BCE : Pourquoi votre futur taux de crédit ne baissera (peut-être) plus ?

Mis à jour le 27 juillet 2026
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Alors que la Banque Centrale Européenne (BCE) nous avait habitués à une baisse régulière de ses taux directeurs, surprise ce jeudi 24 juillet : elle décide de marquer une pause, une première depuis un an alors que les taux immobiliers se stabilisent depuis plusieurs mois. Faut-il donc dire adieu à l’espoir d’une nouvelle baisse, ou pire craindre une remontée ? On fait le point.

Pourquoi une telle décision ?

Depuis le mois de juin 2024, la BCE a réduit ses taux directeurs à huit reprises, offrant une reprise de la production de crédit aux banques qui ont pu proposer des taux d’intérêt plus bas jusqu’à -1,5 point. Une bonne nouvelle pour les acheteurs qui ont retrouvé une capacité d’emprunt plus élevée.

Par exemple, en juin 2024, un emprunteur avec 50 000 € de revenus annuels pouvait espérer un taux à 3,70 % sur 25 ans, lui permettant d’emprunter 285 092 €. Un an plus tard, avec les taux de juin 2025, il peut désormais emprunter 303 780 €, soit une hausse de 6 %.

Mais alors, pourquoi la BCE a-t-elle décidé de faire une pause ? Deux raisons motivent ce choix :

  • L’objectif d’une inflation à 2 % a été atteint en juin ;
  • Les tensions géopolitiques (conflits commerciaux entre l’UE et les États-Unis, crise Russie-Ukraine, instabilité au Moyen-Orient) pèsent lourdement sur les perspectives de croissance.

Face à ce contexte tendu, la prudence est de mise. La BCE se dit tout de même attentive et prête à ajuster ses taux (à la hausse comme à la baisse) en fonction de l’évolution économique et des négociations internationales.

2026, l’heure de la hausse des taux ?

Comme l’a souligné Christine Lagarde, la BCE pourrait décider de baisser à nouveau ses taux dès la rentrée. Pour l’instant, cette perspective n’a qu’un impact limité sur les taux immobiliers, puisqu’ils restent stables. Mais le signal envoyé est tout de même clair : la période de baisse pourrait toucher à sa fin.

D’ailleurs, pour Michel Mouillart, professeur d’économie et porte-parole de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, « Pour 2026, nous pensons que l’environnement macroéconomique va accompagner une remontée des taux des crédits immobiliers ». Selon ses estimations, cette hausse pourrait même atteindre les 3,40 %.

La faute aux débats houleux sur le budget 2026, qui alimentent les incertitudes, mais aussi à une actualité mondiale tendue qui pousse les banques à rester prudentes dans les grilles de taux proposées aux futurs acheteurs.

Je veux acheter, c’est maintenant ou jamais ?

Si votre projet est déjà bien avancé et que votre capacité d’emprunt le permet, pas besoin d’attendre, les taux actuels permettent déjà de pouvoir concrétiser vos projets. Leur recul d’1,5 point en moyenne depuis un an et demi a qui plus est redonné du budget aux emprunteurs.

De plus, dans un climat d’incertitude, attendre peut s’avérer risqué. D’autant que les taux restent sensibles aux évolutions économiques et politiques, et comme le dit Christine Lagarde : « We take news one day at a time. » (en français : on avance au jour le jour.) Si nous n’avons pas de boule de cristal, ce que l’on peut vous dire en revanche, c’est que le contexte actuel offre de belles possibilités pour concrétiser un achat immobilier.

En bref, la pause de la BCE ne sonne pas la fin des opportunités. Les banques continuent d’ailleurs de faire des offres pour attirer les emprunteurs malgré le contexte où l’avenir est incertain.

Questions fréquentes

  • La BCE a choisi de marquer une pause pour deux raisons : l’objectif d’inflation à 2 % a été atteint en juin, et les tensions géopolitiques (conflits commerciaux entre l’UE et les États-Unis, crise Russie-Ukraine, instabilité au Moyen-Orient) pèsent sur les perspectives de croissance, ce qui incite à la prudence.

  • Selon Michel Mouillart, porte-parole de l’Observatoire Crédit Logement/CSA, l’environnement macroéconomique de 2026 devrait accompagner une remontée des taux des crédits immobiliers, qui pourrait atteindre 3,40 %, notamment en raison des débats sur le budget 2026 et d’une actualité internationale tendue.

  • Depuis juin 2024, la BCE a baissé ses taux directeurs à huit reprises, ce qui a permis aux taux immobiliers de reculer. Concrètement, un emprunteur avec 50 000 € de revenus annuels pouvait emprunter 285 092 € en juin 2024, contre 303 780 € en juin 2025, soit une hausse de 6 % de sa capacité d’emprunt.

  • Non, selon l’article : si le projet est déjà avancé et que la capacité d’emprunt le permet, il n’est pas nécessaire d’attendre. Les taux actuels restent favorables (recul moyen de 1,5 point depuis un an et demi) et attendre peut s’avérer risqué dans un climat d’incertitude économique et politique.

  • Un taux directeur est le taux fixé par une banque centrale, comme la BCE, pour prêter de l’argent aux banques commerciales. Lorsque la BCE baisse ce taux, le coût de financement des banques diminue, ce qui se répercute généralement sur les taux d’intérêt des crédits immobiliers, et inversement en cas de hausse.

Charlotte Papin
Photo de Aurore Fontaine
Pierre Chapon
Écrit par édité par relu par
Publié le 24 juillet 2025, mis à jour le 3 juillet 2026 - 3 min de lecture