Comment acheter un local commercial ?


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 26 avril 2019, mis à jour le 26 juillet 2026 - 5 min de lecture
Un local professionnel

Acheter un local commercial nécessite un budget conséquent : comptez un apport personnel de 10 à 30 % du prix, des frais de notaire de 7 à 8 % dans l’ancien (2 à 3 % dans le neuf), et un taux d’endettement qui ne dépasse pas 35 %. Deux montages sont possibles pour l’achat : en nom propre ou via une SCI, selon que vous comptez louer le local, y exercer votre activité ou le transformer en logement.

Contrairement à l’achat d’une maison ou d’un appartement, ce type d’acquisition implique des spécificités juridiques, fiscales et financières bien particulières. Découvrez pourquoi acheter un local commercial, comment le financer, quel statut choisir, et comment investir sans apport. Suivez le guide !

Un local commercial est un bien immobilier destiné à l’exercice d’une activité professionnelle, comme une boutique, un bureau, un entrepôt ou un local artisanal. Il peut être loué via un bail commercial, transformé en habitation sous conditions, ou occupé directement par son propriétaire pour y exercer son activité.

Pour quelles raisons acheter un local commercial ?

L’achat d’un local commercial peut répondre à plusieurs objectifs : se lancer dans une activité professionnelle, diversifier son patrimoine ou générer des revenus passifs. Voici deux scénarios fréquents à envisager.

Acheter un local commercial pour le louer

Investir dans un local commercial pour le mettre en location séduit de nombreux investisseurs, et ce n’est pas un hasard : les rendements locatifs y sont souvent plus intéressants que dans le résidentiel. Autre atout de poids : le bail commercial, qui encadre la relation avec le locataire. Il est en général signé pour 9 ans, avec des possibilités de résiliation tous les 3 ans. Ce format est plus structurant que le bail d’habitation classique, où le locataire peut quitter le logement à tout moment avec un préavis.

Mais attention : avant de se lancer, on regarde de près l’emplacement, le niveau de charges (taxe foncière, entretien, travaux) et la demande locative. Sans oublier que la nature du local (boutique, bureau, entrepôt) influence fortement le type de locataire que vous allez attirer.

Acheter un local commercial pour y habiter

Transformer un local commercial en habitation, c’est parfois possible, surtout si on déniche un bien bien situé à un prix compétitif. Cependant, plusieurs démarches administratives sont nécessaires, notamment un changement d’usage (soumis à l’accord de la mairie et, dans certains cas, de la copropriété).

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Acheter un local commercial en SCI ou en nom propre : quel statut choisir ?

Lors de l’acquisition d’un local commercial, choisir le bon statut juridique est essentiel, car cela impactera la fiscalité, les charges et la gestion du bien.

  • Acheter en nom propre : Cette option est simple et rapide. Elle convient bien si vous achetez le local pour votre activité professionnelle ou pour un investissement à titre individuel. Attention, les revenus issus de la location seront imposés dans la catégorie des revenus fonciers, ce qui peut alourdir votre fiscalité.
  • Acheter via une SCI (Société Civile Immobilière) : Ce montage est plus complexe, mais il offre des avantages, notamment pour la gestion et la transmission du patrimoine. Vous pouvez, par exemple, être plusieurs associés à investir ensemble et répartir les parts sociales. En termes de fiscalité, vous aurez le choix entre l’impôt sur le revenu (IR) ou l’impôt sur les sociétés (IS).

Comment trouver un financement pour l’achat d’un local commercial ?

Acheter un local commercial nécessite souvent un financement important. Heureusement, plusieurs solutions de financement s’offrent à vous :

1. Le crédit bancaire classique

C’est l’option la plus courante pour financer l’achat d’un local commercial. Les banques proposent des prêts professionnels ou immobiliers selon votre projet. Pour maximiser vos chances d’obtenir un crédit :

  • Présentez un dossier solide avec un apport personnel (idéalement 10 à 30 % du montant du bien).
  • Justifiez la viabilité de votre projet (plan d’affaires, revenus attendus).
  • Veillez à ce que votre taux d’endettement reste en dessous du taux de 35 % autorisé, plafond fixé par le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF).

2. Le prêt à la création d’entreprise

Si vous achetez un local pour lancer une activité, des prêts spécifiques sont accessibles. Par exemple, les régions proposent leurs propres dispositifs d’accompagnement à la création ou la reprise d’entreprise (dits « ex-NACRE »), qui ont remplacé depuis 2017 le programme national NACRE : aide au montage du projet, structuration financière ou suivi du développement, avec des conditions variables selon les régions.

3. Le financement participatif

Des plateformes de crowdfunding permettent aujourd’hui de lever des fonds pour financer des projets immobiliers. Cela peut être une alternative si vous avez des difficultés à obtenir un prêt bancaire classique ou si vous voulez financer une partie de votre apport.

4. Les subventions publiques

Certaines aides financières sont disponibles, notamment pour l’achat d’un local dans des zones de revitalisation ou pour des projets spécifiques (aménagements écologiques, par exemple). Renseignez-vous auprès des collectivités locales.

Peut-on acheter un local commercial sans apport ?

Acheter un local commercial sans apport est possible, mais cela demande une excellente préparation. Les banques sont généralement plus exigeantes pour ce type de projet, car les montants sont souvent élevés et les risques perçus plus importants.

Pour compenser l’absence d’apport, voici quelques stratégies :

  • Présenter un dossier financier irréprochable : Vos revenus, votre expérience professionnelle et la rentabilité potentielle du projet doivent convaincre le banquier.
  • Opter pour un prêt professionnel : Certaines banques proposent des financements couvrant 100 % du prix d’achat, à condition que le projet soit bien monté.
  • Soutenir votre dossier avec des garanties solides : Caution personnelle, hypothèque ou garantie bancaire peuvent rassurer l’établissement prêteur.

Les frais de notaire pour l’achat d’un local commercial

Les frais de notaire pour un local commercial sont plus élevés que pour une habitation. Ils représentent généralement 7 à 8 % du prix de vente dans l’ancien et environ 2 à 3 % dans le neuf. Ces frais incluent :

  • les droits de mutation (taxes collectées par l’État) ;
  • la rémunération du notaire ;
  • les frais annexes (frais d’hypothèque, état des lieux, etc.).

Pensez à intégrer ces frais dans votre budget global pour éviter les mauvaises surprises.

Questions fréquentes

  • Un bail commercial est généralement signé pour 9 ans, avec une possibilité de résiliation tous les 3 ans à l’initiative du locataire. C’est plus contraignant qu’un bail d’habitation classique, où le locataire peut partir à tout moment avec un simple préavis, mais cela sécurise la relation entre propriétaire et locataire sur le long terme.

  • Si vous achetez en nom propre, les loyers perçus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, ce qui peut alourdir votre fiscalité. C’est une des raisons pour lesquelles certains investisseurs, notamment ceux qui achètent à plusieurs, préfèrent passer par une SCI, où le choix est possible entre l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS).

  • Les banques demandent généralement un apport personnel représentant 10 à 30 % du montant du bien pour un achat de local commercial. Un dossier solide, une activité viable (plan d’affaires, revenus attendus) et un taux d’endettement inférieur à 35 % renforcent aussi vos chances d’obtenir un crédit.

  • Oui. Les frais de notaire pour un local commercial représentent environ 7 à 8 % du prix de vente dans l’ancien, et 2 à 3 % dans le neuf. Ils couvrent les droits de mutation, la rémunération du notaire et des frais annexes (frais d’hypothèque, état des lieux...).

Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 26 avril 2019, mis à jour le 26 juillet 2026 - 5 min de lecture