Combien emprunter sur 15, 20 ou 25 ans en mai 2026 ?
Mis à jour le 7 mai 2026
Taux du marché observés par Pretto.
Après plusieurs mois d’ajustements, le marché du crédit entre dans une phase d’accalmie en mai. Les taux évoluent à la marge, entre -0,02 et +0,05 point selon les profils, confirmant la stabilité observée en avril, malgré un contexte économique toujours incertain. Mais d’une banque à l'autre, les stratégies commerciales divergent avec des conséquences différentes pour les acheteurs. On fait le point.
Des taux stables… mais un match serré entre banques
À première vue, les taux immobiliers ont très peu évolué et la capacité d’emprunt des acheteurs reste globalement inchangée. Une variation de 0,01 point n’a finalement qu’un effet marginal sur le montant que vous pouvez emprunter.
En moyenne, voici les taux observés par Pretto en mai 2026 :
- 3.27% sur 15 ans
- 3.42% sur 20 ans
- 3.50% sur 25 ans
Derrière cette moyenne se cache une situation plus contrastée : les politiques bancaires divergent. Certaines banques remontent légèrement leurs barèmes, par prudence. D’autres font le chemin inverse pour attirer de nouveaux clients.
Un exemple concret :
- le Crédit Agricole Île-de-France a relevé ses taux d’environ 0,10 point. Une approche défensive, qui vise à préserver les marges en cas de tension sur les marchés.
- à l’inverse, le CCF a revu ses taux à la baisse, avec des diminutions comprises entre 0,10 et 0,25 point selon les profils.
Ce jeu de yo-yo change une chose essentielle pour les emprunteurs : comparer n’a jamais été aussi utile.
Sur 15 ans : jouer la sécurité… au prix d’un budget plus serré
Sur 15 ans, les taux sont pratiquement les mêmes que le mois dernier. Les emprunteurs peuvent espérer décrocher un taux de 3,27% (tous profils confondus). Une variation de 0,01% en moyenne selon les profils par rapport à avril.
Les profils les plus solides, avec plus de 80 000 € de revenus annuels, peuvent viser des conditions proches de 3,20 %. Les profils plus modestes (moins de 40 000€ par an) se situent plutôt vers 3,35 %.
Prenons Raphaël et Anna. Ils gagnent ensemble 5 000 € par mois et peuvent consacrer 1 750 € à leur crédit. Avec un taux à 3,25 % sur 15 ans, leur capacité d’emprunt atteint environ 249 050 €, soit le même montant qu’en avril.
Avec ce budget, ils peuvent envisager l’achat d’une maison de 70m2 à Strasbourg ou d’un appartement de 100m2 à Grenoble, selon les prix observés par MeilleursAgents en avril 2026.
Une durée courte permet de limiter le coût total du crédit, mais réduit mécaniquement le montant empruntable.
Sur 20 ans : le bon compromis ?
Sur 20 ans, les taux s’établissent autour de 3,42 % en moyenne, contre 3,41% en avril. L’évolution est donc quasi imperceptible. Les meilleurs profils peuvent descendre autour de 3,31 %, tandis que les profils plus modestes se situent plutôt autour de 3,49 %.
Avec les mêmes revenus et la même mensualité, Raphaël et Anna peuvent obtenir un taux à 3,45 %. Leur capacité d’emprunt grimpe alors à environ 303 086 €.
Avec ce budget, ils peuvent envisager l’achat d’un appartement de 90m2 à Lille ou d’une maison de 95m2 à Dijon, selon les prix observés par MeilleursAgents en avril 2026.
Sur 25 ans : toujours plus de levier, mais un coût plus élevé
Sur 25 ans, les taux atteignent en moyenne 3,50 %. C’est sur cette durée que les écarts entre profils sont les plus marqués. Les meilleurs dossiers peuvent obtenir autour de 3,39 %, contre environ 3,59 % pour les revenus plus modestes.
Avec une mensualité de 1 750 € et un taux à 3,51%, Raphaël et Anna pourront emprunter environ 349 807 €, soit plus de 100 000€ de plus que sur 15 ans.
Combien emprunter selon la durée en mai 2026 avec 5000€ de revenus ?
Durée du prêt | Taux moyen (40-80k€) | Mensualité | Capacité d’emprunt |
15 ans | 3,25 % | 1 750 € | 249 050€ |
20 ans | 3,45 % | 1 750 € | 303 086€ |
25 ans | 3,51 % | 1 750 € | 349 807€ |
Questions fréquentes sur les taux
Selon les analyses de Pretto, plusieurs scénarios sont envisagés. En cas de tensions persistantes et d’inflation légèrement plus élevée, les taux pourraient progressivement remonter, pour se situer autour de 3,55 % à 4 % sur 20 ans.
Dans ce contexte, attendre une baisse franche des taux reste incertain. Le marché semble davantage s’orienter vers une phase d’équilibre, avec des variations modérées selon la conjoncture économique et les décisions de la Banque centrale européenne.
Un scénario au-delà de 4 % paraît peu probable, sans être totalement exclu. Les hypothèses de forte hausse restent toutefois à nuancer. Les taux immobiliers ne suivent plus automatiquement les taux obligataires, et les banques cherchent encore à capter des clients, ce qui limite les variations trop rapides.
Les banques orientent leurs offres en fonction des clients qu’elles souhaitent attirer. Certaines ciblent les jeunes actifs, d’autres les profils à hauts revenus.
Le taux proposé dépend ensuite de nombreux critères propres à chaque emprunteur : niveau de revenus, stabilité professionnelle, apport, âge ou encore durée du prêt. Tous ces éléments permettent aux banques d’ajuster leurs conditions et de se positionner de manière plus compétitive sur les profils qu’elles privilégient.
Publié le 7 mai 2026
