARCE ?
Une autre aide dont bénéficie les autos entrepreneurs pour le financement de leur projet est l’ARCE. C’est une Aide à la Reprise ou à la Création de l’Entreprise. C’est un dispositif réservé aux personnes qui sont bénéficiaires de l’ARE ou qui peuvent en bénéficier et permet la réception immédiate d’une partie des allocations chômages afin de l’utiliser pour financer son projet d’auto entreprenariat. L’ARCE représente 45 % du montant des allocations chômage. L’auto entrepreneur devra donc renoncer aux 55 % restants. Les 45 % sont reçus par l’auto-entrepreneur en deux tranches :
- Le premier versement a lieu à la date de la création de l’auto-entreprise à raison de la moitié des 45 % pour permettre qu’il soit intégré au capital.
- Le second versement a lieu seulement 6 mois après.
Il n’est pas possible de cumuler l’ARE et l’ARCE. L’ARE vous permet d’obtenir la totalité de vos allocations chômages qui sera calculée en fonction du revenu perçu tandis que l’ARCE vous permet de toucher une certaine somme pouvant vous servir de capital pour lancer votre auto-entreprise.
Nous vous recommandons d’opter pour l’ARCE si vous êtes dans les cas suivants :
- Vous êtes dans le besoin d’argent pour compléter votre capital afin de lancer une activité en auto-entreprise
- Le reliquat qui vous reste en allocation chômage est faible
- Vous êtes capable de générer rapidement du chiffre d’affaires et vous préférez toucher vos allocations en une fois plutôt que de les recevoir progressivement
Avant de pouvoir bénéficier de l’ARCE, l’auto-entrepreneur doit avoir obtenu l’ACRE et remplir les conditions d’éligibilité à l’ARE. Comme pour tout travailleur indépendant, ce capital de départ peut aussi entrer en compte dans la constitution d’un dossier de prêt immobilier.
Qu’est-ce que l’ARE et peut-on la cumuler avec une auto-entreprise ?
Il est bien possible de combiner l’auto-entreprise et les allocations chômage. Toutefois, si vous bénéficiez de l’ARCE, il n’est plus possible de continuer à percevoir l’ARE. Alors, si vous déclinez l’ARCE afin de maintenir le versement de vos allocations chômage, vous devez :
faire une déclaration mensuelle auprès de France Travail au titre de votre auto-entreprise ; après abattement et déduction, France Travail calcule alors le montant du complément que vous pouvez toucher au bénéfice de l’ARE.
Par ailleurs, le cumul entre votre revenu et l’allocation ne pourra toutefois pas dépasser le salaire moyen sur lequel ont été calculés vos droits au chômage. Pour calculer vos droits d’ARE, France Travail prend en compte 70 % de vos rémunérations issues de l’auto-entreprise.
Garantie ÉGALITÉ Femmes (ex-FGIF)
De nos jours connu sous le nom de Garantie ÉGALITÉ Femmes, le FGIF (Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes) est un dispositif national piloté par France Active et dédié uniquement aux femmes entrepreneuses, précise economie.gouv.fr. Il permet l’accès facile des femmes aux crédits bancaires. Il constitue une aide financière permettant aux femmes de créer et de développer leur auto entreprise. Pour bénéficier de cette aide, il faut que l’auto-entreprise soit créée ou reprise depuis 3 ans. Les caractéristiques de cette aide financière sont :
- La garantie doit obligatoirement être utilisée pour le financement des investissements et/ou le fonds de roulement
- Elle couvre jusqu’à 80 % du montant du crédit bancaire, dans la limite de 50 000 euros, pour un crédit d’une durée maximale de 7 ans
- La garantie assure la protection de votre patrimoine personnel puisqu’elle se porte garante si vous rencontrez des difficultés pour rembourser le crédit bancaire
- La garantie évite également aux femmes entrepreneuses d’avoir recours à des cautions personnelles pour financer la création d’auto-entreprise.
Cette garantie bancaire, une fois l’activité stabilisée, peut aussi faciliter le calcul de votre capacité d’emprunt pour un projet immobilier.
ADIE : un microcrédit jusqu’à 15 000 €
L’Association pour le Droit à l’Initiative Économique permet aux auto entrepreneurs de financer leur activité par un microcrédit professionnel pouvant aller jusqu’à 15 000 €, à un taux d’intérêt à partir de 8 % (contribution de solidarité de 6 % incluse), selon l’Adie. La durée de remboursement varie selon le montant emprunté.
En complément, l’Adie propose le Prêt Apport en Capital : une avance jusqu’à 3 000 € à taux zéro, avec possibilité de différer le remboursement jusqu’à 36 mois.
AGEFIPH : quelle aide pour les auto-entrepreneurs en situation de handicap ?
L’AGEFIPH — Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées — est l’organisme qui verse une aide spécialement dédiée aux personnes handicapées demandeurs d’emploi souhaitant créer ou reprendre une entreprise, précise Mon Parcours Handicap. C’est un fonds favorisant l’insertion professionnelle des personnes handicapées sous certaines conditions.
Pour en bénéficier, vous devez être reconnu comme une personne handicapée qui travaille, être inscrit à France Travail et avoir le contrôle de l’entreprise.
L’aide de l’Agefiph s’élève à 3 000 € maximum, sous conditions de montant de projet et d’apport personnel, et prévoit un accompagnement personnalisé avec possibilité de souscrire des garanties multirisques, prévoyance et santé.
Les autres aides pour accompagner les auto-entrepreneurs
En dehors des aides suscitées, il existe bien d’autres aides qui sont apportées pour financer les auto-entrepreneurs. Il s’agit de :
- APCE : agence pour la création d’entreprise C’est une aide aux auto entrepreneurs afin de leur apporter assistance dans la création, la reprise et le développement des auto entreprises.
- CMA (chambre des métiers de l’artisanat) : C’est une aide pour le financement des projets de création ou de reprise d’entreprises purement artisanales.
- CCI (chambre des métiers de l’industrie) : C’est une aide dédiée aux entreprises commerciales, industrielles et de services. Les aides sont d’ordre financier, technique et logistique.
Les aides financières aux auto-entrepreneurs sont nombreuses et de natures différentes. Prenez le temps de comparer chacune d’elles pour choisir celle qui correspond le mieux à votre situation.
Questions fréquentes
Depuis la loi PACTE de 2019, l’ACRE est ouverte à tous les créateurs et repreneurs d’entreprise. Depuis le 1er janvier 2026, la demande doit être adressée à l’Urssaf dans les 60 jours suivant le début d’activité, et l’exonération est plafonnée à 25 % des cotisations dues si les revenus sont inférieurs ou égaux à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (36 045 € en 2026), selon l’Urssaf.
Non : le NACRE a été supprimé au niveau national le 1er janvier 2017. Il a été remplacé par des dispositifs régionaux d’accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise (dits « ex-NACRE »), dont les conditions varient selon les régions, précise le site Service-Public.
L’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) verse une aide pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour la création ou la reprise d’une entreprise par une personne en situation de handicap, sous conditions de projet et d’apport personnel, selon Mon Parcours Handicap.
Pôle emploi est devenu France Travail depuis le 1er janvier 2024. Les démarches liées à l’ARE et à l’ARCE (déclaration mensuelle, calcul des droits) s’effectuent désormais auprès de France Travail, selon le site du gouvernement.

