Combien emprunter sur 15, 20, 25 ans en août 2026 ?
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Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.
Après plusieurs semaines mouvementées, le marché du crédit immobilier s’offre une petite parenthèse de répit. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé ses taux directeurs inchangés en juillet et les banques, toujours à l’affût de nouveaux dossiers, continuent de se montrer offensives pour attirer les emprunteurs. En août, pas de grands bouleversements donc, les taux évoluent donc de façon limitée. Mais derrière cette apparente accalmie, un seul bémol : une hausse plus marquée sur les durées longues.
L’OAT à 10 ans, le vrai signal à surveiller
Après avoir relevé ses taux directeurs (les taux d'intérêt qu'elle fixe pour les banques) de 0,25 point mi-juin, la Banque centrale européenne, qui reste toutefois vigilante, a choisi de marquer une pause le 23 juillet. Cette décision, largement anticipée par les marchés, ne change donc pas, à court terme, la donne pour les emprunteurs. Car si la BCE donne le tempo, ce n’est pas elle qui fixe le prix des crédits proposés par les banques.
Le principal point de vigilance se trouve du côté de l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor) français à 10 ans. Cet indicateur mesure le coût auquel l’État français emprunte sur les marchés. Pourquoi est-il si important ? Parce qu'il sert de référence aux banques pour fixer le prix de nombreux crédits de long terme, notamment les prêts immobiliers à taux fixe. Lorsqu'il augmente durablement, le financement des banques devient plus coûteux et elles peuvent être amenées à relever les taux proposés aux nouveaux emprunteurs.
En juillet dernier, il a dépassé le seuil des 4 %, une première depuis juin 2009. Pour le moment, cette remontée ne s’est pas traduite par une hausse généralisée des taux, mais si elle devait s’installer dans la durée, les banques pourraient progressivement la répercuter sur leurs nouveaux crédits.
Le statu quo de la BCE était largement attendu. Pour les emprunteurs, le véritable indicateur à surveiller est l’évolution de l’OAT à 10 ans. Tant que les banques restent dans une logique de conquête, les taux devraient évoluer de manière limitée. En revanche, si l’OAT se maintient durablement autour de 4 %, elles pourraient progressivement répercuter cette hausse dans leurs nouveaux barèmes. Pierre Chapon, CEO et cofondateur de Pretto.
Selon les données de Pretto, les taux moyens observés en août 2026 sont de :
Durée | T1 2026 | T2 2026 | Taux août 2026 |
15 ans | 3,08 % | 3,10 % | 3,33 % |
20 ans | 3,17 % | 3,23 % | 3,44 % |
25 ans | 3,24 % | 3,31 % | 3,52 % |
Sur 15 ans : statu quo sur les taux
Sur cette période, le taux moyen observé en août est de 3,33 %, contre 3,32 % en juillet. L’évolution reste donc très limitée, avec une hausse de seulement 0,02 point en un mois.
À noter : le taux proposé par les banques varie notamment selon le niveau de revenus de l’emprunteur et plus le profil est solide, plus les conditions peuvent être avantageuses.
Revenus nets annuels du foyer avant impôts | Taux moyen indicatif |
Moins de 40 000 € | 3,50 % |
Entre 40 000 et 80 000 € | 3,30 % |
Entre 80 000 et 120 000 € | 3,30 % |
Plus de 120 000 € | 3,20 % |
Prenons l’exemple d’Amir et Elisa, un jeune couple qui souhaite acheter sa première maison. Avec 5 000 € de revenus mensuels à deux et une capacité de remboursement de 1 750 € par mois, ils peuvent emprunter 244 795 € sur 15 ans, avec un taux de 3,50 %.
Cette estimation est réalisée hors assurance emprunteur, frais de garantie et frais de dossier.
Sur 20 ans : une légère remontée
En août, le taux moyen observé pour tous les profils sur 20 ans atteint 3,44 %, contre 3,38 % en juillet. Ce taux reste toutefois une moyenne, il varie en fonction du profil de l'emprunteur, notamment de ses revenus.
Revenus nets annuels du foyer avant impôts | Taux moyen indicatif |
Moins de 40 000 € | 3,60 % |
Entre 40 000 et 80 000 € | 3,50 % |
Entre 80 000 et 120 000 € | 3,40 % |
Plus de 120 000 € | 3,25 % |
Avec un crédit sur 20 ans, Amir et Elisa pourraient emprunter environ 299 617 €, avec une mensualité de 1 750 € et un taux de 3,58 %.
Allonger la durée de cinq ans leur permet ainsi de gagner plus de 50 000 € de capacité d’emprunt... s’ils sont prêts à payer des intérêts pendant une période plus longue.
Sur 25 ans : une hausse plus visible
C'est sur les prêts de 25 ans que la hausse est la plus marquée. En août, le taux moyen atteint 3,52 %, contre 3,41 % en juillet, soit une augmentation de 0,11 point en un mois. Les profils les plus modestes sont les plus touchés, avec un taux moyen qui grimpe jusqu'à 3,70 %.
Revenus nets annuels du foyer avant impôts | Taux moyen indicatif |
Moins de 40 000 € | 3,70 % |
Entre 40 000 et 80 000 € | 3,60 % |
Entre 80 000 et 120 000 € | 3,46 % |
Plus de 120 000 € | 3,30 % |
Sur 25 ans, le profil de l'emprunteur fait une vraie différence. Un foyer gagnant plus de 120 000 € par an bénéficie en moyenne d’un taux inférieur de 0,40 point à celui proposé à un ménage disposant de moins de 40 000 € de revenus annuels.
Pour Amir et Elisa, cette durée leur permettrait d’emprunter environ 345 479 €, avec une mensualité de 1 750 € et un taux de 3,61 %. C’est plus de 100 000 € de capacité d’emprunt supplémentaire par rapport à un crédit sur 15 ans. En contrepartie, ils devront rembourser plus longtemps et le coût total du crédit sera donc plus élevé, les intérêts s’accumulant sur une période plus longue.
Combien emprunter selon la durée en juillet 2026 avec 5 000 € de revenus ?
Durée du prêt | Taux moyen pour des revenus de 40 000 à 80 000 € | Mensualité | Capacité d’emprunt |
|---|---|---|---|
15 ans | 3,30 % | 1 750 € | 244 795 € |
20 ans | 3,50 % | 1 750 € | 399 617 € |
25 ans | 3,60 % | 1 750 € | 345 479 € |
Aujourd’hui, tous les regards se tournent vers la rentrée. À court terme, le scénario privilégié reste celui d’une relative stabilité des taux. Les banques continuent en effet de se livrer une forte concurrence pour attirer les bons dossiers. La situation pourrait néanmoins évoluer à la rentrée si l’OAT française à 10 ans se maintient durablement autour de 4 %. Affaire à suivre...
Questions fréquentes sur les taux
Tout dépend de votre capacité de remboursement et de votre projet. Une durée courte permet généralement d’obtenir un taux plus faible et de limiter le coût total du crédit. Une durée de 20 ou 25 ans réduit en revanche la mensualité ou permet d’emprunter davantage, mais augmente le montant des intérêts.
Les taux directeurs de la BCE influencent surtout le coût de financement des banques à court terme. Pour fixer leurs taux de crédit immobilier, les établissements surveillent davantage les conditions de refinancement à long terme, notamment l’OAT à 10 ans. La pause décidée par la BCE en juillet ne garantit donc pas automatiquement une baisse des taux immobiliers.
À court terme, Pretto anticipe plutôt une relative stabilité des taux immobiliers. Les banques continuent de se livrer concurrence pour attirer les meilleurs dossiers. Une remontée progressive reste toutefois possible si l’OAT française à 10 ans se maintient durablement autour de 4 %, car les établissements pourraient répercuter cette hausse sur leurs nouveaux barèmes.
En août 2026, l’Île-de-France affiche les taux les plus avantageux sur 25 ans, avec un taux ordinaire de 3,49 % et un meilleur taux négocié de 3,10 %. L’écart peut atteindre jusqu’à 60 points de base dans certains territoires, confirmant l’importance du profil emprunteur dans l’accès aux meilleures conditions de crédit.
