Quel taux décrocher sur 30 ans en ce moment ?


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Pierre Chapon
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Publié le 24 avril 2025, mis à jour le 28 juin 2026 - 4 min de lecture
Sablier rempli de pièces illustrant le taux d'un prêt immobilier sur 30 ans en 2025

Quasiment disparus des radars, les crédits immobiliers sur 30 ans font un timide retour : comptez un taux autour de 3,35 % contre 3,04 % sur 25 ans pour les meilleures offres actuellement, soit un écart de 0,30 point. Si cette durée réduit la mensualité, elle alourdit la facture totale d’intérêts — et n’est vraiment avantageuse que pour certains profils. On fait le point.

Et si pour devenir propriétaire, on étirait la durée de ses mensualités ? C'est possible grâce aux prêts longue durée qui peuvent s'étendre sur 30 ans. 30 ans ? Oui, dans les faits, l'autorisation légale de ce dispositif existe depuis 2022 grâce au Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) et permet aux banques de déroger à la limite des 25 ans pour 20 % de leurs dossiers.

Bon, très concrètement, moins de 0,5 % des crédits dépassaient cette durée fin 2023, (Cf. Rapport Banque de France - Observatoire des crédits immobiliers (décembre 2023)), principalement à cause de taux directeurs trop élevés pour rentabiliser ces prêts de longue durée. Mais aujourd'hui, la tendance baissière des taux entamée par la Banque Centrale Européenne rend ces opérations un poil plus attractives pour les établissements financiers.

Pour preuve, un article du Parisien révèle même que certaines caisses régionales de la Caisse d'Épargne proposent désormais ce type de prêt à leurs clients. Alors si les banques sont contentes, qu'en est-il (vraiment) pour les emprunteurs ?

Prêt sur 30 ans : combien ça coûte vraiment ?

D'un point de vue technique, l'écart de taux entre un prêt sur 25 ans et un crédit sur 30 ans est d'environ 0,30 point. Comptez un taux autour de 3,35 % (sur 30 ans) contre 3,04 % sur 25 ans actuellement pour les meilleures offres

Cet écart, même s'il paraît relativement faible, cache pourtant de sacrées conséquences sur la durée totale de l'emprunt. On s'explique : emprunter sur une durée plus longue signifie que vous aurez à rembourser des intérêts supplémentaires, et ce, même si vous avez une mensualité moins élevée... En somme, ces 0,30 % peuvent sembler anodins, mais appliqués chaque mois pendant 5 ans supplémentaires, ils finissent par faire un effet boule de neige.

Que se passe-t-il si vous revendez avant la fin du crédit ?

Outre ces intérêts qui décoiffent sur le long terme, un autre élément peut vous coûter de l'argent en cas de revente anticipée, et plus exactement des indemnités de remboursement anticipé (IRA). On vous explique.

Lorsque vous remboursez votre crédit avant la fin prévue du contrat (si vous souhaitez revendre votre bien par exemple), vous devrez alors payer des IRA, sauf si la vente entre dans un des cas d'exonération prévus par la loi (en cas de décès ou de licenciement, etc.).

Le montant de ces IRA est encadré :

  • elles doivent représenter au maximum 6 mois d'intérêts sur le capital remboursé,
  • sans jamais dépasser 3 % du capital restant dû.

Mais attention, si certains pensent que "plus le prêt est long, plus les IRA sont élevées", ce n'est pas exact. Ce qui compte vraiment, ce n'est pas la durée du prêt, mais le montant qu'il reste à rembourser au moment de la vente.

Donc si vous empruntez sur 30 ans, vous aurez logiquement un capital restant dû un peu plus important au moment de la revente (car le prêt se rembourse plus lentement).

Une solution ciblée pour certains profils

Même si acheter sur 30 ans n'est pas des plus enthousiasmant au premier abord, il peut parfois s'avérer l'unique solution pour devenir propriétaire pour certaines personnes. Surtout quand les prix de l'immobilier sont élevés ou pour les revenus plus modestes. C'est un calcul à faire, en connaissance de cause.

D'autant plus que pour certains profils, notamment les jeunes actifs, leurs revenus sont amenés à progresser dans le temps. Emprunter sur cette durée permet alors d'accéder à des biens plus grands ou mieux situés, avec une mensualité plus adaptée.

N'oubliez pas que rien n'est figé dans le marbre : un crédit, ça se renégocie. Soit en réalisant un remboursement anticipé ou en profitant de la baisse des taux. N'oubliez pas que vous avez la main pour réajuster votre emprunt en cours de route.

Si le retour du crédit sur 30 (re)devient une option pour certains, attention à analyser minutieusement votre projet personnel avec des simulations poussées auprès d'un professionnel (courtier ou banquier).

Questions fréquentes sur le prêt sur 30 ans

  • Oui, depuis 2022, le HCSF autorise les banques à dépasser 25 ans dans la limite de 20 % de leurs dossiers. En pratique, moins de 0,5 % des crédits dépassaient cette durée fin 2023 — mais la tendance baissière des taux les rend à nouveau envisageables pour certains établissements.

  • Avec des taux de 3,04 % sur 25 ans et 3,35 % sur 30 ans, la mensualité passe de 1 428 €/mois à 1 322 €/mois — soit 106 € de moins par mois. En contrepartie, le coût total des intérêts est alourdi de 16 089 € (129 256 € sur 25 ans contre 145 345 € sur 30 ans).

  • Pas forcément : c'est le capital restant dû qui détermine les IRA, pas la durée. Sur 30 ans, vous remboursez plus lentement — donc le capital restant dû est légèrement plus élevé. Dans l'exemple, les IRA atteignent 4 700 € sur 30 ans contre 3 800 € sur 20 ans, soit 1 000 € de plus.

  • Surtout aux primo-accédants avec des revenus modestes ou amenés à progresser, et aux acheteurs dans des marchés où les prix sont élevés. À noter : les Français revendent en moyenne au bout de 8 ans, ce qui relativise l'impact des intérêts supplémentaires sur la durée totale.

Charlotte Papin
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Publié le 24 avril 2025, mis à jour le 28 juin 2026 - 4 min de lecture