Où acheter en France pour limiter les risques climatiques ?


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Un mas provençal entouré de verdure

Face au changement climatique, la façade Nord-Ouest (Bretagne, Normandie) et les zones de montagne (Massif Central, Alpes, Pyrénées, Morvan, Vosges, Jura) sont aujourd’hui jugées les plus résilientes face aux canicules et à la sécheresse. Mieux vaut aussi y privilégier les centres-bourg historiques, plus abrités que les zones pavillonnaires récentes, tout en restant vigilant : même en altitude, des sécheresses sévères restent possibles, comme en Haute-Loire en 2022.

Alors qu’il y a quelques années, le soleil du sud de la France attirait de nombreux Français en quête d’une résidence principale ou secondaire, les changements climatiques bouleversent les plans. Et certaines régions, autrefois négligées, font aujourd’hui sensation car plus épargnées par le dérèglement climatique. Alors, où trouver son refuge écologique ?

Aujourd’hui, au-delà de l’envie de se mettre au vert et de jouir de plus d’espace, un nouveau critère de recherche commence à entrer en ligne de compte pour les Français : l’évolution du climat. D’après un sondage de l’Ifop paru cet été, 13 % d’entre eux envisagent un déménagement (que ce soit de manière temporaire ou permanente) à cause des conséquences du réchauffement climatique sur leur région. La preuve que les temps évoluent.

Ces régions de rêve à l’épreuve du climat

Le sud de la France fait rêver, avec ses marchés animés et son ambiance de mer azur et de chants de cigales. Mais depuis quelques années, une série de feux de forêt, de risques d’inondation et de canicules répétées ternissent le paysage. Depuis 1947, Météo France a enregistré 46 vagues de chaleur en France, rendant le parfum de la Provence moins séduisant.

Mais le Sud n’est pas le seul concerné, certaines villes côtières françaises, autrefois prisées pour leur vue imprenable sur l’océan, sont aussi menacées. Selon Géorisques, la plateforme qui répertorie l’ensemble des risques naturels et technologiques en France créée par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, 5 millions d’habitants sont exposés au risque de submersion marine. Cela remet en question la viabilité des maisons en bord de côte.

Le changement climatique affecte aussi l’assurabilité des logements : le retrait-gonflement des argiles (RGA) représente à lui seul 42 % des dommages indemnisés au titre du régime Catastrophes naturelles, avec un coût passé d’environ 375 millions d’euros par an entre 1995 et 2015 à environ 1,5 milliard d’euros par an entre 2018 et 2022, selon Géorisques.

Maison en haut d'une falaise rongée par l'érosion, achat immobilier en bord de côte
Murielle a complètement craqué pour cette maison en bord de côte. Mais peut-être devrait-elle réfléchir à deux fois avant de l'acheter pour éviter de se réveiller un matin avec les pieds dans l'eau.

Plus globalement, la France continue d’enregistrer année après année des records de chaleur et la situation ne semble pas s’améliorer pour l’avenir. Selon Où Vivre, plateforme collaborative qui vous aide à trouver le lieu de vos rêves grâce à une cartographie ultra précise basée sur des sources fiables comme Datagouv, l’INSEE, DRIAS ou encore Géorisques, Paris devrait connaître chaque année 44 nuits tropicales d’ici 2071, soit la moitié de l’été. Courage aux Parisiens qui vivent sous les toits de Paris, préparez-vous, ça va chauffer !

À Saint-Florent en Corse ce sont même 155 nuits tropicales qui sont prévues, contre 78 aujourd’hui.

Alors que beaucoup continuent d’acheter et de rêver d’une maison au bord de la mer, certains Français ne sont pas prêts à prendre le risque. D’ailleurs, selon le sondage de l’Ifop, ils sont 92 % à observer des conséquences directes dans leur région.

Le changement climatique transforme nos perceptions des régions jadis idéalisées et nous amène à redéfinir les tendances immobilières. Car, soyons honnêtes, quelle est la valeur d’une vue imprenable si votre maison est menacée par la sécheresse ou des feux à répétition ?

Quelles régions privilégier face au changement climatique ?

Choisir un lieu préservé des changements climatiques peut s’avérer être un véritable défi. Pour vous guider dans cette quête, nous nous sommes tournés vers François Lavessière, fondateur de la plateforme Où Vivre, qui rassemble des montagnes de data pour vous aider à trouver la région idéale, face aux évolutions du climat. Et l’exploration des options offertes par Où Vivre révèle rapidement que le nombre de régions impactées par le dérèglement climatique est plus important qu’on peut l’imaginer.

Selon lui, "si on veut vraiment être à l’abri des canicules et de la sécheresse, c’est toute la façade Nord-Ouest qui est le plus à l’abri." À vous Quimper et Granville ! Fini les blagues de votre beau-frère sur la Bretagne et ses averses, la région devient un refuge.

La Normandie et la Bretagne ne sont pas les seules régions à privilégier : "Plus on monte en altitude, plus on va pouvoir résister : le Massif Central, les Alpes, les Pyrénées, le Morvan, les Vosges, le Jura". À vous grands espaces et verts pâturages, ambiance Petite maison dans la prairie.

Infographie des régions à privilégier face aux dérèglements climatiques pour un achat immobilier
Murielle va finalement demander sa mutation dans le Jura

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit des régions où les prix au m² sont les plus abordables et où les marges de négociation sont les plus importantes.

Mais attention tout de même : "En altitude on a peut-être moins chaud, mais on peut subir de graves sécheresses, comme en Haute Loire pendant l’été 2022. " On serait donc contraint de choisir ? Pas tout à fait, car certains endroits restent résilients et vont mieux s’adapter au changement du climat.

Comment bien choisir son refuge écologique ?

Privilégier le centre-ville

Où que vous souhaitiez poser vos valises, sachez que les centres-bourg sont toujours les plus résistants face aux changements. Mais pourquoi ? François Lavessière nous explique : "Les endroits les plus résilients sont les centres-bourg des communes parce qu’historiquement les populations se sont installées à l’abri des phénomènes météorologiques extrêmes.

Quand on a étendu les villes en créant des zones pavillonnaires, on a créé des zones de risque. Les extensions des communes sont aujourd’hui les plus exposées aux impacts croissants du réchauffement climatique : vent, inondations, sécheresses, canicules et même incendies.

Attention ! Dans certaines régions, on peut être soumis à des règles d’urbanisme qui obligent les toitures en ardoise par exemple ou interdisent les façades en bois allant ainsi à l’encontre des stratégies d’adaptation au réchauffement."

Comparer avec le climat de référence

François Lavessière préconise de prendre du recul par rapport aux cartes brutes issues des modélisations à long terme : "Dans cette incertitude, évitons le catastrophisme. On préconise 1) de bien se renseigner sur les climats de référence et 2) de regarder en détail les manifestations concrètes du réchauffement climatique : inondations, recul du trait de côte, sécheresse, incendies, …"

Par exemple, sur Où Vivre vous pouvez constater qu’à l’intérieur d’une même commune, comme c’est le cas à Liaucous, en Aveyron (dans les gorges du Tarn), qui s’étend sur environ 31 km², où une partie de la commune est soumise à un microclimat semi-continental et l’autre partie à un microclimat méditerranéen. Même réchauffé de plusieurs degrés, le ressenti restera différent entre ces deux endroits de la commune !

Du coup, on fait comment ? Eh bien, on regarde d’abord comment c’était avant (jours de canicules, jours de froid, précipitations en été, en hiver) et on examine les cartes des phénomènes liés au réchauffement climatique comme les grosses chaleurs, les nuits tropicales, les secteurs inondables, les incendies, et la sécheresse en partant du principe que ces évènements seront de plus en plus intenses à l’avenir.

Avec des données actualisées et plusieurs indicateurs à croiser, Où Vivre reste un bon point de départ pour cette démarche.

Choisir un lieu de vie ne se résume pas à anticiper le temps qu’il fera dans plusieurs décennies. C’est une réflexion globale : s’il est pertinent de rechercher un secteur à l’abri des impacts du réchauffement climatique, il faut également penser à d’autres critères comme le prix de l’immobilier, les pollutions, l’insécurité, les infrastructures ou encore la présence de médecins à proximité.

Si vous êtes à la recherche de votre refuge écologique, l’application Pretto Search est aussi là pour vous aider à dénicher le bien qui correspond parfaitement à vos aspirations.

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Questions fréquentes

  • La façade Nord-Ouest (Bretagne, Normandie) et les zones de montagne (Massif Central, Alpes, Pyrénées, Morvan, Vosges, Jura) sont considérées comme les plus à l’abri des canicules et de la sécheresse.

  • Depuis quelques années, une série de feux de forêt, de risques d’inondation et de canicules répétées ternit le paysage : Météo France a enregistré 46 vagues de chaleur en France depuis 1947.

  • Historiquement, les populations se sont installées dans les centres-bourg à l’abri des phénomènes météorologiques extrêmes, alors que les zones pavillonnaires créées en périphérie sont aujourd’hui les plus exposées au vent, aux inondations, à la sécheresse, aux canicules et aux incendies.

  • Non : même en altitude, on peut subir de graves sécheresses, comme ce fut le cas en Haute-Loire pendant l’été 2022.

  • Il est recommandé de bien se renseigner sur le climat de référence du lieu, puis de regarder en détail les manifestations concrètes déjà observées (inondations, recul du trait de côte, sécheresse, incendies), plutôt que de se fier uniquement aux cartographies de projection à 50-80 ans.

Charlotte Papin
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