À quelles taxes s’attendre quand on devient propriétaire ?

Devenir propriétaire marque le début d'une belle aventure patrimoniale, mais cela implique aussi de se familiariser avec de nouvelles contributions locales. La taxe foncière, l'impôt sur les plus-values, les charges spécifiques aux bailleurs ou aux résidences secondaires font partie du budget à anticiper au-delà de la mensualité de crédit. Le montant varie selon votre situation, le type de bien et votre commune. Tour complet des taxes qui vous attendent selon votre profil.
La taxe foncière, pour tous les propriétaires
Qu'est-ce que la taxe foncière ?
La taxe foncière est un impôt local à la charge intégrale des propriétaires. Servant à alimenter le budget des collectivités locales, elle est due annuellement par la personne qui est propriétaire d’un bien au 1er janvier de l’année en cours, que le logement soit occupé ou non.
Comment est-elle calculée ?
L'administration fiscale se base sur la valeur locative cadastrale du bien, qui représente le loyer annuel théorique si le logement était loué. Pour les propriétés bâties, l'assiette de calcul correspond à 50 % de cette valeur.
Chaque année, la base de calcul de la taxe foncière est revalorisée automatiquement au niveau national en fonction de l’inflation de l’année précédente, via l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH). Pour 2026, cette revalorisation est faible, autour de 1 %, après plusieurs années de hausses plus fortes.
Combien paie-t-on en moyenne ?
La taxe foncière varie selon la commune et le type de bien.
À titre indicatif :
- Appartement de 50 m² en zone urbaine : entre 400 et 800 €/an
- Maison de 100 m² en périphérie : entre 800 et 1 500 €/an
- Maison de 150 m² en zone rurale : entre 600 et 1 200 €/an
Ces écarts s'expliquent par les taux votés par les collectivités locales, qui peuvent varier du simple au triple d'une commune à l'autre. (Source : Observatoire UNPI des taxes foncières).
Exonérations possibles
Certains profils peuvent prétendre à des dégrèvements, notamment les personnes âgées ou en situation de handicap sous conditions de ressources. Les constructions neuves bénéficiaient historiquement d'une exonération temporaire de deux ans.
L'article 141 de la loi de finances pour 2024 permet désormais aux communes de supprimer totalement cette exonération ou de la limiter aux seuls logements financés par des prêts aidés.
Selon les derniers recensements de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), plus de 40 % des communes françaises ont voté la délibération supprimant cet avantage afin de préserver leurs recettes fiscales.
Les logements ayant fait l'objet de lourds travaux de rénovation énergétique peuvent aussi bénéficier d'une exonération partielle sur décision locale.
La taxe sur les plus-values immobilières
Si vous revendez un bien immobilier, qu’il s’agisse d’un appartement ou d’une maison, vous pouvez être amené à réaliser une plus-value immobilière. Imposée à l'impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 %, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, elle s'applique si la différence entre le prix de vente de votre bien et son prix d'acquisition est positive (Source : Code général des impôts, art. 150 U).
Il est important de souligner que la vente de votre résidence principale n’est pas concernée par cette taxe. Elle est en effet exonérée d’impôt sur la plus-value.
Pour réduire l’impôt sur la plus-value immobilière, vous pouvez effectuer certains travaux d’amélioration, de construction ou d’agrandissement et déduire ces dépenses au moment du calcul de la plus-value, sous conditions et sur justificatifs. Pensez à bien conserver les différents justificatifs.
Ce mécanisme s'applique aux vendeurs, mais qu'en est-il si votre projet consiste à mettre un bien en location ?
Les taxes quand on est propriétaire-bailleur
Vous êtes sur le point de devenir propriétaire d’un bien immobilier que vous souhaitez mettre à la location ? Félicitations ! L’investissement locatif est un excellent moyen de vous constituer un patrimoine et capitaliser.
Mais avant de vous lancer tête baissée dans l’achat de votre appartement ou de votre maison, n’oubliez pas de détailler et de calculer les impôts et prélèvements sociaux que vous allez devoir payer sur les loyers perçus.
En tant que propriétaire-bailleur, vous restez redevable de la taxe foncière. Vos revenus locatifs sont également imposables, selon deux régimes possibles.
- Le micro-foncier : si vos revenus locatifs annuels sont inférieurs à 15 000 €, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 30 %. Le solde est ajouté à vos revenus et imposé selon votre tranche marginale d'imposition, avec 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Le régime réel : vous déduisez vos charges réelles (travaux, intérêts d'emprunt, assurances, frais de gestion). Ce régime est souvent plus avantageux si vos charges dépassent 30 % des loyers perçus.
Après l'investissement locatif, arrêtons-nous un instant sur le cas particulier des résidences secondaires, qui obéissent à leurs propres règles.
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires
Si la taxe d'habitation a été supprimée en France depuis le 1er janvier 2023, elle est toujours en vigueur pour les résidences secondaires.
La taxe d’habitation sur les résidences secondaires est due par la personne qui occupe le logement au 1er janvier, le plus souvent le propriétaire.
Le calcul de la taxe d’habitation pour les résidences secondaires repose sur la valeur locative brute du bien.
Tableau récapitulatif des taxes du propriétaire
Taxe | Qui la paye ? | Quand ? | Ordre de grandeur |
Taxe foncière | Propriétaire au 1er janvier | Annuelle, à l’automne | 500 à 2 000 €/an selon bien et commune |
Taxe d'habitation (résidence secondaire) | Occupant au 1er janvier | Annuelle, à l’automne | Variable selon valeur locative |
Impôt sur plus-value immobilière | Vendeur, sauf exonération | À la vente | 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux |
Impôts sur revenus locatifs | Propriétaire-bailleur | Annuelle | Selon tranche d'imposition + prélèvements sociaux |
Taxe ordures ménagères | Propriétaire (répercutable au locataire) | Avec taxe foncière | 100 à 400 €/an |
Devenir propriétaire, c'est prendre en charge un budget qui dépasse la seule mensualité de crédit. Ces charges s'intègrent dans un calcul global qu'il vaut mieux avoir anticipé avant de signer. Un expert crédit Pretto peut vous aider à construire un plan de financement qui tient compte de l'ensemble de ces postes, pour avancer sans mauvaises surprises.
Questions fréquentes
L'avis de taxe foncière arrive entre fin août et mi-septembre. Le paiement s'effectue généralement en octobre, avec possibilité de mensualiser les versements tout au long de l'année pour lisser la charge.
Oui. Si vous estimez que la valeur locative cadastrale de votre bien est surévaluée, vous pouvez adresser une réclamation au centre des impôts fonciers avant le 31 décembre de l'année suivant la mise en recouvrement.
En règle générale, oui. Elle est revalorisée annuellement selon l'inflation et les décisions des collectivités locales. Les hausses varient sensiblement d'une commune à l'autre et peuvent parfois dépasser plusieurs points de pourcentage.
C'est le propriétaire au 1er janvier de l'année concernée qui s'acquitte de l'intégralité de la taxe foncière. Un prorata peut toutefois être négocié entre vendeur et acheteur dans l'acte de vente.
Pas de toutes. La résidence principale est exonérée de taxe d'habitation depuis 2023 et d'impôt sur la plus-value en cas de revente. La taxe foncière, en revanche, s'applique à tous les propriétaires sans distinction selon l'usage du bien.
Mis à jour le 21 avril 2026



