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Oui, emprunter en tant que profession libérale est possible, mais les banques examinent votre dossier avec plus d'attention qu'un salarié en CDI. Elles cherchent avant tout à s'assurer de la stabilité de vos revenus et de la viabilité de votre activité. Avec un dossier bien préparé (bilans bénéficiaires, ancienneté suffisante, apport solide), vos chances d'obtenir un crédit sont réelles. On vous explique comment mettre toutes les chances de votre côté.
En tant que profession libérale, vous travaillez à votre compte et gérez vos revenus personnellement. À l’inverse d’un salarié, vous n’avez pas chaque mois de salaire fixe et garanti, ce qui est synonyme de risques éventuels pour les établissements prêteurs. S’il vous est possible d’emprunter, sachez tout de même que les banques vous demanderont un dossier d’emprunt plus solide qu’à un salarié. Zoom sur les caractéristiques des différentes professions libérales.
Les médecins et les avocats exercent la plupart du temps en tant que professions libérales. Celles-ci sont réputées comme solides et stables, car elles trouvent une clientèle nombreuse qui ne peut pas se passer de leurs services. Elles dégagent donc des revenus conséquents, ce qui rassure les banques, qui sont plus enclines à leur accorder un crédit.
Par ailleurs, le fait que ce soit des professions qui aient du mal à répondre à la demande (déserts médicaux, difficulté de trouver des avocats dans certaines régions) augmente leur crédibilité auprès des banques.
Le statut d'auto-entrepreneur a permis à de nombreux particuliers de développer un projet d’entreprise. Ce statut est très séduisant, car il permet de se lancer dans un projet professionnel avec des démarches et une comptabilité simplifiées.
Toutefois, malgré ses atouts, ce statut professionnel est considéré comme risqué par les établissements bancaires qui ne possèdent pas de visibilité quant à la viabilité du projet et à la clientèle potentielle.
Si vous êtes auto-entrepreneur, vous devrez prouver la solidité et la fiabilité de votre projet : bilan positif, croissance régulière, perspectives d'évolution.
Comme pour les auto-entrepreneurs, votre statut de chef d'entreprise n’est pas synonyme de garantie pour les établissements créditeurs. Vos revenus varient et votre activité peut malheureusement péricliter du jour au lendemain. Les banques doivent être sûres que vous aurez la capacité de rembourser vos mensualités. La situation de votre entreprise sera étudiée à la loupe, et tous les voyants devront être au vert pour valider l’obtention d’un crédit immobilier.
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En résumé :
Statut | Ancienneté demandée | Documents clés | Perception bancaire |
Médecin, avocat (profession réglementée) | 2 à 3 ans | Bilans, statuts | Élevée |
Auto-entrepreneur | 3 ans minimum | Bilans, CA, relevés bancaires | Moyenne |
Chef d'entreprise | 3 à 5 ans | Bilans, arrêté comptable | Moyenne |
Les 3 leviers pour renforcer votre dossier
Le principal objectif d’une banque accordant un crédit est de gagner des intérêts sur la somme prêtée. Pour être viable, elle doit être certaine de récupérer ses fonds. C'est pourquoi elle analyse systématiquement votre capacité financière à rembourser vos mensualités.
Lors de l’étude de votre demande de prêt, la banque va étudier votre capacité d’endettement. En 2021, le gouvernement français a décidé via le HCSF (Haut Conseil de Stabilité Financière) d’augmenter le taux d’endettement maximum des ménages, le passant de 33 % à 35 %. Concrètement, cela signifie que le montant de la mensualité à rembourser ne doit pas dépasser un peu plus du tiers de vos revenus. Dans le cadre d’un crédit, ces revenus englobent les salaires de l’emprunteur, les revenus locatifs et les différentes aides sociales.
D’autres critères sont également pris en compte :
En tant que profession libérale, la banque va avoir besoin de visibilité pour déterminer votre capacité d'endettement. N’ayant pas de revenus fixes comme base de calcul, elle va s’appuyer sur vos derniers bilans, vérifier la viabilité de votre entreprise et estimer vos revenus. La temporalité est très importante et votre banquier va réaliser une moyenne de vos revenus sur vos dernières années d’activité.
Si la stabilité professionnelle et financière constituent une priorité pour l’octroi d’un prêt pour les banques, elles analysent également le secteur économique sur lequel vous êtes positionné. Certains présentent en effet, plus de risques que d’autres. Les perspectives pour un médecin ne seront pas les mêmes que pour un restaurateur.
Pour obtenir un accord de prêt en tant que profession libérale, vous devez convaincre votre établissement bancaire que votre activité est prospère, c’est-à-dire saine, stable et en croissance. Pour cela, vous devrez présenter vos trois derniers bilans, qui devront assurément être bénéficiaires.
Pour compléter votre dossier, les pièces justificatives suivantes sont également nécessaires :
Les banques sont plus enclines à débloquer un crédit immobilier lorsqu’il existe plusieurs emprunteurs. Cet élément leur apporte des garanties supplémentaires quant à la capacité de remboursement et évite les défauts de paiement. Un emprunt à plusieurs minimise le risque d’impayés, car chaque co-emprunteur possède les mêmes droits et devoirs et s’engage juridiquement à rembourser le prêt conjointement.
Il est à noter qu’il est préférable que le co-emprunteur soit également le co-acquéreur (donc le conjoint dans la majorité des cas).
En cas de co-emprunt, les revenus analysés sont ceux de deux personnes, ce qui augmente la capacité d'emprunt. Le statut de votre co-emprunteur sera donc primordial. Un CDI ou une profession réglementée comme médecin ou avocat constitue un atout supplémentaire.
Prenons l'exemple de deux jeunes médecins en fin d'internat. Même si pour le moment leurs revenus ne sont pas au beau fixe, ils pourront tout à fait défendre leur dossier, car la banque sait que leurs revenus vont considérablement augmenter dans les prochaines années. Si le dossier passe les critères de taux d'endettement et de reste-à-vivre, l'établissement bancaire sait que leur situation deviendra rapidement confortable.
Votre statut professionnel n'est pas le seul critère que regarde la banque. D'autres éléments entrent en compte dans l'étude de votre dossier :
Il est donc important de réunir au maximum toutes les conditions nécessaires. Vous devez être en mesure de présenter des comptes assainis : pas de découverts bancaires, mise en place d'une épargne régulière. L'objectif est de présenter une situation financière et des revenus les plus stables et réguliers possible.
Faire appel à un courtier immobilier peut s'avérer très utile pour plusieurs raisons :
Emprunter en tant que profession libérale demande plus de préparation qu'un dossier salarié, mais c'est loin d'être hors de portée. Les banques regardent avant tout la stabilité de votre activité, la régularité de vos revenus et la solidité de votre apport. Avec un dossier bien construit et un accompagnement adapté, vous avez toutes les cartes en main pour défendre votre projet. Et souvent, c'est la qualité de la préparation qui fait la différence.
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Oui, dans certains cas. Les professions réglementées comme les médecins ou les avocats peuvent obtenir un accord dès 2 ans d'activité, si leurs bilans montrent une progression régulière. Pour les autres statuts, moins de 3 ans d'ancienneté rend le dossier plus difficile à défendre, mais pas impossible selon le profil global de l'emprunteur.
Un minimum de 10 % du prix d'achat est généralement requis pour couvrir les frais de notaire et de garantie. Un apport de 15 à 20 % renforce significativement votre dossier et peut vous permettre de négocier un meilleur taux. En profession libérale, un apport solide est un signal fort de votre capacité à épargner malgré des revenus variables.
La banque réalise une moyenne de vos revenus nets sur les 2 à 3 dernières années d'activité, à partir de vos bilans comptables et de vos déclarations fiscales. Elle ne retient pas vos revenus de l'année en cours si ceux-ci ne sont pas encore consolidés. C'est pourquoi la régularité et la progression de vos revenus comptent autant que leur niveau absolu.
Oui. Emprunter à deux permet de cumuler les revenus et rassure la banque sur la capacité de remboursement. Si votre co-emprunteur est salarié en CDI ou exerce une profession réglementée, cela renforce encore davantage le dossier. C'est l'une des stratégies les plus efficaces pour compenser le caractère variable de vos revenus.
Oui, et de manière significative. Un courtier connaît les banques les plus ouvertes aux profils de professions libérales et sait comment valoriser votre dossier. Il vous aide à anticiper les objections, à préparer les bons documents et à négocier les conditions de votre prêt. Pour des profils atypiques, son accompagnement fait souvent la différence.
