Suspension de MaPrimeRénov’ en 2025 : les professionnels du bâtiment inquiets

Coup de massue pour MaPrimeRénov’, principal levier de l'État pour encourager la rénovation énergétique des logements. Ce mercredi 4 juin, le dispositif a de nouveau été suspendu, cette fois à cause d’un afflux massif de dossiers et d’un trop grand nombre de fraudes, selon le ministre de l’Économie Éric Lombard. Une décision qui, sans surprise, en laisse plus d’un sur le carreau.
C’est reparti pour le gel (alors que le soleil commençait à peine à poindre…) : lancé en janvier 2020, MaPrimeRénov’ devait permettre aux particuliers de financer leurs travaux de rénovation énergétique. Mais cette nouvelle suspension, annoncée par le ministre de l’Économie Éric Lombard mercredi 4 juin, intervient dans un contexte déjà très tendu.
Petit rappel : Début 2025, l’absence de budget avait déjà contraint le gouvernement à une première mise à l’arrêt du dispositif, bloquant le paiement des primes pour les dossiers déposés après le 1er janvier. Il aura fallu patienter jusqu’au 14 février et le vote du budget pour relancer les versements et les chantiers.
Mais patatras, ce 4 juin : nouveau stop pour cause d’incertitude budgétaire... et « de fraudes massives » comme l’explique le ministre de l’Économie Éric Lombard.
La grogne monte chez les professionnels du secteur
En réaction, les professionnels du bâtiment sont montés au créneau. « C'est totalement insupportable et incompréhensible », s’est notamment insurgé Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), sur franceinfo. « Le système a été mis en place il y a cinq ans et il est modifié tous les six mois. En début d'année, il a été gelé pendant deux mois ; trois mois plus tard, on le regèle soi-disant à cause des fraudes. Il y en a sûrement, mais 16 000 sur le total des rénovations, ce n'est pas dramatique. L’informatique permet aussi d’identifier ces dossiers… »
Un va-et-vient qui fatigue et pénalise artisans et entreprises, dont l’activité ralentit, avec à la clef des chantiers reportés, voire annulés. La FFB et la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB) dénonçaient déjà en janvier un climat d’insécurité financière : « Ce gel des versements va interrompre brutalement les travaux de rénovation énergétique, un marché déjà fragilisé », alertaient-elles dans un communiqué.
Christophe Repon, président de la CAPEB, insiste pour sa part sur l'urgence de stabiliser le dispositif : « Il est impératif d’adopter rapidement un budget permettant aux entreprises de travailler normalement. Ce sursaut est plus que nécessaire pour relancer le marché de la rénovation énergétique, poursuivre notre lutte contre la précarité énergétique et la production de gaz à effet de serre. »
Le gouvernement, par la voix d’Éric Lombard, affirme être conscient des difficultés et promet un rétablissement du dispositif d’ici la fin de l’année. « Nous sommes conscients des difficultés engendrées par cette situation et mettons tout en œuvre pour rétablir le dispositif dans les meilleurs délais », a-t-il assuré. Vous allez devoir (encore) prendre votre mal en patience !
5 options accessibles pour vos projets de rénovation
En attendant la fonte du gel, voici quelques options de financement si vous avez des projets de rénovation énergétique :
- L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : Prolongé jusqu'au 31 décembre 2027, ce prêt sans intérêts permet de financer jusqu'à 50 000 € de travaux d'amélioration de la performance énergétique. Accessible sans condition de ressources, il est remboursable sur une période de 20 ans. Pour en bénéficier, votre logement doit avoir plus de deux ans, et les travaux doivent être réalisés par des professionnels certifiés Reconnu Garant de l'Environnement (RGE).
À partir du 1er juillet, « les travaux éligibles à l’éco-PTZ doivent être réalisés en respectant les mêmes exigences que ceux financés par MaPrimeRénov’. Cela vous permet d’avoir la garantie que les travaux que vous entreprenez sont éligibles à la fois à MaPrimeRénov’ et à l’éco-PTZ », précise l’administration française. Les modalités de réalisation évoluent notamment pour les travaux suivants : l'isolation thermique des murs donnant sur l'extérieur, l'isolation thermique des parois vitrées, l'installation d'équipements de chauffage et l'installation d'équipements de production d'eau chaude sanitaire utilisant une source d'énergie renouvelable.
- Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) : Ce dispositif oblige les fournisseurs d'énergie à promouvoir l'efficacité énergétique auprès de leurs clients, se traduisant par des primes versées aux particuliers réalisant des travaux d'économie d'énergie. Les travaux éligibles incluent l'isolation thermique, l'installation de systèmes de chauffage performants, ou encore la mise en place de dispositifs de régulation. Les montants des primes varient en fonction des travaux réalisés et de la zone géographique.
- La TVA réduite à 5,5 % : Pour les travaux d'amélioration de la qualité énergétique, une TVA réduite à 5,5 % s'applique, au lieu des 10 ou 20 % habituels. Cette réduction concerne les logements achevés depuis plus de deux ans et s'applique directement sur la facture des travaux éligibles, tels que l'isolation, le chauffage ou la production d'énergie renouvelable.
- Le Prêt Avance Rénovation (PAR) : Destiné aux ménages modestes, ce prêt hypothécaire permet de financer le reste à charge des travaux de rénovation. Le remboursement s'effectue lors de la vente du logement ou lors de la succession, offrant ainsi une solution de financement sans impact immédiat sur le budget du ménage.
- Les aides locales : De nombreuses collectivités territoriales proposent des subventions ou des prêts à taux préférentiels pour encourager la rénovation énergétique. Il est recommandé de se renseigner auprès de votre mairie ou de votre conseil régional pour connaître les dispositifs disponibles dans votre région.
Pas de panique, si MaPrimeRénov’ est suspendue pour quelque temps, nos experts Pretto sont à votre écoute pour élaborer un plan de financement adapté à votre projet : entre prêts travaux, aides publiques et solutions, il existe des alternatives pour réussir votre rénovation et valoriser durablement votre patrimoine !
Où en est MaPrimeRénov’ en 2026 ?
Mise à jour : après l’adoption de la loi de finances pour 2026, le dispositif MaPrimeRénov’ a rouvert le 23 février 2026. Les demandes sont de nouveau possibles pour l’ensemble des parcours de rénovation, et les dossiers en attente depuis fin 2025 sont traités.
Questions fréquentes
En attendant la reprise du dispositif, cinq options restent accessibles : l’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, qui finance jusqu’à 50 000 € de travaux sans condition de ressources via des professionnels RGE ; les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ; la TVA réduite à 5,5 % ; le Prêt Avance Rénovation (PAR), remboursable à la revente ou à la succession ; et les aides locales proposées par certaines collectivités.
Oui : comme le souligne Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), le système est en place depuis cinq ans et modifié tous les six mois ; il est gelé une première fois début 2025, puis de nouveau suspendu le 4 juin.
MaPrimeRénov’ est une aide de l’État créée en 2020 pour soutenir la rénovation énergétique des logements privés, avec l’objectif de réduire la consommation d’énergie et de lutter contre la précarité énergétique.
Selon Olivier Salleron, président de la FFB, environ 16 000 dossiers sur l’ensemble des rénovations sont concernés, un chiffre qu’il juge non dramatique au regard du volume total. Il souligne aussi que l’informatique permet d’identifier ces dossiers.