Guerre en Iran : faut-il craindre un impact sur le marché immobilier (et les taux) ?



Pour l’instant, les marchés financiers restent mesurés face à la guerre en Iran et n’anticipent pas de choc majeur sur les taux immobiliers. La montée des tensions au Moyen-Orient ravive malgré tout les inquiétudes économiques, et une question revient chez les acheteurs : faut-il revoir ses projets immobiliers face au risque de hausse potentielle des taux ?
Un contexte international particulièrement instable
Samedi 28 février, l’escalade militaire au Moyen-Orient a franchi un nouveau cap, avec le déclenchement de frappes israélo-américaines contre l’Iran, qui ont donné lieu à des ripostes de la part du régime iranien, ciblant des bases armées situées dans les pays du Golfe. De quoi alimenter un climat d’incertitude à la fois diplomatique et budgétaire.
Cette guerre "porte et portera son lot d'instabilité et d'embrasement possible à nos frontières", a indiqué le lundi 02 mars, Emmanuel Macron lors d'un discours prévu de longue date, au sujet de la guerre au Moyen-Orient. Dans ce contexte, le président français a notamment annoncé une hausse du nombre de têtes nucléaires dans l'arsenal français et le passage à une dissuasion "avancée". Un tournant historique, qui pourrait peser à long terme sur les finances publiques des pays concernés.
Dans ce climat tendu, les marchés financiers réagissent déjà, essentiellement par peur de l'inflation. Et pour celles et ceux qui envisagent un achat immobilier, la question est immédiate : va-t-on connaître une flambée des taux comme ce fut le cas au début de la guerre en Ukraine ? Souvenez-vous, en 2022, lorsque le conflit a éclaté, les marchés avaient fortement réagi, dans un contexte d’inflation déjà élevée et de resserrement monétaire rapide de la Banque centrale européenne. Les taux immobiliers avaient alors amorcé une hausse durable.
L’OAT repart à la hausse : un signal à surveiller
L’OAT 10 ans (obligation assimilable du Trésor) est le premier indicateur à observer pour mesurer l’impact potentiel sur les taux immobiliers. Il s’agit du taux auquel l’État français emprunte sur 10 ans auprès des investisseurs. Indirectement, il influence le coût de financement des banques… et donc les taux de crédit.
Le 5 mars, l’OAT se situait à 3,40 % (source : Investing.com), alors qu'il était encore à 3,24 % (son plus bas niveau depuis six mois) deux jours auparavant. Cette volatilité est sans nulle doute la conséquence directe du récent contexte géopolitique, même si la réaction des marchés reste mesurée.
Clairement, l’immobilier ne réagit pas directement à un conflit, mais aux conséquences économiques potentielles : une tension géopolitique agit d’abord sur l’énergie, puis sur l’inflation et les taux longs, l’immobilier se retrouvant en bout de chaîne. La remontée récente de l’OAT montre que le canal obligataire reste sensible au contexte international, ce qui peut influencer la politique de taux des banques, même si, à ce stade, on parle plutôt d’un frémissement que d’un changement de cycle.
- tensions sur les prix de l’énergie, en raison des perturbations de l'approvisionnement,
- éventuelle crise inflationniste,
- hausse des taux longs sur les marchés obligataires,
- hausse des taux d’intérêt immobiliers.
C’est cette chaîne de transmission qu’il faut observer pour comprendre les enjeux réels.
Des taux qui restent, pour l’instant, stables
Sur le terrain, les signaux restent pourtant rassurants.
En mars, les taux immobiliers reculent légèrement, de -0,04 à -0,15 point selon les durées et les profils. Le taux moyen constaté par Pretto s’établit à 3,29 % sur 20 ans (contre 3,40 % en février).
Cette relative stabilité s’explique par plusieurs facteurs :
- Les banques disposent de liquidités significatives.
- Le crédit immobilier reste un produit stratégique pour attirer de nouveaux clients (épargne, assurance, services bancaires).
- Leurs objectifs de production pour 2026 sont orientés à la hausse.
Dans ce contexte d’incertitude, les ajustements peuvent aussi passer par d’autres leviers. Il est ainsi possible que certaines banques resserrent légèrement leurs critères d’octroi avant même d’augmenter les taux.
Dans un climat incertain, l’envie de temporiser est légitime... Mais aujourd’hui, les taux restent maîtrisés et la concurrence entre banques reste active, notamment pour les profils solides. Plus que l’actualité internationale, c’est la qualité de votre préparation et de votre accompagnement qui fera la différence pour bâtir votre projet d’achat.
Questions fréquentes sur le marché en 2026
L’OAT 10 ans correspond au taux auquel l’État français emprunte. Elle sert de référence indirecte au coût de financement des banques. Si elle monte fortement et durablement, les taux immobiliers peuvent suivre.
Le “bon moment” dépend avant tout de votre situation personnelle : stabilité professionnelle, niveau d’apport, capacité d’endettement. Attendre uniquement pour des raisons géopolitiques peut conduire à différer un projet sans garantie d’amélioration des conditions.
En période d’incertitude, les banques deviennent parfois plus sélectives. Mais en ce début 2026, leurs objectifs de production sont ambitieux. Elles restent en phase de conquête, notamment pour les profils stables et bien préparés.
Un ralentissement temporaire est envisageable si une partie des acheteurs adopte une posture attentiste. En revanche, les besoins structurels de logement ne disparaissent pas en période de tensions internationales.
Oui, indirectement. Si la France et d’autres pays européens augmentent durablement leurs budgets de défense, cela peut accroître leurs besoins de financement, et donc exercer une pression à la hausse sur les taux obligataires, notamment l’OAT 10 ans.


