Livret A en baisse en 2025 : pourquoi ce n’est pas une bonne idée d’y faire “fructifier” son apport ?

Sous l’effet du ralentissement de l’inflation et des baisses récentes des taux par la Banque centrale européenne, le rendement du livret A a été abaissé de 2,4 % à 1,7 %. L’épargne préférée des Français est-elle en train de tourner vinaigre ? Est-ce toujours une bonne idée d’y placer ses économies pour faire fructifier son apport ? On vous dit tout.
Bien que le Livret A reste le placement privilégié par les Français en matière d’épargne (selon la Banque de France, environ 58 millions de Livrets A sont détenus en 2025, soit 83 % des Français), il pourrait être de moins en moins plébiscité pour faire fructifier un apport immobilier. En cause ? Une rémunération en baisse et une possible continuation sur cette tendance baissière dans les prochains mois.
Aussi, pour bien comprendre ce qui se joue, on vous décrypte la mécanique à l’oeuvre :
Avant de commencer, il faut savoir que le taux d’intérêt du Livret A peut changer deux fois par an, le 1er février et le 1er août.
Son calcul dépend de deux choses :
- L’augmentation des prix (l’inflation) observée sur les six derniers mois,
- Et le taux auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles à court terme.
En somme, si la vie devient plus chère ou si les taux entre banques montent, le taux du Livret A peut lui aussi augmenter. Et inversement.
Ainsi :
- L’inflation provisoire publiée vendredi 28 mars est de 0,8 % et l’INSEE et la Banque de France tablent sur une inflation proche de 1 % en juin prochain.
- Suite à la baisse des principaux taux directeurs de la BCE, les taux interbancaires pourraient continuer à baisser.
→ Le taux de rendement du Livret A, lié à cette inflation et taux interbancaires en baisse, est donc passé à 1,7 % au 1er août et va ainsi venir éroder le pouvoir d’achat des épargnants qui optent pour ce placement.
Les conséquences de la baisse du Livret A sur l’investissement immobilier
On ne le dira jamais assez : avoir un apport solide est primordial pour décrocher un prêt et acquérir un bien immobilier. Jusqu’à présent, le Livret A était l’option idéale pour le faire fructifier et doper son capital : les fonds déposés sont garantis par l’État, les sommes épargnées restent accessibles à tout moment, les intérêts générés sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux… Mais au regard de ces prévisions baissières, on peut légitimement douter des rendements de ce placement !
Prenons l'exemple de Jules, qui dépose 10 000 € sur son Livret A. Comparons combien il gagnerait en intérêts annuels selon trois taux différents :
- À 3 % de rendement :
Intérêt annuel = 10 000 € × 0,03 = 300 €
- À 2,4 % de rendement (après la baisse du 1er février) :
Intérêt annuel = 10 000 € × 0,024 = 240 €
- À 1,7 % de rendement (après la baisse du 1er août) :
Intérêt annuel = 10 000 € × 0,017 = 170 €
Ainsi, en passant de 2,4 % à 1,7 %, Jules perd 70 € par an. Au total, son Livret A qui rapportait 300 € annuellement à 3 % ne lui versera plus que 170 € à 1,7 %, soit une perte de 130 € par an sur 10 000 € déposés.
Quelles alternatives pour faire fructifier son apport ?
Alors, où placer son argent pour le faire fructifier en vue d’un achat immobilier ? Diversifier ses placements, c’est la clé : cela permet de limiter les pertes si l’un d’eux rapporte moins que prévu, tout en profitant des atouts de chaque support et en gardant plus de souplesse pour s’adapter à l’évolution du marché.
Voici donc quelques alternatives à envisager :
- L’assurance-vieL’assurance-vie permet de faire travailler son argent de différentes façons : des placements sécurisés (comme le fonds en euros) ou plus risqués mais potentiellement plus rentables (comme la bourse). Elle peut rapporter plus qu’un Livret A, avec des avantages fiscaux si le contrat est gardé au moins 8 ans.
- Les comptes à termeUn compte à terme bloque une somme d’argent pendant une durée définie (quelques mois à plusieurs années), en échange d’un taux garanti à l’avance, souvent plus intéressant qu’un livret classique. L’argent est moins disponible, mais le placement reste aussi sécurisé qu’une assurance-vie en fonds en euros.
- Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier)Pour investir dans l’immobilier sans gérer directement de bien, les SCPI représentent une option intéressante : revenus locatifs et rendements souvent plus élevés que les produits bancaires traditionnels. Mais le capital n’est pas garanti et les frais d’entrée sont souvent élevés.
- L’investissement en bourse
Plus volatil, le marché boursier peut générer des rendements significatifs sur le long terme ; l’accompagnement par un professionnel est conseillé pour adapter la stratégie à son profil.
* Investir comporte des risques de perte totale ou partielle du montant investi. Les informations que nous vous partageons ici sont à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement.
Les jeux ne sont (pas encore) faits !
Attention, il est sans doute encore un peu “taux” (oui, on aime aussi l’humour chez Pretto) pour appeler votre banquier et retirer tous les fonds déposés sur votre Livret A. La Banque de France pourrait décider de limiter la baisse, et le ministère de l’Economie pourrait aussi intervenir, comme cela avait été le cas avec le Livret d’épargne populaire, maintenu à 3,5 % le 1er février dernier au lieu de chuter à 2,9 %. Ces chiffres ne sont donc pour le moment que des suppositions… Affaire à suivre (de près !).
Avec la baisse annoncée du rendement du Livret A, il devient essentiel de réévaluer sa stratégie d’épargne pour optimiser son apport immobilier. Avant de vous lancer, prenez le temps de vous renseigner sur les obligations de chaque type de placement pour choisir celui qui correspond le mieux à votre situation.
Questions fréquentes
Depuis le 1er août 2025, le taux du Livret A est de 1,7 %, contre 2,4 % au 1er février 2025 et 3 % auparavant depuis début 2023.
Le taux dépend de l’inflation des six derniers mois et du taux auquel les banques se prêtent entre elles à court terme. Le ralentissement de l’inflation (+0,8 % en février 2025 selon l’INSEE) et la baisse des taux interbancaires, liée aux décisions de la Banque centrale européenne, expliquent cette baisse.
Pour un apport de 10 000 €, les intérêts annuels passent de 300 € à 3 % à 170 € à 1,7 %, soit une perte de 130 € par an. Le rendement réel devient donc inférieur à l’inflation.
Pas dans l’urgence : la Banque de France et le ministère de l’Économie peuvent limiter la baisse, comme cela a été fait pour le Livret d’épargne populaire, maintenu à 3,5 % au lieu des 2,9 % prévus au 1er février 2025. Le Livret A garde ses atouts (sécurité, disponibilité, fiscalité) mais diversifier son épargne peut être pertinent.
L’assurance-vie, les comptes à terme, les SCPI et l’investissement en bourse sont cités comme alternatives, chacune avec un couple rendement/risque différent de celui du Livret A.