MaPrimeRénov’ : pourquoi votre logement risque de ne plus être concerné


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture
Maison en pièces de puzzle avec une pièce manquante, logements exclus de MaPrimeRénov'

Coup de froid sur MaPrimeRénov’. Avec les nouvelles conditions d’accès, seuls les ménages très modestes occupant un logement classé F ou G au DPE restent éligibles, soit à peine 5 % du parc immobilier individuel. Si vos revenus dépassent les plafonds ou si votre logement n’est pas jugé assez énergivore, vous risquez de passer à côté de l’aide. On fait le point sur ces nouvelles règles.

Pourquoi MaPrimeRénov’ a-t-elle été suspendue cet été ?

En juin dernier, le volet « rénovation d’ampleur » de MaPrimeRénov’ est suspendu : les dossiers en cours sont mis sur pause, et les nouveaux candidats doivent patienter. Réouverture prévue le 30 septembre… mais dans une version ultra-limitée. Seuls 13 000 dossiers supplémentaires pourront être acceptés pour toute la France d’ici la fin de l’année, alors même que l’Agence nationale de l'habitat (Anah) doit traiter un nombre élevé de demandes en attente. Autant dire qu’il faudra apprendre à être patient…

Quels logements restent éligibles à MaPrimeRénov’ ?

Alors qui pourra profiter de la réouverture ? Pas grand monde, hélas. Seuls les ménages très modestes occupant des logements classés F ou G au DPE seront concernés, soit à peine 5 % du parc immobilier individuel. Le ministère du Logement laisse entendre qu’un élargissement aux ménages modestes pourrait suivre, mais rien n’est gravé dans le marbre. En clair, si vos revenus dépassent les plafonds, ou si votre maison n’est pas jugée « assez énergivore », vous risquez de passer à côté de l’aide.

Quel est le nouveau plafond de travaux financé par MaPrimeRénov’ ?

Et ce n’est pas tout. Le montant des travaux pris en charge par MaPrimeRénov’ est lui aussi revu à la baisse. Jusqu’à présent l’aide pouvait couvrir jusqu’à 70 000 € de travaux. Désormais, le plafond tombe à 40 000 € maximum. En pratique, cela veut dire que :

  • si vos travaux permettent de gagner 2 classes énergétiques (par exemple passer de G à E), vous ne serez aidé que sur 30 000 € de travaux,
  • et si vous atteignez 3 classes ou plus (par exemple passer de F à C), le plafond de l’aide passe à 40 000 €.

Cerise amère sur le gâteau : le petit bonus qui récompensait la sortie du statut de « passoire thermique » disparaît. Jusqu’ici, il permettait de financer 10 % de travaux en plus… Mais ça, c’était avant. Gloups.

Les petits travaux, toujours au menu

Les gestes isolés restent soutenus ! Comme par exemple remplacer une chaudière, isoler un plancher ou un mur. Certes, ce n’est pas ça qui fera de votre maison un modèle de rénovation écologique, mais ces coups de pouce restent tout de même importants pour poursuivre la transition vers des logements plus économes en énergie.

Comment financer sa rénovation énergétique sans MaPrimeRénov’ ?

L’État limite sa participation aux rénovations d’ampleur. Pour les propriétaires, cela signifie qu’il faudra aller chercher des aides un peu partout :

  • Une part de MaPrimeRénov’ (si vous y avez droit)
  • Un ou plusieurs Certificats d’Économies d’Énergie (CEE)
  • Un éco-prêt à taux zéro
  • Selon les régions, des subventions locales

Pour leur part, les CEE, aka les primes versées par les fournisseurs d’énergie pour encourager les travaux d’économies d’énergie, peuvent aussi donner un bon coup de pouce. Par exemple, si vous troquez votre vieille chaudière fioul contre une pompe à chaleur, une partie de la facture peut être réglée grâce à eux.

En cette fin d’année, financer sa rénovation risque vite de tourner au casse-tête. Car même si plusieurs dispositifs existent, les démarches restent complexes et, même en cumulant les aides, la facture peut rester salée malgré le cumul des dispositifs.

Questions fréquentes

  • MaPrimeRénov’ est une aide publique versée par l’Agence nationale de l’habitat (Anah) qui existe depuis 2020. Elle finance des travaux améliorant la performance énergétique (isolation, chauffage, ventilation…), avec un montant modulé selon les revenus et le gain écologique obtenu, pour réduire les passoires thermiques.

  • Les CEE sont des primes versées par les fournisseurs d’énergie pour encourager les travaux d’économies d’énergie. Par exemple, si vous remplacez une vieille chaudière fioul par une pompe à chaleur, une partie de la facture peut être réglée grâce à eux.

  • L’éco-prêt à taux zéro peut aller jusqu’à 50 000 €, sans conditions de revenus, et il peut se combiner avec MaPrimeRénov’ pour alléger la facture.

Catherine Brezeky
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