Les taux immobiliers pourraient-ils atteindre 4 % d’ici fin 2026 ?

Mis à jour le 20 septembre 2026
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Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.

Emprunter va-t-il coûter plus cher dans les prochains mois ? C’est la crainte de nombreux acheteurs alors que les taux remontent progressivement vers le seuil symbolique des 4%. Alors jusqu’où ira la hausse ? Si la tendance concerne tout le monde, chaque profil conserve sa marge de manœuvre. 

Taux à 4% : pourquoi le scénario se précise ?

Depuis le début de l’année 2026, les taux immobiliers jouent au yo-yo, avec chaque mois une légère tendance à la hausse. Souvenez-vous, fin 2025, tout le monde restait plutôt optimiste quant aux perspectives de l’année 2026. Au printemps encore, on espérait une année enfin favorable pour les emprunteurs jusqu’à ce que les tensions internationales prolongées ne viennent fortement assombrir la météo de la rentrée. Avec cette petite tendance à la hausse mois après mois, voir les taux franchir le cap des 4% d’ici décembre semble une issue plutôt crédible. 

Alors pour anticiper ces variations, les experts scrutent toujours un indicateur en particulier : la fameuse OAT à 10 ans (Obligation Assimilable du Trésor, c’est-à-dire le taux auquel la France emprunte sur les marchés). Et les tensions au Moyen-Orient depuis février 2026 n’y sont pas pour rien. Elles poussent le prix du pétrole vers le haut, relançant l’inflation et ralentissant la croissance, tout particulièrement en Europe. Ensuite, la politique du président Donald Trump, dont les incertitudes font grimper la pression à l’approche des élections américaines de mi-mandat de novembre. Cet enchaînement de facteurs crée un véritable vent de nervosité sur les marchés. 

Autant dire que la fièvre monte car, selon l’Agence France Trésor, l’OAT a franchi le cap symbolique des 4,6% (4,65 % précisément) ce vendredi 25 septembre. 

D’accord, mais quel rapport entre le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés et votre projet d’achat d’un T2 à Lyon ? Pour accorder des prêts aux particuliers, les banques viennent se financer sur les marchés financiers, à un coût proche de l’OAT 10 ans. Si leur propre facture d'emprunt augmente, elles ont naturellement tendance à relever leurs barèmes pour préserver leur marge.  Fort heureusement, les banques ne se basent pas uniquement sur l’OAT : leur marge et le risque client entrent aussi en ligne de comptes dans la définition des taux. C’est pourquoi la hausse devrait toucher en premier lieu les profils les plus “à risque” : les prêts sur 25 ans et les emprunteurs aux revenus les plus modestes. 

Taux à 4% : quelle conséquence réelle sur votre capacité d’emprunt ?

Quelques dixièmes de point supplémentaires peuvent sembler anodins sur le papier, mais sur le terrain, à mensualité identique, c’est autant de pouvoir d’achat qui s’envole et parfois plusieurs milliers d’euros de budget en moins pour un emprunteur.

Revenons un peu en arrière : en septembre 2025, les taux moyens s’établissaient à 3,12% sur 15 ans, 3,23% sur 20 ans et 3,33% sur 25 ans. Un an plus tard, ils atteignent respectivement 3,43%, 3,54% et 3,61%, soit une progression de 0,28 à 0,31 point selon la durée.

Le seuil des 4% est bien sûr très symbolique, mais il a aussi des conséquences bien concrètes sur chaque projet. Prenons l’exemple de Nadia et William, qui souhaitent acheter leur première maison d’ici la fin de l’année. Avec un budget de 1 500 € par mois sur 25 ans pour rembourser leur crédit, la hausse des taux a déjà diminué leur capacité d’emprunt depuis un an, mais quel serait l’impact d’un probable taux à 4% sur leur projet ?

Septembre 2025

Septembre 2026

Décembre 2026

Capacité d’emprunt

305 200 € (3,33%)

296 100 € (3,61%)

284 200 € (4%)

Simulations pour un prêt à taux fixe, à mensualité constante de 1 500 €, hors assurance et frais.

Sur 25 ans, Nadia et William auraient pu emprunter environ 9 000 € de plus en septembre 2025 qu’en septembre 2026. Si leur taux atteignait 4% d’ici décembre 2026, leur capacité d’emprunt diminuerait encore de près de 12 000 €. Au total, le couple disposerait d’une enveloppe réduite d’environ 21 000 € par rapport à septembre 2025, soit l’équivalent de 4m2 à Lyon, Nice ou Nanterre : une différence qui pourrait obliger ces jeunes emprunteurs à revoir leur budget, à ajuster leurs critères ou à augmenter leur apport s’ils le peuvent. 

Fin 2026 : pourra-t-on encore obtenir de bonnes conditions ?

Alors faut-il abandonner tout projet d’achat dans les prochains mois ? Bien sûr que non. 

Au-delà du taux affiché, tout n’est pas joué. En cette fin d’année, de nombreuses banques doivent encore boucler leurs objectifs de production de crédit. Et pour les atteindre, elles restent prêtes à faire des efforts, en particulier sur les profils aux revenus stables et les primo-accédants. Les offres ciblées devraient ainsi perdurer, le tout sera de réussir à les dénicher et à les comparer. Certes, vous ne pouvez agir sur l’OAT ou le contexte international, mais il reste possible d’obtenir un meilleur taux que le marché en justifiant d’un apport et d’une épargne suffisante, en préparant votre dossier et en faisant jouer la concurrence entre les banques. 

Les prochains mois pourraient aussi rebattre les cartes, notamment avec l’élection présidentielle en France, durant laquelle le logement pourrait occuper une place importante dans les débats. Et pour les emprunteurs qui auraient signé à un taux élevé, ils pourraient profiter d’une baisse future pour tenter de renégocier leurs conditions de prêt. 

Questions fréquentes sur les taux

  • Chaque banque fixe ses taux selon ses coûts de financement, ses objectifs commerciaux et les profils qu’elle souhaite attirer. Un même dossier peut donc obtenir des conditions différentes d’un établissement à l’autre. Comparer plusieurs offres permet de repérer la plus avantageuse, en tenant compte du taux, mais aussi de l’assurance et des frais.

  • Cela pourrait assouplir les conditions de prêt, mais ne criez pas victoire trop vite : la baisse ne se répercutera ni automatiquement, ni du jour au lendemain.  Les banques tiennent également compte des taux longs, du coût de leurs ressources, de leurs marges et de leurs objectifs commerciaux pour fixer leurs barèmes. 

  • Oui, une baisse des taux peut permettre de négocier de meilleures conditions auprès de votre banque ou de faire racheter votre crédit par un autre établissement. L’opération de renégociation doit toutefois être avantageuse après prise en compte des frais. Son intérêt dépend notamment de l’écart de taux, du capital restant à rembourser et de la durée restante du prêt.

Ingrid Servaes
Pierre Chapon
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Publié le , mis à jour le - 5 min de lecture