Bonne ou mauvaise idée : investir dans une maison de vacances ?

Vous rêvez de prolonger vos vacances toute l’année dans votre propre pied-à-terre ? Investir dans une résidence secondaire reste toujours une bonne idée : les investissements immobiliers sont rarement à perte. Tout dépend cependant de votre profil : la location offre plus de flexibilité sans les frais d’achat, tandis qu’acheter, en la mettant en location saisonnière une partie de l’année, permet de rentabiliser bien au-delà du simple coût d’une location sur 25 ans.
Le boom des résidences secondaires
Un marché sélect
Qu’elle soit nichée sur les hauteurs niçoises, au cœur des pins du Cap Ferret ou bien au fin fond du Périgord vert, la résidence secondaire a toujours eu un charme certain. Et pour cause : s’offrir une parenthèse hors de son quotidien est un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre.
Retraités déchargés de leurs obligations familiales (études des enfants à financer, remboursement de prêt immobilier…) ou actifs aisés en capacité d’investir dans plusieurs biens immobiliers, la résidence secondaire a longtemps été réservée à une frange de la population. Les acheteurs affichent d’ailleurs des revenus moyens au-delà de 60 000 € nets annuels (6 200 € nets mensuels) et un prix d’acquisition moyen de 280 000 € : un marché plutôt haut de gamme, souvent investi par des acheteurs plus âgés (70 % ont entre 45 et 65 ans, contre 33 ans pour un premier achat de résidence principale ; données Pretto).
Les prix d’achat de ces biens en bord de mer parlent d’eux-mêmes, comme nous le prouve le site d’annonces immobilières SeLoger :
Région | Prix moyen au m² (mai 2025) |
|---|---|
Provence-Alpes-Côte d'Azur | 5 842 € |
Nouvelle-Aquitaine | 5 132 € |
Corse | 4 647 € |
Pays de la Loire | 4 360 € |
Hauts-de-France | 4 041 € |
Occitanie | 3 775 € |
Normandie | 3 543 € |
Bretagne | 3 483 € |
Comment la crise sanitaire a-t-elle démocratisé les résidences secondaires ?
Particulièrement cyclique, le marché des résidences secondaires affiche souvent un boom en période estivale. Mais c’était sans compter sur la pandémie qui a totalement rebattu les cartes en 2020. Le confinement a en effet conduit de nombreux Français, surtout les citadins, à repenser leurs priorités. Ils aspirent à plus de calme, d’espace et de nature pour s’échapper régulièrement du tumulte de la ville.
Chez Pretto, nous l’avons d’ailleurs observé dernièrement. Les projets de résidences secondaires se sont fortement démocratisés, avec une hausse de 40% entre janvier et août en 2021 et 2022, et une demande qui a même quasiment doublé entre janvier 2023 et août 2023, comme le souligne un conseiller Pretto :
"Ce rebond s’est confirmé avec un automne 2023 toujours dynamique, à des niveaux supérieurs aux pics des étés 2021 et 2022. Le début d’année 2024 confirme cette tendance à la hausse, avec un premier trimestre en hausse de plus de 50 % par rapport au premier trimestre 2023."
Selon l’INSEE, en 2023, 9,8 % des logements en France (hors Mayotte) étaient des résidences secondaires.
La crise sanitaire a également transformé notre perception de la résidence secondaire. Ce n’est plus seulement une maison de vacances dans laquelle on se rendait une à deux fois par an. Elle devient une alternative à la résidence principale, une sorte de deuxième maison dans laquelle on peut s’échapper 3-4 jours par semaine, notamment grâce au télétravail.
La possibilité de travailler à distance a redéfini un nouveau modèle de vie, où l’on alterne vie citadine, une partie de la semaine et vie rurale l’autre moitié (le beurre et l’argent du beurre, comme Audrey qui a acheté sa tiny house dans le Perche).
De plus en plus de personnes expérimentent ainsi cette double vie, télétravaillent dans leur maison secondaire le vendredi et lundi pour bénéficier d’un long week-end au vert. Un modèle possible si l’on bénéficie toutefois d’une bonne connexion internet et d’un accès relativement proche de notre lieu de résidence pour éviter de passer le week-end dans les transports.
Ainsi, des Français qui n’auraient jamais imaginé acheter une résidence secondaire ont pu sauter le pas, notamment en misant sur des régions reculées, plus délaissées.
Impossible pour beaucoup d’envisager la Côte d’Azur, à moins d’être un riche client de l’Agence Kretz… Pour Monsieur et Madame tout le monde, la french riviera n’est malheureusement pas une option avec ses prix exorbitants et son déficit d’offres. À titre d’exemple, à Villefranche-sur-mer, à côté de Nice, les appartements affichent un prix au mètre carré à plus de 15 000 €. C’est plus cher que le marché parisien.
Un marché immobilier tendu, accentué par l’augmentation des taux immobiliers de ces dernières années. Entre 2021 et 2023, les demandes de financement ont en effet chuté de 22 % en région Provence-Alpes-Côte.
Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres ! En Bourgogne-Franche-Comté et dans les Pays de la Loire, les demandes de financement n’ont, elles, cessé de croître. Des villes moins cotées mais qui répondent aux besoins des acheteurs en quête d’espace : nature, accessibilité et prix abordables. Auxerre, c’est sexy !
Vous l’aurez compris, pour trouver des résidences secondaires à petits prix, il ne faut pas hésiter à s’éloigner des grandes villes, des grands axes de TGV et… de la mer. En Normandie, les prix sont jusqu’à divisés par deux dès qu’on s’enfonce dans les terres.
Attention toutefois à la petite maison perdue au milieu de nulle part. Cela peut être très dépaysant d’être en plein cœur de la pampa, mais aussi se révéler très compliqué pour la logistique sur place : faire les courses, aller à la pharmacie, profiter d’activités...
J’achète ou je loue ma résidence secondaire ?
Les avantages de l’achat
Un achat plaisir
Acheter sa résidence secondaire, c’est avant tout pouvoir profiter d’un endroit à soi le temps des vacances, bien plus intime et convivial qu’un hôtel ou un appartement de location.
En fonction de son rythme de vie, on va par ailleurs rechercher plus ou moins de stabilité. C’est le cas des familles avec enfants qui vont préférer un lieu fixe qu’elles connaissent et où elles peuvent laisser des affaires, comme le précise Pierre Chapon, cofondateur de Pretto :
"Quand on a des enfants en bas-âge, on part moins en week-end à Rome à l’improviste ! Les loisirs deviennent moins variés, on va plutôt privilégier un lieu fixe."
Avoir son propre pied-à-terre, c’est aussi l’opportunité de vivre comme à la maison en développant des habitudes de locaux : aller chercher les croissants à la boulangerie du village, dîner dans le petit restaurant typique en bord de mer, faire ses courses chez son primeur préféré…
Un bon investissement
Envisager la location saisonnière peut également être un argument pour sauter le pas, grâce aux revenus locatifs saisonniers générés lorsque la maison est inoccupée.
Cela peut effectivement permettre d’amortir le coût de l’achat, de bénéficier de certaines déductions fiscales (notamment concernant les travaux), le tout en accroissant la valeur immobilière du bien. On peut par exemple mettre en place un service de conciergerie pour gérer la logistique sur place, ce qui permet d’assurer plus de confort aux locataires, mais aussi d’entretenir les lieux en son absence (même si attention, cela a aussi un coût).
Sur le plan fiscal, ces revenus locatifs relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Tant qu'ils ne dépassent pas 83 600 € par an (15 000 € pour un meublé de tourisme non classé), le régime micro-BIC s'applique par défaut et ouvre droit à un abattement forfaitaire de 50 % (30 % pour un meublé de tourisme non classé) sur les recettes déclarées. Il reste possible d'opter pour le régime réel, plus avantageux si les charges réelles et l'amortissement du bien dépassent cet abattement, selon service-public.gouv.fr (2026).
Toutefois, bien faire attention à la localisation de la maison pour que cet investissement soit rentable. Être loin d’une ville risque de pénaliser votre investissement, contrairement à une maison secondaire proche d’un centre-ville.
Pour beaucoup d’acheteurs, il est parfois complexe de penser ce type d’achat comme un investissement immobilier. La dimension plaisir étant très ancrée, comme l’explique Pierre Chapon :
“Il est plus difficile de voir sa résidence principale comme un investissement parce qu’il y a toute une dimension émotionnelle qui rentre en compte.”
Les avantages de la location
Néanmoins, l’achat d’une résidence secondaire ne conviendra pas à tous. Plusieurs frais annexes viennent s’ajouter au coût d’achat initial et peuvent freiner de nombreux acquéreurs :
- Frais de notaire
- Taxe foncière
- Taxe d’habitation
- Coût de la logistique et de l’entretien (jardin, travaux à gérer à distance)
Pour plus de flexibilité, la location reste idéale. Vous pourrez ainsi changer de destination chaque année, sans contrainte de remboursement de prêt ni de gestion locative ou d’entretien et de rénovation.
Une flexibilité qui se paye néanmoins, le coût des loyers en haute saison n’étant pas bon marché, surtout avec l’inflation ces dernières années. Le tarif moyen des locations a ainsi augmenté de 9% en Bretagne, en Occitanie et en Corse, incitant les locataires à adapter leurs vacances et à partir moins longtemps.
Au-delà de ce coût et de l’absence de retour sur investissement, les locataires sont également dépendants d’éventuelles augmentations de tarifs, ainsi que des disponibilités moins fortes en pleine saison.
Région | Maison/villa 6-10 pers. (été 2025) | Appartement 2-6 pers. (été 2025) |
|---|---|---|
Provence-Alpes-Côte d'Azur | 2 738 € | n.c. |
Corse | 2 683 € | n.c. |
Pays de la Loire | n.c. | 684 € |
Normandie | n.c. | 671 € |
Bretagne | n.c. | 688 € |
Hauts-de-France | n.c. | 664 € |
Occitanie | n.c. | 651 € |
Grand Est | n.c. | 623 € |
Bourgogne-Franche-Comté | 1 149 € | 549 € |
Centre-Val de Loire | 1 160 € | 514 € |
Acheter sa maison de vacances : les points clés avant de se lancer
Vérifier sa capacité d’emprunt
C’est décidé, vous voulez vous aussi avoir votre pied-à-terre au bord de mer ou à la campagne. Tout d’abord, bien vérifier votre situation actuelle et à venir, comme le rappelle Pierre Chapon dans l’épisode de la Martingale :
“Avant de savoir si l’on doit acheter sa résidence principale, il faut se demander combien de temps on souhaite garder ce bien. Il faut donc prendre en compte l’évolution de son foyer, sa mobilité professionnelle etc.”
Pour cela, commencez par évaluer votre capacité d’emprunt, le taux d’endettement maximum étant fixé à 35%. Si vous avez déjà un prêt à rembourser, cela peut ainsi être compliqué de se lancer dans l’achat d’une résidence secondaire. Le gros du marché concernant des acheteurs qui ont fini de rembourser leur résidence principale, comme les retraités.
Bon à savoir : le prêt à taux zéro (PTZ) ne finance que l'achat d'une résidence principale, jamais une résidence secondaire ni un investissement locatif, il est donc exclu pour ce type de projet, selon economie.gouv.fr (2026).
Dans le cas où il s’agirait de votre premier achat, vous pouvez tout à fait le vendre à la banque comme un achat de résidence principale, si le bien en question reste proche de votre lieu de vie et que vous pouvez bénéficier de télétravail.
Vous travaillez à Paris et vous êtes locataire de votre appartement. Vous décidez d’acheter une maison dans le Perche pour bénéficier d’une plus grande superficie au cœur de la nature. Située à 2h de Paris, votre maison est facilement accessible depuis votre travail, vous pouvez ainsi télétravailler de là-bas et la déclarer comme résidence principale.
Ce type de projet nécessite un bon business plan à soumettre à la banque, notamment si vous envisagez de la location saisonnière les périodes où vous ne vivez pas dans le logement. C'est un bon argument pour rassurer la banque, mais attention, celle-ci ne prendra pas en compte la totalité de ces revenus futurs afin de prévoir les périodes de vacances locatives.
Bien choisir sa localisation
Le critère numéro 1 par excellence n’est pas la superficie, ni la vue mer à couper le souffle, mais bien la localisation ! Si vous achetez un sublime mas provençal perdu au milieu des champs de lavande, mais que vous n’y allez qu’une seule fois par an car il vous faut 10h de route depuis votre résidence principale pour y accéder, désolé de vous le dire, mais ça ne vaut pas le coup !
Une résidence secondaire doit avant tout correspondre à votre mode de vie et à vos besoins. Si votre objectif principal est de vous y rendre assez souvent pour souffler et couper avec le quotidien, alors celle-ci doit se situer idéalement à 2-3h maximum de votre lieu de vie. Vous pourrez décider d’y aller sur un coup de tête un vendredi soir, contrairement au mas provençal qui va demander une certaine logistique… (après loin de nous de vous priver de votre mas si c’est votre rêve).
Il est également recommandé de vérifier la qualité de la connexion internet si vous envisagez de télétravailler depuis ce lieu, et de vous assurer que le niveau de confort correspond à vos attentes. Une maison trop rustique, difficile à chauffer ou peu confortable pourrait vous dissuader d'y séjourner fréquemment (et on ne parle pas des charges et d’éventuels travaux de rénovation énergétique qui viendraient alourdir les frais) . Des solutions telles qu'un service de conciergerie, mentionné précédemment, ou l'installation de dispositifs de domotique pour contrôler le chauffage à distance par exemple, peuvent apporter un réel plus.
Le réchauffement climatique redistribue aussi les envies : d’après une étude du site immobilier PAP, les destinations les plus prisées évoluent, avec une Côte d’Azur moins attractive et une Bretagne qui gagne du terrain. Les destinations situées entre la Charente et le nord de la France profitent ainsi d’un intérêt croissant, moins chères et moins marquées par les vagues de chaleur.
Comparer les coûts : achat VS location
Vous hésitez encore ? On a fait les calculs pour vous, pour vous permettre d’évaluer les coûts que représentent une location pendant 25 ans versus un achat sur 25 ans.
Scénario | Détail du calcul | Coût / gain sur 25 ans |
|---|---|---|
Location pure, 2 semaines/an à Miramas | 1 372 €/semaine x 2 semaines x 25 ans | 68 600 € de dépense |
Achat + crédit, maison 100 m² à Miramas (279 900 €, apport 30 000 €, taux 3,54 % en septembre 2026) | Mensualité 1 256 € x 300 mensualités, montant emprunté 275 900 € | 126 900 € de coût total du crédit, hors assurance |
Achat + location saisonnière, 20 semaines/an | 1 400 €/semaine x 20 semaines x 25 ans de recettes locatives (700 000 €), moins le coût total du projet (444 900 €) | 255 100 € de gain net |
Si l’on compare à une location saisonnière, effectivement cela ne semble pas très rentable… Mais c’est sans compter sur la mise en location de cette fameuse résidence secondaire à Miramas lorsque vous ne l’utilisez pas. En effet, cette même maison, louée à 1400 € la semaine pendant 20 semaines dans l’année pourrait rapporter 28 000 € de gains locatifs sur l’année. Soit 700 000 € sur 25 ans.
Faites votre simulation via notre tableau interactif pour simuler vos gains locatifs :
Près de 255 000 € de recettes, ce n’est pas rien ! À cela, il est évidemment important de souligner qu’être propriétaire induit un certain nombre de frais : taxe foncière, taxe d'habitation, travaux d'entretien, charges courantes… Il faudra également déclarer les revenus issus de la location et payer les impôts correspondants (qui dépendent du statut choisi). Malgré cela, la résidence secondaire permet de bénéficier d'un placement dont on peut toujours se détacher en cas de coup dur.
Investir, c’est toujours une bonne idée ! Rares sont les investissements immobiliers à perte.
En résumé, l'achat d'une résidence secondaire peut offrir de nombreux avantages, que ce soit pour profiter de vacances régulières dans un endroit familier, réaliser un investissement patrimonial ou encore bénéficier d'un cadre de vie plus serein grâce au télétravail. Toutefois, cette décision doit être mûrement réfléchie en tenant compte de votre capacité d'emprunt, de la localisation idéale et de l'usage que vous souhaitez en faire. Consultez un expert Pretto pour approfondir votre projet.
Questions fréquentes
Vous rêvez d’une maison à la mer, à la campagne et à la montagne ? Nous aussi ! Mais malheureusement, un tel projet dépendra encore une fois de votre capacité d’emprunt.
Sauf si vous optez pour un investissement locatif pour votre première résidence secondaire, notamment en réalisant cet achat via une SCI type holding d’investissement. Vous serez alors dans un contexte de financement professionnel et non de financement particulier immobilier, ce qui offre des logiques sur les taux d’endettement très différents. Cela vous procurera également davantage de flexibilité.
Oui, si c’est votre premier achat et que le bien reste proche de votre lieu de vie avec la possibilité d’y télétravailler. Par exemple, une maison à 2h de Paris, accessible depuis votre travail parisien, peut être déclarée comme résidence principale.
Être propriétaire d’une résidence secondaire implique des frais réguliers : taxe foncière, taxe d’habitation, travaux d’entretien et charges courantes, en plus de la déclaration et de l’imposition des revenus locatifs éventuels.
Non : le 8 juillet 2024, le Conseil d’État a annulé le maintien de la niche fiscale qui permettait aux locations de type Airbnb d’en bénéficier, à la demande des organisations professionnelles du tourisme.