Crédit immo : les 5 événements qui pourraient faire basculer les taux

Mis à jour le 18 octobre 2026
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Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.

Si vous suivez un peu l’actualité financière de ces derniers temps, vous avez sans doute remarqué que les taux poursuivent leur remontée. Il faut dire que le contexte économique et géopolitique est relativement troublé en ce moment. En plus de ça, plusieurs événements pourraient bien accélérer la hausse dans les prochains mois. Inflation, décisions de la Banque Centrale Européenne, budget de l’Etat français… on fait le point sur les 5 rendez-vous à surveiller de près. 

#1 La météo de l’inflation française

Premier rendez-vous, tout juste passé : le 15 octobre. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié les chiffres définitifs de l’inflation du mois de septembre. On le sait, depuis plusieurs mois, l’inflation repart à la hausse, alimentant au passage l'inquiétude des marchés financiers. 

Verdict : une hausse des prix de 3,1 % sur un an en septembre (contre 3 % dans l’estimation provisoire du 30 septembre), après 2,4 % en août. La faute à l’accélération des prix de l’énergie (+21,3 % sur un an en septembre, contre +16,7 % en août), elle-même expliquée par la guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz depuis février dernier. 

Prochaine date à cocher dans votre agenda : le 30 octobre, avec la première estimation de l’Insee pour octobre (les chiffres définitifs suivront le 13 novembre). Tout l’enjeu sera de savoir si le thermomètre continue de grimper ou si la fièvre retombe enfin.

Concrètement, quel rapport avec le taux de mon futur crédit immobilier ? Pour faire simple, quand l’inflation repart à la hausse, les taux de marché ont tendance à suivre la même trajectoire. Cela incite aussi la Banque centrale européenne (BCE) à relever ses taux directeurs (le taux auquel elle prête de l'argent aux banques commerciales) même si la BCE regarde l’ensemble de la zone euro, au-delà des frontières françaises. À l’inverse, si les chiffres publiés se voulaient plus rassurants, ils pourraient favoriser une détente des taux.

#2 La prochaine réunion de la BCE

Fin du mois, tous les regards seront tournés vers Francfort. Les 28 et 29 octobre, la BCE s’y réunira et annoncera (ou pas) une nouvelle hausse de ses taux directeurs. 

Pour mémoire, lors de sa réunion de politique monétaire des 9 et 10 septembre 2026 à Berlin, le Conseil des gouverneurs de la BCE, motivé par la hausse de l’inflation, avait décidé de relever ses trois taux d'intérêt directeurs de 25 points de base. Une nouvelle hausse, combinée à celle de l’OAT, pourrait fortement peser sur les conditions de financement d'ici la fin de l'année.

#3 Le feuilleton du budget français 

Autre épisode à suivre avec attention, mais chez nous cette fois : le projet de loi de finances 2027. Déposé le 1er octobre, le texte est actuellement examiné à l’Assemblée nationale, qui dispose de 40 jours pour se prononcer en première lecture. Au total, le Parlement a 70 jours pour l’adopter : de ces débats émergera, espérons-le, un budget pour la France. 

Sans budget voté dans les temps, une nouvelle hausse des taux pourrait se profiler. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé le 7 octobre, sur France Inter, Emmanuel Moulin, le gouverneur de la Banque de France : “Il est très important pour rassurer les marchés et pour rassurer les Français d’avoir un budget d’ici la fin de l’année”. À l’inverse, un budget rapidement voté et jugé crédible pourrait contribuer à rassurer les marchés, et donc à stabiliser les taux.

#4 L’effet papillon des midterms aux Etats-Unis

Traversons un instant l’Atlantique pour une autre échéance très attendue : les midterms, ou élections de mi-mandat, aux Etats-Unis. À première vue, difficile de voir le rapport entre les élections américaines et le taux de votre futur crédit immobilier. Pourtant, la politique américaine donne souvent le ton sur les marchés mondiaux.

Depuis l’élection de Donald Trump, les relations internationales sont rarement un long fleuve tranquille, ce qui entretient l’incertitude chez les investisseurs. Et le poids de l’économie américaine fait le reste... ses accélérations comme ses coups de frein se répercutent sur les échanges, la consommation et l’investissement à l’échelle mondiale. 

Le 3 novembre, les Américains renouvelleront donc l’ensemble de leur Chambre des représentants et un tiers environ du Sénat. Le résultat déterminera la majorité qui siégera au Congrès et impactera donc la capacité du président américain à faire adopter ses projets.

#5 La dernière réunion 2026 de la BCE

Si beaucoup d’experts s’accordent à dire que la réunion d’octobre de la BCE ne devrait pas être déterminante, celle des 16 et 17 décembre pourrait peser bien davantage. La BCE aura alors entre ses mains les nouvelles projections économiques de l’Eurosystème, jusqu’en 2028, avant de trancher.

Pour rappel, dans ses projections macroéconomiques de septembre 2026, l’institution européenne tablait sur une inflation moyenne de 3 % en 2026 et 2,5 % en 2027. L’ajustement de ces prévisions devrait donc donner la tendance (sachant que le Graal visé reste la barre des 2 %). Et surtout, l’enjeu de cette dernière réunion de l’année 2026 dépassera les dernières semaines de décembre, puisqu’elle influencera les conditions de crédit pour l’année 2027.

Questions fréquentes sur les taux

  • Non, les taux immobiliers ne suivent pas mécaniquement les décisions de la BCE. Ses taux directeurs influencent surtout le coût de l’argent à court terme. Pour fixer leurs barèmes, les banques tiennent aussi compte de leurs coûts de financement à long terme, dont l’OAT à 10 ans constitue un indicateur, et de leur politique commerciale. Une hausse de 0,25 point des taux de la BCE ne signifie donc pas que votre futur crédit augmentera d’autant.

  • Chaque banque dispose de ses propres ressources, objectifs de production et critères d’analyse des dossiers. Certaines peuvent accepter une marge plus faible pour attirer de nouveaux clients, tandis que d’autres privilégient leur rentabilité. Même lorsque les taux remontent, et même surtout dans ce cas, comparer les offres conserve donc tout son intérêt.

  • Oui, des taux à 4% fin 2026, c’est un scénario possible pour certaines durées ou certains profils, mais pas une certitude ni un seuil qui s’appliquerait à tous les emprunteurs. L’évolution dépendra notamment de l’inflation, des décisions de la BCE et des tensions sur la dette française. 

Ingrid Servaes
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