Quels sont les changements du PTZ en 2026 ?

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Annoncé avec plusieurs évolutions à la clé (revalorisation des plafonds, ajustements des coûts d’opération et ouverture au Bail Réel Solidaire (BRS)), le PTZ 2026 n'a finalement pas bougé : la loi de finances pour 2026 ne contient aucune mesure sur le prêt à taux zéro. On vous explique.

Un budget 2026 adopté au 49.3

Pour faire adopter le projet de loi de finances 2026, le gouvernement a eu recours à l'article 49, alinéa 3 de la Constitution. Une procédure exceptionnelle qui permet de faire passer un texte sans vote, sauf adoption d'une motion de censure par l'Assemblée nationale.

Un choix politique fort, dans un contexte de majorité fragile et de débats particulièrement tendus autour des orientations budgétaires. La loi a finalement été promulguée le 19 février 2026 (loi n° 2026-103), avec pour objectif de "sécuriser" rapidement un budget jugé indispensable pour soutenir l'économie… et, côté logement, de relancer un secteur très affaibli.

Mais il y a un bémol. Sur le volet PTZ, plusieurs amendements adoptés à l'automne 2025 laissaient espérer une refonte ambitieuse du Prêt à Taux Zéro. Au terme de la procédure, aucun n'a été conservé dans la version finale, pas même l'ouverture du dispositif aux acquéreurs successifs en BRS. La loi n° 2026-103 ne modifie pas les articles du Code de la construction et de l'habitation consacrés au PTZ.

L'ouverture du PTZ aux acquéreurs successifs en BRS : votée, mais pas retenue

C'était la mesure PTZ la plus attendue du budget 2026. Le PTZ est quasiment réservé aux primo-accédants (aux personnes qui achètent pour la première fois un logement). Il finance l'achat d'un logement en BRS comme celui d'un logement neuf lorsque l'acheteur en est le premier occupant. Lorsqu’un logement en BRS est revendu, le nouvel acheteur (dit acquéreur successif) relève des règles de l'ancien, qui exigent notamment des travaux représentant au moins 25 % du coût de l'opération. En pratique, il ne peut donc généralement pas bénéficier du PTZ.

Les reventes sont donc plus compliquées, ce qui crée, selon l'exposé de l'amendement n° I-2875 déposé par le député Emmanuel Maurel le 22 octobre 2025, un risque de blocage du marché du BRS, pourtant central dans la politique du logement abordable.

L'amendement, adopté par l'Assemblée nationale le 27 octobre 2025, prévoyait d'ouvrir le PTZ aux acquéreurs successifs d'un logement en BRS. Cette extension visait à :

  • garantir une égalité de traitement entre bénéficiaires,
  • fluidifier le marché du BRS en facilitant les reventes,
  • renforcer la pérennité économique des Organismes de foncier solidaire,
  • élargir l'accès durable à la propriété pour les ménages modestes.

Elle n'a pourtant pas été reprise dans la loi de finances promulguée le 19 février 2026. Le 21 novembre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté la première partie du projet de loi : le Sénat a donc examiné le texte initial du gouvernement, sans les amendements votés par les députés, selon l'analyse de l'ANIL. Les règles d'accès au PTZ pour un logement en BRS restent donc inchangées.

Ce qui était prévu mais n'a finalement pas été retenu

D'autres évolutions du PTZ ont été débattues lors de l'examen du projet de loi de finances. Elles dessinaient un dispositif plus généreux et mieux adapté aux prix actuels du marché. Mais aucune n'a été conservée dans la version définitive du budget.

Le relèvement des plafonds de coût d'opération (non retenu)

L'amendement n° I-1958, déposé par le député Michel Castellani et adopté à l'Assemblée nationale le 27 octobre 2025, prévoyait de relever d'environ 25 % les bornes légales des plafonds de coût d'opération pris en compte pour calculer le PTZ.

Ces bornes encadrent le plafond qu'un décret fixe pour une personne seule : il aurait pu aller de 99 000 € à 195 000 €, contre 79 000 € à 156 000 € aujourd'hui. Faute d'adoption définitive, les plafonds de coût d'opération restent ceux fixés par le décret du 2 avril 2024 :

Nombre de personnes

Zones A / A bis

Zone B1

Zone B2

Zone C

1

150 000 €

135 000 €

110 000 €

100 000 €

2

225 000 €

202 500 €

165 000 €

150 000 €

3

270 000 €

243 000 €

198 000 €

180 000 €

4

315 000 €

283 500 €

231 000 €

210 000 €

5 ou plus

360 000 €

324 000 €

264 000 €

240 000 €

Plafonds du coût de l'opération pour le PTZ (offres émises depuis avril 2025)

L'objectif initial était d'adapter le PTZ aux prix actuels du marché, notamment pour les logements neufs ou situés dans des zones tendues. En l'absence d'évolution, les plafonds du décret du 2 avril 2024 restent applicables en 2026.

Les plafonds de ressources restent inchangés

Les plafonds de revenus n'ont pas été revalorisés non plus. Ils restent ceux fixés par le décret du 2 avril 2024 : de 28 500 € pour une personne seule en zone C à 161 700 € pour un foyer de huit personnes ou plus en zone A.

Questions fréquentes sur le PTZ

  • Oui… dans la grande majorité des cas. Le PTZ reste avant tout destiné aux primo-accédants, c'est-à-dire aux ménages qui achètent pour la première fois ou qui n'ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années, ce qui rend possible un PTZ pour un deuxième achat.

  • Non. Le PTZ est un prêt complémentaire, il ne peut jamais financer seul un achat immobilier. Il vient obligatoirement en appui d'un prêt principal (prêt bancaire classique, prêt accession sociale, etc.).

  • Principalement, oui. Le PTZ s'applique avant tout à l'achat d'un logement neuf ou d'un logement ancien avec travaux importants dans certaines zones spécifiques. Depuis 2025, le dispositif est étendu à l'ensemble du territoire pour le neuf.

Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
Écrit par relu par
Publié le , mis à jour le - 4 min de lecture