Comment réconcilie-t-on environnement et habitat ?


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Des maisons écologiques

À la question “est-ce que notre façon d'habiter abîme la planète ?”, la réponse est malheureusement oui. Nos choix de vie ont un impact inéluctable : bétonisation, concentration urbaine, artificialisation des sols... Mais on peut réconcilier habitat et planète : en rénovant énergétiquement son logement, en changeant de système de chauffage, et en adoptant des gestes plus sobres au quotidien (eau, énergie).

Pourquoi le secteur immobilier pollue-t-il autant ?

L’immobilier sur le banc des accusés

Soyons clairs, l’immobilier est un secteur qui pollue. Voici sa part dans les pays développés :

Indicateur

Part imputable à l’immobilier

Émissions de gaz à effet de serre (GES)

Plus de 25 %

Consommation d’énergie

37 %

Déchets produits

40 %

Impact environnemental du secteur immobilier

La France, c’est 31 millions de résidences principales dont 12,7 % (3,9 millions) sont des « passoires énergétiques » (étiquettes F et G du DPE) au 1ᵉʳ janvier 2025, selon le SDES (Service des données et études statistiques). Les passoires, ce sont ces logements qui ressemblent plus à des gouffres thermiques qu'à des cocons douillets. Ils ont un appétit vorace en énergie, surtout parce qu'ils sont peu ou mal isolés. Pour maintenir une température agréable pour ses habitants, ils consomment une grande quantité d'énergie. Ce qui n'est pas sans conséquences car elles contribuent à l'émission de gaz à effet de serre.

Au-delà de ces émissions, l’urbanisation pèse aussi directement sur les sols : chaque année, la France artificialise environ 20 000 à 25 000 hectares de sols, au détriment des espaces naturels, agricoles et forestiers, selon le Cerema, France Stratégie et le ministère de la Transition écologique.

Mais il n’y a pas que le logement qui pollue, le secteur du bâtiment lui-même y participe allègrement. Toujours selon les chiffres du ministère, il représente pas moins de 44 % de la consommation d’énergie, reléguant le secteur des transports bien loin avec ses 31,3 %. Chaque année, le secteur du bâtiment émet plus de 123 millions de tonnes de C02 dans l’atmosphère, faisant de lui l'un des acteurs clés dans la bataille contre le réchauffement climatique et pour la transition énergétique. Une facture plutôt salée dont se passerait bien la planète. Conscient de ces enjeux, le Gouvernement français s’est engagé sur le sujet depuis plusieurs années.

La loi de transition énergétique de 2015 a été une première étape, et plus récemment, de nouveaux objectifs ont été définis, comme celui de réduire de 38 % la consommation d'énergie des bâtiments existants d'ici à 2030. Ce n’est pas tout, l'État s'est aussi fixé pour ambition d'atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050. De quoi transformer tout le secteur.

Comment cela va-t-il se passer exactement ? Les propriétaires sont incités à investir dans des travaux de rénovation énergétique. Parallèlement, ceux qui envisagent d'acheter sont encouragés à contribuer à la rénovation ou à la construction de biens immobiliers neufs. Pour faciliter cette transition, l'État propose plusieurs aides telles que le crédit d'impôt transition énergétique, l'éco-PTZ ou encore la MaPrimeRénov’.

En quoi notre consommation d’eau et d’énergie au quotidien pollue-t-elle ?

C’est aussi dans nos actions de tous les jours que nous avons un impact sur la planète. Déjà avec le chauffage et la climatisation de nos logements. Selon l'ADEME en 2023, cela représentent environ 67 % de la consommation totale d'énergie des bâtiments résidentiels.

Finalement, notre mode de vie dépend grandement du type de logement que nous habitons. Les maisons récentes comme les maisons BBC (Bâtiments Basse Consommation) offrent un confort thermique qui facilite notre quotidien face aux variations climatiques. Par contre, si vous vivez dans un appartement ou une maison classés DPE F, logiquement beaucoup plus énergivore, il n’est pas rare de plutôt privilégier le confort immédiat plutôt que de réduire sa consommation énergétique.

Mais ce n’est pas tout. L'eau joue un rôle essentiel dans nos habitudes de consommation quotidienne. En France, bien que l'eau soit relativement abondante, elle n'est pas infinie. Les épisodes de sécheresse deviennent de plus en plus fréquents et intenses en raison du réchauffement climatique et au secteur agro-industriel, gros consommateur d’eau, ce qui fragilise nos réserves. En 2023, la production d'eau chaude sanitaire représentait environ 25 % de la consommation d'eau domestique en France, selon l'ADEME.

En plus d'être une ressource limitée, la production d'eau potable et le traitement des eaux usées nécessitent une quantité considérable d'énergie et génèrent des gaz à effet de serre. D'après un bilan des émissions de gaz à effet de serre en France publié par l'ADEME en 2022, le traitement de l'eau et des déchets représentait 2,2 % des émissions nationales en 2021.

Vous comprenez mieux pourquoi on nous invite à économiser l'eau.

Un habitat plus sain pour la planète, c’est possible ?

Comme le disait Gandhi : "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde." Cette maxime s'applique aussi à votre domicile. Aujourd'hui, il est tout à fait possible d'adopter des actions à fort impact, que vous soyez propriétaire ou locataire.

D'ailleurs, une grande majorité de Français y croit : selon le baromètre de la Fondation pour la Nature et l'Homme de 2023, 77 % des Français modifient leurs habitudes de vie pour préserver la biodiversité et le climat.

Quelles améliorations réduisent l’impact environnemental de son habitat ?

L'une des premières mesures ayant un impact positif sur notre planète est la rénovation énergétique. En France, au 1ᵉʳ janvier 2025, le Service des données et études statistiques (SDES) recense environ 3,9 millions de passoires thermiques, soit 12,7 % du parc des résidences principales.

Pour encourager cette transition, le gouvernement a investi massivement pour soutenir les ménages. À juste titre, la rénovation énergétique des habitations pourrait permettre, une réduction de la consommation énergétique de 50 à 80 % en moyenne, comme le souligne le Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires.

Vous avez sûrement entendu parler de vos voisins qui ont troqué leur chaudière à fioul pour une pompe à chaleur, un geste hautement bénéfique pour l'environnement. En effet, selon une étude de Citeo en 2022, remplacer votre système de chauffage peut diviser par deux, voire par trois, votre consommation d'énergie pour le chauffage.

Concrètement, voici les réductions de consommation observées selon le changement de système :

Changement de système de chauffage

Réduction de consommation d’énergie

Chaudière fioul → chaudière à condensation gaz

50 % à 60 %

Chaudière électrique → pompe à chaleur

50 % à 60 %

Réduction de consommation selon le changement de système de chauffage

Les initiatives du quotidien pour rendre son habitat moins polluant

Agir au quotidien, c’est aussi avoir un impact. Voici quelques gestes simples et leurs effets :

  • Réduire son temps sous la douche (de 10 à 5 minutes) permet d'économiser environ 120 litres d'eau.
  • Éteindre les lumières en quittant une pièce permet d'économiser environ 10 % d'énergie par foyer, selon l'ADEME.
  • Changer de fournisseur d'énergie pour une électricité 100 % renouvelable pourrait réduire de 70 % les émissions de CO2 du secteur résidentiel français, selon une étude de l'ADEME (2021).

Pour aller plus loin encore, certains imaginent la maison de demain en s'inspirant de celle d'hier.

Quelles innovations de construction durable existent déjà ?

Parmi toutes les solutions pour rendre nos habitats plus respectueux de notre planète, les modes de construction durables jouent un rôle clé dans la lutte contre la pollution liée au secteur du bâtiment.

Les bâtiments durables sont conçus pour être économes en énergie, réduisant ainsi la dépendance aux combustibles fossiles et les émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, une maison passive (aka une maison très isolée et performante qui réduit les besoins en énergie au minimum) peut consommer jusqu'à 75 % moins d'énergie qu'une maison traditionnelle en utilisant efficacement la chaleur naturelle générée à l'intérieur et l'ensoleillement extérieur, nécessitant ainsi peu voire pas de chauffage.

Réduire la consommation énergétique dans nos habitations est important, mais construire de manière moins polluante l'est encore plus.

C’est quoi la solution ? Opter pour des techniques de construction durable pour réduire considérablement la quantité de déchets générés lors de la construction des bâtiments.

Comment réduire concrètement les déchets de construction ?

  • privilégier les matériaux préfabriqués réduit les chutes de matériaux sur les chantiers,
  • utiliser des matériaux recyclés et recyclables, comme le métal, le verre et le plastique pour diminuer la consommation de ressources naturelles et la production de déchets,
  • préférer les matériaux locaux réduit le transport,
  • opter pour des matériaux biosourcés comme le bois, le bambou et le chanvre qui offrent des alternatives durables au béton et à l'acier, avec une empreinte carbone réduite et une meilleure renouvelabilité.

Les innovations et les possibilités sont de plus en plus nombreuses et un article ne serait pas suffisant pour leur faire justice. C’est pourquoi nous présenterons, dans notre dossier dédié, ces initiatives qui changent la donne et qui nous prouvent qu’il est possible de réconcilier environnement et habitat.

Questions fréquentes

  • Le chauffage et la climatisation représentent environ 67 % de la consommation totale d'énergie des bâtiments résidentiels, et la production d'eau chaude sanitaire environ 25 % de la consommation d'eau domestique, selon l'ADEME.

  • Réduire son temps sous la douche (de 10 à 5 minutes) permet d'économiser environ 120 litres d'eau, éteindre les lumières en quittant une pièce permet d'économiser environ 10 % d'énergie par foyer, et passer à une électricité 100 % renouvelable pourrait réduire de 70 % les émissions de CO2 du secteur résidentiel, selon l'ADEME.

  • Oui : selon une étude de Citeo (2022), remplacer son système de chauffage peut diviser par deux ou trois sa consommation pour le chauffage. Passer d'une chaudière fioul à une chaudière à condensation gaz, ou d'une chaudière électrique à une pompe à chaleur, réduit la consommation de 50 % à 60 %.

  • Les matériaux préfabriqués, recyclés ou recyclables (métal, verre, plastique), les matériaux locaux et les matériaux biosourcés comme le bois, le bambou ou le chanvre offrent une empreinte carbone réduite par rapport au béton et à l'acier.

Charlotte Papin
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