Taux immobiliers : la hausse est-elle inévitable ?

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Avec un revenu net annuel entre
Pour un bien situé en

Mis à jour le 10 juin 2026 – Vos revenus sont le principal facteur qui fait varier le taux d’intérêt.

Taux du marché observés par Pretto.

La hausse des taux, voilà le scénario qui fait frémir aussi bien les acheteurs que les professionnels de l’immobilier. En fin d’année dernière, beaucoup voulaient croire que 2026 marquerait enfin le grand déblocage du marché. Mais entre tensions internationales, inflation persistante et croissance qui tourne au ralenti, l’espoir a vite laissé place aux incertitudes. Alors à la rédaction on s’est demandé si la remontée des taux était finalement inévitable. Voici nos pistes de réflexion.

Faut-il oublier l’accalmie de début d’année ? 

“Excellent signal pour celles et ceux qui ont un projet d’achat immobilier : l’année prochaine [2026, ndlr] pourrait leur offrir d’excellentes conditions de prêt.” Voilà ce que nous écrivions fin décembre dernier à l’approche d’une année 2026 qui s'annonçait favorable pour les acheteurs. 

Les objectifs ambitieux des banques et la stabilisation des taux laissaient alors penser à une baisse progressive, malgré un contexte français déjà un peu tendu autour du budget. Mais c’était sans compter sur la fièvre du Bureau ovale et la guerre au Moyen-Orient, qui ont rebattu les cartes bien plus vite que prévu.

Les premiers signaux n’ont pas tardé entre hausse du prix du pétrole, inflation, marchés financiers nerveux… et, par ricochet, des banques qui répercutent leurs inquiétudes sur les taux immobiliers.

Depuis plusieurs semaines, le marché avance donc à tâtons. Certaines banques remontent leurs grilles, d’autres continuent au contraire de rogner quelques points pour attirer des clients et la hausse reste plutôt limitée (environ 0,10 à 0,12 point en avril selon Pretto). 

Quelle tendance pour les taux au second semestre 2026 ? 

Sauf retournement économique majeur, peu d’acteurs du marché croient aujourd’hui à une vraie baisse des taux immobiliers d’ici la fin de l’année. Le scénario privilégié est une remontée des taux progressive (bien éloignée des niveaux observés entre 2022 et 2024). 

Mais alors quels taux les acheteurs pourraient espérer ? Selon nos estimations internes, entre 3,50 % à 4 % sur 20 ans, voire un peu plus que 4 % selon l’évolution du conflit et les décisions de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE).  

L'analyse des taux du mois de mai en vidéo

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour les emprunteurs ?

Une hausse de quelques dixièmes fera-t-elle fondre votre capacité d’emprunt comme neige au soleil ? Pas vraiment. Prenons un exemple très concret : Julie et Ali gagnent ensemble 4 000 € nets par mois avec une mensualité cible de 1 400 €. Ils pouvaient emprunter environ 279 000 € en mai, avec un taux de 3,51 % sur 25 ans (selon la grille Pretto). Si les taux augmentaient à 3,70 %, ils perdraient environ 5 000€ de capacité d’emprunt, soit quelques mètres carrés en fonction de la ville d’achat.

Quels facteurs pourraient encore changer les prévisions ?

Si les taux immobiliers évoluent, ce n’est pas uniquement au bon vouloir des banques. En réalité, ils réagissent à une combinaison de facteurs : 

  • l’inflation, 
  • les décisions de la BCE, 
  • le contexte géopolitique, 
  • la dette publique de la France, 
  • les marchés financiers, 
  • et même la stratégie commerciale des banques. 

Ce sont ces facteurs qui vont déterminer l’ampleur réelle de la hausse dans les prochaines semaines et les prochains mois. 

L’OAT (obligations assimilables du Trésor)

Le premier indicateur à surveiller, c’est l’OAT 10 ans. Derrière ce sigle un peu austère, il faut comprendre le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés financiers. En mai 2026, l’OAT avait atteint un niveau record à 4%, avant de redescendre autour de 3,70 %.

Ce niveau peut encore évoluer car il dépend directement du contexte économique et géopolitique (inflation, croissance, tensions internationales ou encore décisions des banques centrales). Si les marchés estiment qu’il y a plus de risques ou que l’inflation va rester élevée, ils demandent un taux d’intérêt plus important pour prêter à l’État, afin d’être mieux rémunérés. Cela fait mécaniquement monter l’OAT.  

Le contexte économique et politique

Le contexte politique et géopolitique, est probablement le plus imprévisible. Les tensions au Moyen-Orient pèsent sur le prix du pétrole, donc sur l’inflation, la croissance et sur les décisions des banques centrales. Les relations commerciales entre la Chine et les États-Unis donnent quelques signaux d’apaisement, mais l’équilibre reste fragile. 

L’inflation

L’inflation reste le vrai point de départ de la mécanique de hausse. Quand les prix de l’énergie augmentent, les investisseurs veulent protéger la valeur de l’argent qu’ils prêtent. Les taux de marché montent, les banques se refinancent plus cher, et les emprunteurs finissent par le sentir dans leurs mensualités.

En France, elle a été estimée en hausse de 2,2 % sur un an selon l’Insee (mai 2026), portée notamment par la hausse des prix de l’énergie. Certains acteurs du marché évoquent un risque de retour de l’inflation vers 3 %, si les tensions se prolongent. 

La BCE

La BCE, elle, joue pour l’instant la carte de l’attente. Lors de sa réunion du 30 avril 2026, elle a maintenu ses taux directeurs (les taux auxquels elle prête de l’argent aux banques commerciales). Mais la prochaine réunion, prévue le 5 juin, sera particulièrement suivie. Si l’inflation repart trop franchement (au-dessus de 3 % par exemple), la Banque centrale européenne pourrait durcir le ton. Et dans ce cas, les banques auraient encore moins de marge pour maintenir des taux bas. 

Alors, la hausse des taux est-elle inévitable ? Le contexte actuel laisse peu de place à l’optimisme. Malgré tout, les banques continuent de vouloir prêter et financer les projets des emprunteurs et proposent des offres attractives pour les acheteurs.

Questions fréquentes sur les taux immobiliers

  • Tout dépend surtout du projet et de la solidité de votre dossier. Même si les taux restent plus élevés qu’il y a quelques années, ils restent assez stables et il existe des marges de négociation lorsque vous achetez. Certaines banques sont aussi très compétitives pour attirer de nouveaux clients. 

    Mais cette légère remontée des taux contribue aussi à calmer un peu le marché. En pratique, quand les crédits coûtent plus cher, les acheteurs ne peuvent pas toujours emprunter autant qu’avant. Leur budget est donc un peu plus serré, ce qui freine naturellement la hausse des prix.

  • Difficile de faire des estimations dans un contexte comme le nôtre. Chez Pretto, on table sur de légères hausses en 2027. Pour que les taux immobiliers baissent franchement, plusieurs conditions devraient être réunies : un ralentissement durable de l’inflation, une stabilisation du contexte géopolitique et surtout un assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne. Affaire à suivre.

  • Oui, car les banques continuent de vouloir attirer les meilleurs profils. Les dossiers les plus recherchés restent ceux avec des revenus stables, un bon apport personnel, une bonne gestion des comptes, une capacité à mettre de l’argent de côté tous les mois épargne et un reste à vivre confortable.

Ingrid Servaes
Écrit par
Publié le 20 mai 2026, mis à jour le 1 juin 2026 - 5 min de lecture