Devenir propriétaire en France : pourquoi c’est (de plus en plus) compliqué


Catherine Brezeky
Photo de Aurore Fontaine
Pierre Chapon
Écrit par édité par relu par
Publié le 25 avril 2025, mis à jour le 17 juillet 2026 - 3 min de lecture
Maison dans une bulle de verre sur un nuage, symbole du rêve d'achat immobilier

Acheter son chez-soi : un rêve bien français… mais de plus en plus difficile à réaliser. Une nouvelle étude le confirme : alors même que l’envie de devenir propriétaire reste vive, les Français peinent aujourd’hui à franchir le cap de l’achat immobilier. Acquérir un bien est-il devenu un privilège dont seule une partie de la population peut profiter ?

Être propriétaire : un mythe français qui résiste

Malgré un climat économique et politique incertain, les Français continuent de croire dur comme fer à la pierre. Selon l’étude Catella Residential – YouGov 2025, 67 % des Français considèrent encore l’immobilier comme une valeur refuge, mais dans les faits, seulement un Français sur quatre envisage concrètement une acquisition dans les mois à venir.

Si la pierre a beau être solide, elle n’est pas toujours accessible. L’effondrement du pouvoir d’achat des ménages sur les vingt dernières années a sérieusement changé la donne. L’Insee l’avait déjà confirmé en 2023 : pour la première fois depuis 40 ans, le taux de propriétaires en France était en baisse. La part de propriétaires est ainsi beaucoup plus faible en France qu’en Allemagne, au Canada ou même aux États-Unis.

Comme le souligne Nadir Benabed, DG de Catella Residential, “en 2025, l’immobilier reste une valeur refuge pour la majorité des Français, mais l’accès à la propriété reste un défi (...) La baisse des taux de crédit est la mesure la plus efficace, soutenant l’élargissement du Prêt à Taux Zéro (PTZ). Toutefois, la fiscalité immobilière trop lourde freine l’investissement locatif…”

Pour aller plus loin : Quel régime fiscal choisir pour son investissement locatif ?

Acheter, oui… mais pas à n’importe quel prix

Qu’on se le dise : si le cœur a ses raisons, le porte-monnaie a toujours le dernier mot. Le prix reste LE critère n°1 pour 68 % des Français dans le choix d’un logement. Et c’est encore plus vrai chez les propriétaires avec crédit en cours, essentiellement des catégories socioprofessionnelles les plus favorisées (CSP+) de 35 à 54 ans.

Bonne nouvelle : la baisse des taux est perçue comme la solution la plus efficace par 61 % des sondés. Un chiffre qui monte à 66 % chez les plus de 55 ans, une autre preuve que l’envie d’acheter est là, mais que c’est l’accès au financement qui coince.

Une inflation immobilière qui fait mal au portefeuille

Difficile de parler d’accès à la propriété sans évoquer la hausse des prix. Selon l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), les prix de l’immobilier ont été multipliés par 6,5 entre 1980 et 2023, à structure équivalente (même surface, localisation, confort…). En clair, un logement ancien de 90 m² coûtait 244 000 francs (environ 37 000 €) en 1980. En 2023 ? Comptez 242 000 € ! En face, le revenu disponible par ménage n’a été multiplié “que” par 3,9 sur la même période.

Bref, l’envie d’acheter des Français est toujours là. Mais pour beaucoup, le rêve se heurte à des prix élevés, un pouvoir d’achat grignoté, et des conditions d’accès au crédit plus dures. La bonne nouvelle ? Avec les bons outils et les bons conseils, le projet peut redevenir accessible.

Questions fréquentes

  • Selon l’Insee, le taux de propriétaires en France recule depuis 2023, une première depuis 40 ans. En cause : l’effondrement du pouvoir d’achat des ménages sur vingt ans et la flambée des prix immobiliers, multipliés par 6,5 entre 1980 et 2023 selon l’IGEDD, quand le revenu disponible des ménages n’a progressé que de 3,9 fois sur la même période.

  • Oui : selon l’étude Catella Residential – YouGov 2025, 67 % des Français voient encore l’immobilier comme une valeur refuge. Mais seulement un Français sur quatre envisage concrètement un achat dans les mois à venir, un écart qui traduit la difficulté d’accès au financement plus qu’un manque d’envie.

  • Le prix reste le critère n°1 pour 68 % des Français dans le choix d’un logement, un poids particulièrement marqué chez les propriétaires avec crédit en cours, souvent des CSP+ de 35 à 54 ans. La baisse des taux de crédit est perçue par 61 % des sondés comme le levier le plus efficace pour relancer l’accès à la propriété.

  • 61 % des Français interrogés, et 66 % chez les plus de 55 ans, jugent la baisse des taux de crédit comme la mesure la plus efficace. Elle soutiendrait aussi l’élargissement du Prêt à Taux Zéro (PTZ), même si une fiscalité immobilière jugée trop lourde continue de freiner l’investissement locatif.

  • D’après l’Insee, la part de propriétaires en France est nettement plus faible qu’en Allemagne, au Canada ou aux États-Unis. Cette tendance s’est confirmée dès 2023, avec la première baisse du taux de propriétaires français observée depuis 40 ans.

Catherine Brezeky
Photo de Aurore Fontaine
Pierre Chapon
Écrit par édité par relu par
Publié le 25 avril 2025, mis à jour le 17 juillet 2026 - 3 min de lecture