Pourquoi la baisse des taux fait (déjà) grimper les prix de l’immobilier ?


Catherine Brezeky
Photo de Aurore Fontaine
Pierre Chapon
Écrit par édité par relu par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture
Graphique à barres avec flèche rouge en chute, illustrant des prix qui grimpent et des taux de crédit immobilier qui baissent

Les prix de l'immobilier ancien repartent à la hausse : +0,5 % au premier trimestre 2025 selon l'INSEE et les Notaires de France. Paradoxalement, c'est la baisse des taux qui en est responsable. En rendant le crédit plus accessible, elle relance la demande des acheteurs, ce qui pousse mécaniquement les prix vers le haut. Voici pourquoi.

Les prix de l’immobilier ont-ils vraiment rebondi en 2025 ?

Après une longue glissade de six trimestres consécutifs (Source Notaires de France), les prix de l’immobilier ancien repartent à la hausse. Certes, la remontée est encore modérée, mais bien réelle : +0,5 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024, selon l’Insee et les notaires. Le marché reprend doucement son souffle… et son inflation. Au grand dam des acheteurs qui auraient aimé que la baisse dure plus longtemps.

Même son de cloche du côté du baromètre LPI-iad de fin mai 2025 : les prix augmentent de 1,2 % sur l’année. Et les maisons séduisent de plus en plus, avec une hausse des prix de 2 % à elles seules. Moralité : le mouvement est enclenché.

Pourquoi la baisse des taux fait grimper les prix ?

Vous vous dites : « Attendez… les taux baissent, donc c’est censé être plus facile d’acheter, non ? Pourquoi les prix remontent ? » La réponse tient en un mot : la demande.

Historiquement, il existe une relation inverse entre les taux d’emprunt et les prix au mètre carré. Quand les taux de crédit immobilier chutent (de 4,2 % à un peu plus de 3 % en 18 mois), les projets d’achat remontent en flèche. Plus les taux sont bas, plus les mensualités sont douces, et plus les ménages peuvent emprunter. Résultat : le pouvoir d’achat immobilier grimpe, et avec lui… la demande. Une mécanique bien huilée qui finit, fatalement, par faire grimper les prix.

Cette dynamique se confirme dans les chiffres des ventes : sur les quatre premiers mois de 2025, les acquisitions dans l’ancien ont bondi de 9,6 % en glissement annuel, selon LPI-iad. Et ce n’est sans doute pas fini : la Banque centrale européenne a encore abaissé ses taux le 5 juin, de 25 points de base (soit 0,25 %). Un repli qui devrait inciter les banques à baisser également leurs taux…

Alors, est-ce le moment de vendre ?

Vous songez à passer à l’acte ? C’est le bon timing ! La baisse des taux a redonné de l’élan aux primo-accédants, ces ménages jeunes ou modestes qui avaient dû mettre leurs projets en pause pendant la flambée des taux de 2022-2023. Aujourd’hui, les banques les courtisent à nouveau. Certaines proposent même des prêts bonifiés pour compléter le prêt à taux zéro (PTZ) . Et qui dit acheteurs plus nombreux, dit ventes plus rapides… et à des prix plus intéressants.

C’est aussi le bon moment pour les investisseurs. Des taux bas signifient des mensualités plus faibles et donc une rentabilité locative améliorée. Plus d’investisseurs sur le marché, c’est aussi plus de concurrence sur les biens locatifs, et donc des prix qui grimpent, surtout dans les villes où la demande de location est déjà tendue. Bref, que vous envisagiez de vendre une résidence principale ou un bien locatif, l’heure est bien propice à la revente.

Difficile de s’y retrouver dans ce marché en mouvement ? Chez Pretto, nos experts vous aident à y voir clair, que vous soyez primo-accédant ou investisseur aguerri. On vous aide à avancer, même dans un marché qui change de cap.

FAQ

  • Quand les taux baissent, les ménages peuvent emprunter plus pour le même budget mensuel. La demande d'achat repart à la hausse, et les vendeurs en profitent pour ajuster leurs prix à la hausse. C'est la loi de l'offre et de la demande appliquée à l'immobilier.

  • Oui. Selon l'INSEE et les Notaires de France, les prix de l'immobilier ancien ont augmenté de +0,5 % au premier trimestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Le baromètre LPI-iad confirme cette tendance avec +1,2 % sur un an fin mai 2025. La reprise est amorcée, même si elle reste modérée selon les régions.

  • Le contexte est favorable aux vendeurs. La baisse des taux a relancé la demande des acheteurs, dont les primo-accédants qui avaient mis leurs projets en pause. Plus d'acheteurs actifs signifie des délais de vente plus courts et des prix soutenus. Si votre bien est bien situé et au prix du marché, vous bénéficiez d'un timing favorable.

  • La province tire la reprise avec +0,7 % sur un an au T1 2025. L'Île-de-France reste en légère baisse (-0,3 %), mais le rythme ralentit et la stabilisation approche. Les maisons progressent davantage que les appartements (+2 % selon LPI-iad), portées par la demande des familles en quête d'espace.

Catherine Brezeky
Photo de Aurore Fontaine
Pierre Chapon
Écrit par édité par relu par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture