Les prix de l'immobilier vont-ils baisser avec la hausse des taux ?
Mis à jour le 22 juin 2026
Taux du marché observés par Pretto.
Le 11 juin dernier, la Banque Centrale Européenne (BCE) a relevé ses taux de 0,25 point, une première depuis 2023. Une décision qui fait suite au retour de l'inflation dans la zone euro, alimenté par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Malgré l’accord trouvé entre les États-Unis et l’Iran, les Français se préparent donc à une remontée des taux dans les prochaines semaines. Mais si emprunter coûte plus cher, les prix de l'immobilier vont-ils finir par baisser ? Pas forcément. On vous explique pourquoi.
Alors que les taux faisaient le yoyo depuis le début de l'année, le statu quo touche à sa fin et la décision de la BCE pourrait changer la donne dans les prochaines semaines.
Reprenons depuis le début. La BCE s’était fixé pour objectif de maintenir l'inflation autour de 2 %. Sauf qu’en mai 2026, sous l’effet de la guerre en Iran et de la flambée des prix de l’énergie depuis février, elle a grimpé jusqu’à 3,2 % sur un an dans la zone euro.
Alors pour tenter de ralentir cette hausse, la BCE a choisi le 11 juin de relever ses taux directeurs (les taux auxquels les banques empruntent de l'argent auprès d'elle. ). Et lorsque les banques paient plus cher pour se financer, elles ont tendance à répercuter cette hausse sur les crédits qu'elles accordent aux particuliers. Si les effets ne sont pas immédiats, cette augmentation pourrait progressivement se répercuter sur les taux dans les prochaines semaines.
Et pour les acheteurs, l'équation est simple, à budget égal, ils peuvent acheter moins, ce qui oblige de nombreux acheteurs à revoir leurs ambitions.
Une hausse des taux garantit-elle la baisse des prix ?
Dans cette configuration, on pourrait naturellement penser que si les Français peuvent moins emprunter, la demande devrait diminuer, et avec elle, les prix. C’est le principe de l’offre et de la demande.
D’ailleurs l'année 2023 illustre parfaitement le mécanisme. À l’époque, le taux moyen sur 20 ans est passé de 2,70 % à 4,35 % (selon les données Pretto), soit une hausse de 1,65 point sur un an. Dans le même temps, les prix des logements anciens ont reculé de 3,9 % sur l’année 2023, selon les chiffres des Notaires de France.
Mais il faut garder en tête que ce mouvement est généralement très progressif… inutile d’attendre le mois prochain en espérant négocier 20 000 € de moins sur l’appartement coup de cœur.
Car même si les vendeurs savent dans quel marché ils vendent, ils ne sont pas tous enclins à baisser immédiatement leurs prix. Ils attendent, observent le marché, puis ajustent progressivement leurs prétentions si les visites se raréfient.
Les prix vont-ils vraiment baisser en 2026 ?
La situation actuelle présente certaines similitudes avec celle observée en 2023, mais plusieurs éléments distinguent le contexte actuel :
- les taux actuels (3,47 % sur 20 ans) restent encore très loin des sommets atteints fin 2023 ;
- l'offre de logements demeure insuffisante dans de nombreuses villes, ce qui limite les risques de forte correction des prix dans ces secteurs;
- les prix sont plus bas, après avoir bondi de 10,3 % entre 2020 et 2022 après la la crise sanitaire (selon les données de MeilleursAgents).
- les prix ont déjà connu un ajustement ces derniers mois. Depuis le début de l'année 2026, l'Indice des Prix Immobiliers (IPI) a reculé de 0,4 %.
Une baisse des prix ou tout au moins une augmentation des marges de négociation reste donc possible dans certains secteurs, notamment là où la demande est plus fragile.
En revanche, un recul franc et généralisé comparable à celui observé en 2023 paraît moins probable, même si dans le contexte économique et géopolitique actuel, il reste difficile d'anticiper avec certitude l'évolution des prix immobiliers.
Questions fréquentes sur les taux
Non, les banques ajustent progressivement leurs barèmes en fonction de leur coût de financement et de la concurrence sur le marché. Les effets de la décision de la BCE peuvent donc mettre plusieurs semaines à se faire sentir. Certaines banques peuvent également choisir d'absorber la hausse pour conserver leurs clients.
Tout dépendra principalement de l'évolution de l'inflation et des prochaines décisions de la BCE. Si les tensions inflationnistes persistent, de nouvelles hausses de taux directeurs restent possibles.
Une hausse des taux de la BCE ne signifie pas une hausse équivalente des taux immobiliers. Les banques disposent d'une certaine marge de manœuvre et n'appliquent pas systématiquement les décisions de la Banque centrale à l'euro près.
