Prêt Locatif Social (PLS) : comment en profiter ?


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Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
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Maison miniature et grande clé dorée illustrant le prêt locatif social (PLS)

Envie d’investir dans l’immobilier tout en ayant un vrai impact social ? Le Prêt Locatif Social (PLS) est un prêt réglementé qui finance la construction, l’achat ou la réhabilitation de logements loués comme logements sociaux dans des zones tendues, à un taux préférentiel indexé, par exemple, sur le Livret A. En échange, l’investisseur profite d’avantages financiers intéressants : TVA réduite et exonération de taxe foncière. On vous explique comment en profiter.

Le Prêt Locatif Social, qu’est-ce que c’est ?

Le PLS, mis en place en 2001, est un prêt réglementé qui vise à financer la construction, l’achat ou la réhabilitation de logements destinés à être loués comme logements sociaux dans des zones “tendues”. Il est accordé par des établissements de crédit conventionnés avec la Caisse des dépôts et consignations, à un taux préférentiel (indexé, par exemple, sur la rémunération du Livret A).

À qui s’adresse-t-il ?

  • Il est destiné à des investisseurs (personnes physiques ou morales, publics ou privés) souhaitant développer du logement social “intermédiaire”.
  • L’opération doit viser des logements à louer, pas à revendre.
  • Le PLS peut financer à la fois la construction neuve, la rénovation que la transformation de locaux non résidentiels, la VEFA, etc.

Quelles conditions d’éligibilité du PLS ?

Conditions pour l’investisseur

  • Signer une convention avec l’État (via la Caisse des Dépôts) qui fixe les obligations de loyers, de ressources des locataires, la durée, etc.
  • Apport souvent demandé : certains montages exigent environ 10 % du prix de revient comme apport de départ.
  • Durée du prêt: entre 15 et 40 ans, voire jusqu’à 60 ans selon le projet / la structure.
  • Période de préfinancement possible (avant l’achèvement), typiquement de 3 à 24 mois.

Conditions pour le locataire

  • Le logement doit être la résidence principale du locataire.
  • Les revenus du locataire (revenu fiscal de référence) ne doivent pas dépasser des plafonds réglementés (fixés selon la zone géographique, la taille du ménage, etc.).
  • Ces plafonds de ressources sont ceux du PLS, plus élevés que ceux du PLUS (Prêt Locatif à Usage Social), le prêt qui finance les HLM classiques.

Quelles zones géographiques du PLS ?

Le PLS est particulièrement utilisé dans les zones tendues, où la demande de logement est forte. Les zones réglementaires sont :

  • Zone A bis : Paris + communes limitrophes
  • Zone A : agglomérations très tendues (Paris, Côte d’Azur, certaines villes françaises)
  • Zone B1 : grandes agglomérations de plus de 250 000 habitants, grande couronne parisienne, etc.
  • Zone B2 : agglomérations > 50 000 hab., communes littorales, grande couronne moins “dense”
  • Zone C : reste du territoire.

Chaque zone a ses plafonds de loyers et ses plafonds de ressources locataires, ce qui modifie l’attractivité de l’investissement selon l’emplacement.

Plafonds 2025 : loyers et ressources à jour

Plafonds de loyers

D’après le ministère du Logement (2025), voici les loyers maximum en 2025 :

Zone

Loyer plafond PLS (€/m²/mois)

A bis

15,16 €

A

11,68 €

B1

10,07 €

B2

9,64 €

C

8,94 €

Plafonds de loyers PLS 2025

À noter, ces valeurs tiennent compte des règles d’aide au logement (convention ANAH, etc.).

Plafonds de ressources pour les locataires

Composition du foyer

Paris (+ communes limitrophes)

Île-de-France hors Paris

Autres régions

1 personne

33 857 €

33 857 €

29 435 €

2 personnes (hors “jeune ménage”)

50 603 €

50 603 €

39 309 €

3 personnes (ou 1 + 1 à charge / jeune ménage)

66 332 €

60 826 €

47 271 €

4 personnes (ou 1 + 2 à charge)

79 197 €

72 860 €

57 069 €

5 personnes (ou 1 + 3 à charge)

94 227 €

86 251 €

67 133 €

6 personnes (ou 1 + 4 à charge)

106 031 €

97 061 €

75 660 €

Par personne supplémentaire

+ 11 816 €

+ 10 815 €

+ 8 440 €

Plafonds de ressources locataires PLS 2025

Ces plafonds sont basés sur le revenu fiscal de référence (RFR) N-2 (par exemple, en 2025 on prend le RFR de 2023).

Les avantages fiscaux du PLS pour l’investisseur

En échange de l’engagement de louer à des ménages aux revenus modérés, l’investisseur PLS bénéficie de plusieurs avantages :

TVA réduite

Le PLS permet souvent d’appliquer une TVA réduite, typiquement 5,5 % sur certaines opérations (neuf), selon le montage, cela peut fortement alléger le coût d’acquisition.

Exonération de taxe foncière

Les logements PLS peuvent bénéficier d’une exonération de taxe foncière, généralement sur une durée longue (15 à 25 ans selon les communes / conventions). (cette durée peut varier selon la collectivité territoriale et les conditions de la convention PLS).

Convention de location sociale

En signant une convention PLS, vous vous engagez sur des loyers plafonnés, mais pouvez garantir des locataires solvables dans un cadre social. Cela peut donner accès à des aides, des subventions ou des garanties (par exemple via des organismes HLM ou SEM) lorsqu’on monte le projet.

Comment bénéficier du Prêt Locatif Social (PLS) ?

D’après les services de l’État, le bailleur (particulier, SCI, société d’économie mixte, organisme HLM…) doit d’abord obtenir une décision d’agrément favorable du préfet du département, ou selon le territoire du délégataire des aides à la pierre. Le dossier de demande d’agrément sert aussi à l’instruction de la convention APL du logement : les deux volets sont examinés en parallèle par les services de l’État, qui signent ensuite conjointement la convention et la décision d’agrément. Le prêt est alors sollicité auprès d’un établissement de crédit conventionné avec la Caisse des dépôts et consignations, et le bailleur s’engage, pour toute la durée du prêt, à respecter les plafonds de loyers et de ressources des locataires fixés par la convention.

Les points de vigilance à garder en tête

  • Étudiez la solvabilité des locataires : les plafonds de ressources imposés signifient que vos locataires potentiels n’auront pas de hauts revenus, il faut donc bien évaluer leur capacité à payer le loyer.
  • Choisissez bien la zone géographique : plus la zone est “tendue” (A bis / A), plus les loyers plafond sont élevés, mais le prix d’acquisition l’est aussi souvent.
  • Montage du dossier : un bon apport, une convention bien négociée, un plan de financement solide sont nécessaires.
  • Durée de l’investissement : le PLS est souvent un pari à long terme, les avantages (exonération taxe, loyers encadrés) valent le coup si vous visez 15-20 ans ou plus.
  • Sortie : réfléchissez à votre stratégie à terme, qu’allez-vous faire une fois la convention PLS terminée ? Revente ? Location classique ?

Questions fréquentes

  • Le logement doit être la résidence principale du locataire, dont les revenus (revenu fiscal de référence, RFR N-2) ne doivent pas dépasser les plafonds de ressources PLS fixés selon la zone géographique et la taille du ménage.

  • Certains montages exigent un apport de départ d’environ 10 % du prix de revient de l’opération.

  • Non : le PLS peut financer la construction neuve, la rénovation, la transformation de locaux non résidentiels en logements, ou une acquisition en VEFA.

  • Oui : en s’engageant sur des loyers plafonnés dans un cadre social, l’investisseur peut aussi accéder à des aides, des subventions ou des garanties, par exemple via des organismes HLM ou des SEM.

  • Il faut anticiper sa stratégie de sortie à l’échéance de la convention : revendre le bien ou basculer vers une location classique.

Charlotte Papin
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