Offre d’achat : quand les acheteurs font machine arrière


Comme un panier abandonné sur un site e-commerce, de plus en plus d’acheteurs se rétractent après avoir signé un compromis de vente : la loi leur accorde 10 jours pour changer d’avis, sans justification ni frais. Le meilleur réflexe pour un vendeur ? Vérifier le sérieux et le financement de l’acheteur avant de signer, comparer les profils en cas de plusieurs offres, et bien lire les conditions suspensives de l’offre.
Pourquoi de plus en plus d’acheteurs se rétractent-ils après un compromis de vente ?
Depuis quelques mois, les acheteurs ont le pied sur le frein… et parfois sur la marche arrière. De plus en plus nombreux sont ceux qui signent un compromis de vente, avant de se rétracter dans les dix jours légaux. Pourquoi ce revirement ? Parce que dans un marché encore incertain, entre taux qui grimpent, économies sous tension et contexte politique flou, il est difficile de se projeter sans douter. Résultat : certains préfèrent se retirer avant de s’engager. D’autant que l’offre immobilière s’est bien étoffée : on hésite, on compare, on temporise.
Côté vendeurs, une rétractation peut faire mal… « Nous avons eu une offre trois semaines après la mise en vente de notre maison, raconte Catherine. Il y a eu une petite négociation, mais légère, alors on a accepté. » Le compromis est signé rapidement, tout semble bien parti… jusqu’à ce que l’acheteur se rétracte au tout dernier jour du délai légal. « Ça a été un coup dur, un gros retour en arrière. Il fallait tout recommencer. »
La suite n’est pas plus simple : « il a fallu attendre l’automne pour qu’un acheteur nous fasse une nouvelle offre. Bien plus basse, car nous avons été contraints entre-temps de diminuer le prix. Il a fallu assumer deux mensualités, car nous avons eu les clés de notre nouveau bien fin août ». Malgré tout, Catherine retient le positif : « Ce n’est pas ce qu’on avait imaginé, mais au final, on a pris le temps de déménager sereinement… et la maison a trouvé de nouveaux propriétaires adorables et ravis… ».
10 jours pour changer d’avis
Bonne nouvelle pour les acheteurs stressés : vous avez 10 jours pour changer d’avis après la signature du compromis ou de la promesse de vente. Ce délai de rétractation, prévu par la loi Macron de 2015, vous permet d’annuler sans justification… et surtout sans frais.
Il suffit d’envoyer un courrier recommandé avec accusé de réception, la date du cachet faisant foi. Si le 10ᵉ jour tombe un dimanche ou un jour férié, pas de panique : il est repoussé au jour ouvrable suivant. Si vous vous rétractez dans les temps, le vendeur doit vous rendre l’acompte (généralement entre 5 et 10 % du prix de vente) dans les 21 jours.
Attention, passé ce délai, seule une condition suspensive, comme un refus de prêt, peut vous permettre de vous désengager.
Rétractation de l’acheteur : comment s’en prémunir ?
Pour éviter les déceptions, un bon réflexe : prendre le temps d’échanger avec vos acheteurs. Parlez de leur projet, de leur financement, de leur calendrier envisagé. Et si vous passez par une agence, assurez-vous qu’elle vérifie le sérieux des candidats.
Si vous recevez plusieurs offres au prix, pas de panique : la plupart des offres sont valables entre quelques jours et deux semaines. Profitez de ce délai pour comparer les profils ! Entre un acheteur avec une attestation de finançabilité et un autre dont le financement semble moins béton, rien ne vous empêche de choisir le plus rassurant.
Et surtout, lisez bien les conditions suspensives de l’offre : achat soumis à la vente d’un autre bien, obtention d’un prêt, date d’entrée dans les lieux, autorisation d’urbanisme… Tous ces éléments peuvent peser dans la balance.
En bref : vendre un bien aujourd’hui demande autant de vigilance que de patience. Entre acheteurs frileux et délais de rétractation, mieux vaut bien cerner les profils avant de dire oui. Un bon échange, un financement solide, et une offre claire : c’est encore la meilleure recette pour éviter de voir la vente filer entre vos doigts.
Questions fréquentes
L’acheteur dispose de 10 jours calendaires à compter de la signature (ou de la réception du compromis envoyé par courrier recommandé) pour se rétracter, sans justification et sans frais. Si le dernier jour tombe un dimanche ou un jour férié, le délai est prolongé jusqu’au jour ouvrable suivant.
Non : l’acheteur bénéficie de ce droit de rétractation quoi qu’il arrive, et le vendeur ne peut pas s’y opposer durant le délai légal de 10 jours.
Oui, si la rétractation intervient dans le délai légal de 10 jours : le vendeur doit restituer l’acompte, généralement compris entre 5 et 10 % du prix de vente, dans un délai de 21 jours.
Seulement s’il invoque une condition suspensive prévue dans l’offre ou le compromis, comme un refus de prêt. En dehors de ce cas, l’acheteur reste engagé une fois le délai de rétractation écoulé.
En prenant le temps d’échanger avec l’acheteur sur son projet, son financement et son calendrier, en vérifiant le sérieux des candidats via une agence si besoin, en comparant les profils en cas de plusieurs offres (une attestation de finançabilité rassure), et en lisant attentivement les conditions suspensives de l’offre.
