Une maison intergénérationnelle, ce qu’il faut savoir


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le , mis à jour le - 5 min de lecture
Une maison avec un espace pour petits et grands

Une maison intergénérationnelle est une propriété individuelle aménagée en deux espaces de vie distincts, avec un accès séparé pour chacun, afin que deux ou trois générations d’une même famille (grands-parents, parents, enfants) y cohabitent tout en gardant leur intimité. On l’obtient soit en achetant un bien déjà divisé, soit en rénovant une maison existante pour créer ce second espace.

En quoi se caractérise une maison intergénérationnelle ?

Une maison intergénérationnelle est une propriété individuelle aménagée pour que deux ou trois générations d’une même famille (grands-parents, parents, enfants) y cohabitent, tout en préservant l’intimité de chacun grâce à deux locaux distincts. Le plus spacieux des deux est considéré comme le logement principal, tandis que l’autre fait office de résidence secondaire.

L’habitation annexe peut être soit accolée à la maison principale, soit complètement indépendante de celle-ci. Dans le premier cas, il est toujours important de la rendre accessible de l’extérieur. En effet, il n’est pas nécessaire pour les grands-parents, parents et petits-enfants de partager le même espace de vie. Cela peut même entraîner des problèmes sur la durée. Équiper chaque résidence d’une porte distincte est ainsi recommandé.

Comment changer sa maison en logement intergénérationnel ?

Deux options s’offrent à vous si vous souhaitez profiter d’une maison intergénérationnelle. La première est d’acheter une propriété clé en main : dans ce cas, un budget minimum de 150 000 euros est à prévoir. La seconde est d’investir dans la rénovation d’une propriété. Un tel projet ne doit cependant pas être pris à la légère : il demande une analyse approfondie, une somme d’argent conséquente et l’intervention d’un architecte.

Quels besoins de la famille faut-il analyser avant de se lancer ?

Avant de choisir une maison intergénérationnelle, prenez le temps d’étudier les besoins de chaque membre de la famille. Parmi les principaux problèmes rencontrés, on retrouve par exemple la question de l’intimité.

En effet, le fait qu’un quinquagénaire frappe à la porte de son enfant marié est naturel, mais est-ce que le faire tous les jours serait convenable ? Ces détails sont à méditer. Il arrive aussi que la maladie d’un aîné contraigne les autres résidents à respecter le silence ou à être flexibles quant à la répartition des tâches.

Quel budget prévoir pour une maison intergénérationnelle ?

Si vous réhabilitez votre logement en maison intergénérationnelle, il faut compter entre 20 000 et 85 000 euros. Il est nécessaire que la grand-mère puisse être à l’aise et surtout autonome dans son coin de vie. Vous pouvez ainsi penser à installer une planche de bain ou une baignoire équipée d’une petite portière en fonction des circonstances.

Ces détails sont susceptibles d’alourdir la facture. Pour les petits budgets, vous pouvez acheter ces installations petit à petit. Partager les charges avec des parents retraités est aussi envisageable.

Pour financer ces travaux, le prêt à taux zéro travaux peut alléger la facture selon votre situation.

Quelles règles d’urbanisme s’appliquent à une maison intergénérationnelle ?

Pour qu’un logement soit dit intergénérationnel, certains critères doivent être respectés. Ils varient d’une commune à l’autre, mais portent le plus souvent sur :

  • la superficie du studio des parents, parfois limitée au tiers de la surface totale du logement ;
  • le revêtement extérieur, qui peut devoir être identique pour les deux espaces de vie ;
  • une séparation coupe-feu entre les deux logements ;
  • une adresse différente pour chaque espace de vie.

Pourquoi faire appel à un architecte pour ce projet ?

Un professionnel du bâtiment maîtrise en général bien les règlements municipaux en vigueur. En engageant un architecte, vous vous assurez que votre maison intergénérationnelle est construite dans les normes.

Autre point essentiel : l’aménagement de ce type de structure reste peu commun. Une porte extérieure est exigée, mais le bloc principal doit rester relié au bloc secondaire. L’architecte apporte l’expertise nécessaire à la réalisation de ces espaces communicants.

Selon l'ampleur du projet, une demande de permis de construire peut être nécessaire avant de démarrer les travaux.

Comment prévenir les conflits parents-enfants ?

Décider d’accueillir ses parents vieillissants chez soi plutôt que de les placer en maison de retraite est une véritable preuve d’amour. Avant de leur proposer, demandez l’avis de votre conjoint ou de vos enfants. Cette étape franchie, faites le point avec les futurs résidents sur vos attentes mutuelles et les règles de vie à adopter.

Ces règles concernent l’intimité du couple, les enfants, le bruit ainsi que les horaires d’entrée et de sortie de chaque membre. Elles peuvent aussi porter sur l’argent, la répartition des dépenses ou des tâches à la maison.

Notre guide sur l'achat d'une maison de famille détaille les options d'organisation entre générations.

La maison intergénérationnelle, est-ce économique ?

Selon la situation, ce type de logement peut être économique ou non. Si le retraité peut contribuer aux frais d’Internet ou d’électricité et reste autonome, cela est possible.

Dans le cas contraire, partager son toit avec ses parents n’est pas forcément avantageux sur le plan financier : les dépenses ne se résument pas au coût de la rénovation. Avec l’espace en supplément, il va y avoir plus de taxes municipales. Il faudra également rajouter les frais d’un infirmier à domicile.

Questions fréquentes

  • Il faut prévoir un budget minimum de 150 000 € pour acheter une maison intergénérationnelle déjà aménagée, ou entre 20 000 et 85 000 € pour transformer une maison existante en logement à deux espaces de vie distincts. Le montant final dépend surtout de l’ampleur des travaux d’accessibilité à prévoir (salle de bain adaptée, extension, accès séparé).

  • Avant d’installer ses parents chez soi, mieux vaut obtenir l’accord de son conjoint et de ses enfants, puis définir ensemble des règles claires sur l’intimité de chacun, les horaires d’entrée et de sortie, le bruit, la répartition des tâches et des dépenses. Posées dès le départ, ces règles évitent la plupart des tensions du quotidien.

  • La maison intergénérationnelle décrite dans cet article est un bien familial divisé en deux espaces de vie. Elle est différente de la cohabitation intergénérationnelle solidaire, un dispositif encadré par la loi ELAN du 23 novembre 2018 : une personne de 60 ans ou plus met une partie de son logement à la disposition d'un adulte de moins de 30 ans, en échange d'un modeste dédommagement ou de menus services rendus. Ce dispositif est détaillé par l'ANIL et par Service-public.gouv.fr, en 2026.

  • Selon France Rénov', en 2026, l'aide MaPrimeAdapt' permet de financer les travaux d'adaptation du logement (salle de bain accessible, douche de plain-pied, monte-escalier...) à hauteur de 50 à 70 % de leur montant, dans la limite de 22 000 € HT de travaux, soit une aide maximale de 15 400 €. Elle est ouverte sans condition aux personnes de 70 ans et plus, et aux personnes de 60 à 69 ans en perte d'autonomie (GIR 1 à 6) ou en situation de handicap.

Catherine Brezeky
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