Modification du DPE en 2026 : faut-il attendre pour vendre ?

Le calcul du diagnostic de performance énergétique (DPE) vit un nouveau bouleversement : à partir du 1er janvier 2026, une nouvelle mesure entrera en vigueur et fera passer le coefficient de l’électricité de 2,3 à 1,9. À la clé, près de 850 000 logements chauffés à l’électricité pourraient sortir des classes F et G. Si votre bien est concerné, attendre cette mise à jour peut valoriser votre vente ; s’il est déjà bien classé, inutile de patienter.
Un nouveau DPE en 2026 : l’électricité cesse d’être pénalisée
Face à l’urgence climatique et à la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, le Gouvernement a décidé de revoir la copie du diagnostic de performance énergétique. Le Premier ministre a annoncé début juillet 2025 une évolution majeure : le coefficient de conversion de l’électricité (appelé CEP) est passé de 2,3 à 1,9, conformément aux recommandations européennes.
Pour faire simple, ce coefficient permet de comparer toutes les énergies à leur forme brute, en prenant en compte l’énergie nécessaire pour les produire, les transporter et les distribuer, avant qu’elles n’arrivent chez vous. Jusqu’ici, l’électricité était « pénalisée » par un coefficient élevé, ce qui plombait la note des logements qui l’utilisaient. Avec le nouveau calcul du DPE, son impact se rapproche de celui des autres énergies comme le gaz, le fioul ou le bois (fixés à 1). Les logements chauffés à l’électricité s’en sortent le mieux, et notamment les petites surfaces ou ceux qui combinent électricité et chauffage au bois/granulés en appoint.
Nouveau calcul du DPE en 2026 : quelles conséquences ?
Selon le Gouvernement, cette réforme permet à près de 850 000 logements chauffés à l’électricité de quitter le statut de passoire énergétique (classes F et G), jusqu’ici désavantagés par l’ancien mode de calcul. Une bonne nouvelle pour certains propriétaires qui, face à l’interdiction de louer, envisageaient de vendre. En leur redonnant la possibilité de proposer ces biens à la location, la mesure pourrait aussi contribuer à redynamiser le marché locatif.
Cette interdiction, actée par l'article 160 de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, s'applique en métropole aux logements classés G depuis le 1er janvier 2025, puis aux classés F au 1er janvier 2028 et E au 1er janvier 2034.
Tout le monde ne partage pas l’enthousiasme du Gouvernement. L’UFC-Que Choisir souligne ainsi que “seuls les propriétaires y gagnent. Les acheteurs et locataires, eux, sont induits en erreur par des étiquettes subitement devenues très flatteuses mais masquant des factures de chauffage inchangées et bien souvent anormalement élevées”.
Propriétaires : faut-il attendre la modification du DPE pour vendre ?
Tout dépend à quel point vous êtes pressé de vendre votre logement. Si votre logement est classé F ou G, attendre la mise à jour du DPE 2026 peut être avantageux. Pourquoi ? Aujourd’hui, un logement classé F ou G se vend en moyenne 15 % moins cher qu’un bien classé D, soit environ -452 € par m² selon le baromètre SeLoger (données début 2025). Dans certains départements, cette décote grimpe même au-delà de 25 %, notamment dans les zones rurales, contre environ 7 % en zone urbaine, selon la même source.
Alors si votre logement gagne deux classes grâce au nouveau DPE 2026, sa valeur pourrait mécaniquement augmenter. De plus, la sortie des classes F et G vous permettra de repousser les interdictions de mise en location. En revanche, si votre bien est déjà bien classé, il n’y a pas forcément d’intérêt à attendre.
Cette réforme donne aux propriétaires une vraie marge de manœuvre pour valoriser leur bien. Reste à savoir si vendre maintenant ou attendre 2026 correspond le mieux à vos priorités.
