La BCE relève ses taux directeurs, une mauvaise nouvelle pour les taux immobiliers ?

Mis à jour le 5 septembre 2026
3,20 %
Stable
Meilleur taux PrettoTop 10% des dossiers négociés par nos courtiers
3,23 %
Stable
Taux moyen pratiquéMoyenne des taux prévisionnels de ce mois-ci
3,45 %
Stable
Taux barèmeAffiché par les banques avant toute négociation
Simuler mon prêt
  • En 3 min
  • Sans engagement

Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.

Sans surprise, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ce jeudi 10 septembre ses trois taux directeurs de 0,25 point - une deuxième hausse depuis juin. Sur le papier, la nouvelle a des airs de mauvais présage pour le crédit immobilier, alors que l'OAT 10 ans (Obligation Assimilable du Trésor, le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés pour se financer à long terme) atteint actuellement des niveaux jamais vus depuis près de 20 ans. Mais l’impact de cette décision sur les taux des banques françaises pourrait être bien plus limité qu’il n’y paraît. Car sur le marché immobilier, le véritable signal à surveiller est ailleurs : l’OAT à 10 ans, qui avait déjà pris les devants dès cet été et continue de peser sur les barèmes des banques.

Une deuxième hausse après des années de vaches maigres pour les banques

On avait presque fini par s’y habituer. Réunion après réunion, la BCE baissait ses taux directeurs pour desserrer progressivement l’étau sur le crédit après le choc de 2022-2023. Mais en juin dernier, changement d’ambiance : la Banque centrale européenne a annoncé une hausse de ses taux. Et le 10 septembre, elle récidive avec une deuxième hausse de 0,25 point, sans véritable surprise pour les professionnels. 

Mais pourquoi la BCE remet-elle un coup de frein alors qu’elle avait commencé à relâcher la pression ? Parce que l’inflation est revenue jouer les trouble-fêtes. 

L’institution de Francfort l’explique elle-même : “Le conflit au Moyen-Orient continue de générer des tensions sur l'inflation, qui devrait rester largement supérieure à l'objectif pendant une période prolongée.”

Et les chiffres donnent du poids à cette inquiétude. En août 2026, l’inflation énergétique a bondi à 16,7 % sur un an, contre 12,6 % en juillet, selon l’INSEE. La hausse des prix des carburants a pesé lourd dans la balance. Et le problème pour la BCE, c’est que ce qui commence par une flambée du pétrole peut finir par se diffuser au reste de l’économie : transport, production, biens de consommation… Son objectif est donc d’éviter que ce choc énergétique ne s’installe durablement et ne relance une inflation plus générale.

Mais (et c’est là que le tableau devient un peu plus nuancé) tout ne flambe pas pour autant. L’inflation dans les services recule à 3 % et l’inflation sous-jacente, qui exclut notamment l’énergie et l’alimentation, continue elle aussi de s’inverser.

Doit-on s’attendre à une flambée des taux ? 

“Je vais être transparent, les taux augmentent petit à petit…” Voilà une remarque qu’on a justement entendue aujourd’hui dans nos bureaux, de la bouche des experts crédit de Pretto.

Pour faire simple, le taux de dépôt de la BCE agit sur le coût de l’argent à très court terme entre la banque centrale et les banques commerciales. L’OAT à 10 ans, elle, donne aux banques une indication du prix auquel elles peuvent se financer sur le long terme. Si ce dernier augmente, elles en tiennent compte pour fixer les taux des crédits immobiliers qu’elles proposent à leurs clients.

Et justement, l’OAT n’a pas attendu pour grimper. Elle était déjà passée de moins de 3,6 % fin juin à plus de 4,42% - un pic atteint ce 10 septembre. Autrement dit, les marchés avaient déjà largement intégré les tensions inflationnistes et le risque de nouvelles hausses avant même la dernière décision de la BCE. 

La bonne nouvelle, c’est qu’on est loin du scénario catastrophe. Pour l’instant, on parle plutôt d’une remontée progressive. Mais si l’OAT continue de grimper, ou reste durablement autour de 4,3-4,4 %, les taux immobiliers pourraient, eux aussi, se rapprocher des 4 % (en tout cas pour certains profils). 

Aujourd’hui, les meilleurs profils continuent par ailleurs de décrocher des offres promotionnelles, notamment chez les primo-accédants. Bien entendu, tout dépendra également de la politique commerciale de chaque banque et du profil de l’emprunteur, notamment de ses revenus.  

Questions fréquentes

  • Pas automatiquement. La BCE agit surtout sur les conditions monétaires à court terme, tandis que les banques fixent leurs taux immobiliers en fonction de plusieurs paramètres, notamment leurs propres coûts de financement et les taux de marché à long terme.

  • La question mérite d'être posée dossier par dossier plutôt que tranchée dans l'absolu. Si votre projet est prêt, attendre pour économiser quelques dixièmes de point fait rarement gagner grand-chose, surtout face au risque de voir les prix de l'immobilier ou les conditions bancaires évoluer entretemps.

  • Parce qu’elle donne une indication du coût du financement à long terme. Une banque qui prête sur 20 ou 25 ans ne peut pas raisonner uniquement avec un taux directeur qui concerne principalement le court terme.

    L’OAT n’est toutefois pas le taux auquel votre banque vous prête. C’est un indicateur de marché parmi d’autres.

  • La BCE elle-même prévoit un reflux progressif de l'inflation à 2,5 % en 2027 puis 2,1 % en 2028, ce qui laisse penser que ce cycle de hausses restera limité si le choc énergétique s'atténue. Tout dépendra de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et du prix du baril dans les prochains mois.

Charlotte Papin
Pierre Chapon
Écrit par relu par
Publié le , mis à jour le - 4 min de lecture