Quels sont les taux immobiliers par durée en juin 2026 ?
Alors que les tensions géopolitiques autour de l'Iran et du détroit d'Ormuz continuent d'alimenter l'incertitude sur les marchés financiers, le crédit immobilier fait preuve de résistance. Certes, les taux repartent légèrement à la hausse en juin, mais de manière contenue. Et surtout, les banques continuent de se livrer une bataille commerciale pour attirer les meilleurs dossiers.
Des taux en légère hausse dans un contexte sous surveillance
En mai, les banques ont eu les yeux rivés sur un indicateur que les Français suivent rarement (à moins d’être initiés avec les marchés financiers) : le taux auquel l’État français emprunte lui-même de l’argent sur 10 ans. On l’appelle dans le jargon l’OAT 10 ans pour obligations assimilables du Trésor. Et il faut dire que ces dernières semaines, il a été volatile et a même brièvement dépassé les 4 % avant de redescendre autour de 3,61 % fin mai.
Pourquoi ça nous concerne ? Eh bien parce que c'est un peu l'étalon-mètre des banques. Quand l'État emprunte plus cher, elles le répercutent mécaniquement sur nos crédits.
Et puis, à côté, il y a la Banque centrale européenne (BCE), celle qui décide des taux directeurs à l'échelle de la zone euro. Quand elle monte ses taux pour freiner l'inflation, les banques empruntent elles-mêmes plus cher, et ce surcoût finit par atterrir dans nos mensualités. Or en ce moment, certains responsables de la BCE laissent entendre qu'ils pourraient durcir le ton, parce que l'inflation est remontée à 2,5 % en avril, soit 0,5 point au-dessus de sa cible de 2 %. Le marché reste donc en mode "attente" avant la réunion du 11 juin.
Selon les données de Pretto, les taux moyens observés en juin 2026 sont de :
- 3,37 % sur 15 ans ;
- 3,47 % sur 20 ans ;
- 3,53 % sur 25 ans.
Mais alors combien pouvez-vous emprunter exactement en fonction de la durée du prêt ?
Sur 15 ans : une hausse modérée mais des conditions encore attractives
Les crédits sur 15 ans enregistrent la progression la plus marquée ce mois-ci. Le taux moyen passe de 3,27 % à 3,37 %, soit une hausse de 0,10 point.
Les profils les plus solides, avec plus de 80 000 € de revenus annuels, peuvent malgré tout encore obtenir des conditions proches de 3,30 %. À l'inverse, les revenus inférieurs à 40 000 € se situent davantage autour de 3,50 %.
Prenons l'exemple de Juliette et Arthur, qui souhaitent faire un emprunt pour leur première maison. Avec 5 000 € de revenus mensuels à deux et une capacité de remboursement de 1 750 € par mois, leur capacité d'emprunt est de 248 191€ avec un taux à 3,30 %, soit seulement 1000€ de moins qu’en mai.
La durée courte conserve donc son principal avantage, un coût total du crédit plus faible, mais un montant finançable plus limité que sur des durées plus longues.
Sur 20 ans : la plus forte hausse ce mois-ci
La durée de 20 ans reste aujourd'hui la référence pour la majorité des emprunteurs. En juin, le taux moyen (tous profils) atteint 3,47 %, contre 3,42 % en mai. C’est la durée qui connaît la plus forte hausse.
Les meilleurs profils, avec un revenu au-delà des 80 000€ annuels, peuvent encore bénéficier d’un taux attractif à 3,39 % alors que les profils les plus modestes disposeront d’un taux à 3,58 %.
Avec un crédit sur 20 ans, Juliette et Arthur pourraient emprunter 307 086€ avec un taux à 3,45 %.
Concrètement, pour un emprunt de 250 000 € sur 20 ans à 3,45 %, la mensualité atteint environ 1 446 € hors assurance, pour un coût total du crédit de 97 040 €.
C’est dans ce contexte que la mise en concurrence des banques reste essentielle ! Sur un même dossier, deux établissements peuvent vous proposer des conditions qui diffèrent de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée du crédit.
Sur 25 ans : une stabilité qui soutient les projets d'achat
Bonne nouvelle pour les ménages qui ont besoin d'étaler davantage leur financement, les taux sur 25 ans évoluent très peu en juin.
Le taux moyen est de 3,53 %, contre 3,50 % en mai, soit une hausse limitée à 0,03 point. Cette stabilité permet aux emprunteurs de préserver une partie de leur capacité d'achat malgré le contexte économique plus tendu.
Les profils les plus favorisés peuvent encore décrocher des financements autour de 3,49 %, tandis que les revenus les plus modestes se situent davantage autour de 3,59 %.
Sur 25 ans, notre jeune couple, Juliette et Arthur, pourrait emprunter 351 564€ sur 25 ans à un taux de 3,50 %, soit plus de 100 000€ de plus que sur 15 ans.
Dans un marché immobilier où les prix restent élevés dans de nombreuses métropoles, la durée de 25 ans demeure souvent le levier qui permet de concrétiser un projet sans dépasser le taux d'endettement autorisé.
Combien emprunter selon la durée en juin 2026 avec 5000€ de revenus ?
Durée du prêt | Taux moyen (40-80k€) | Mensualité | Capacité d’emprunt |
15 ans | 3,30 % | 1 750 € | 248 191€ |
20 ans | 3,45 % | 1 750 € | 307 086€ |
25 ans | 3,50 % | 1 750 € | 351 564€ |
Malgré les tensions géopolitiques, les incertitudes autour de la BCE qui se réunira le 11 juin et la volatilité persistante des marchés, les banques continuent d'accompagner activement les projets immobiliers des Français.
Questions fréquentes sur les taux
Une poursuite de la hausse n'est pas exclue, notamment si l'inflation reste élevée ou si la BCE durcit sa politique monétaire. Pour l'instant, les experts anticipent plutôt des ajustements progressifs que des hausses brutales.
Si les tensions persistent et que l'inflation augmente alors à 2,5 ou 3 %, on peut s'attendre à une hausse maîtrisée des grilles bancaires, avec des taux de l’ordre de 3,55 % à 4 % sur 20 ans fin 2026.
Chaque banque définit sa propre stratégie commerciale. Certaines cherchent à attirer de nouveaux clients en proposant des taux compétitifs, tandis que d'autres privilégient leur rentabilité. À profil identique, les écarts peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée du crédit.
Les banques n'appliquent pas les mêmes barèmes partout en France. En juin 2026, l'Île-de-France affiche par exemple les taux les plus attractifs, tandis que certaines régions présentent des taux supérieurs de près de 0,30 point. Ces écarts s'expliquent par les stratégies commerciales des banques et l'intensité de la concurrence locale.
Publié le 4 juin 2026, mis à jour le 4 juin 2026
