Le retour des secundo-accédants va-t-il relancer le marché immobilier ?


Après plusieurs années où la remontée des taux a freiné les projets des Français et ralenti les transactions, le marché immobilier amorce une reprise encore prudente. Mais pas là où on l’imaginait ! La surprise vient des secundo-accédants : ceux qui sont déjà propriétaires reviennent progressivement sur le marché, avec un apport renforcé, et pourraient bien, en grande partie, relancer la dynamique.
Le marché immobilier est-il vraiment plus lisible en 2026 ?
Après l'euphorie de 2021, la douche froide de 2022-2023, puis les longs mois d’ajustement en 2024-2025, l’année 2026 entre dans une phase plus confortable, celle de la stabilisation et ce, malgré les tensions internationales.
Les taux immobiliers moyens évoluent peu depuis le début de l’année. En mai 2026, les emprunteurs peuvent décrocher des taux autour de 3,42 % en moyenne sur 20 ans (selon les données Pretto).
Si l’on regarde dans le futur (même si on n’a toujours pas de boule de cristal), les projections pour 2027 tablent sur une fourchette entre 3,55 % et 4 % dans le scénario le plus probable.
Côté prix, le mouvement suit la même logique après plusieurs baisses importantes ces dernières années. Selon Meilleurs Agents, les prix stagnent à l’échelle nationale, avec un léger recul de -0,2 % sur le 1er trimestre 2026. Sur un an, on observe une légère hausse de +0,9 %.
Pourquoi ce contexte plus stable fait-il revenir les secundo-accédants ?
On les avait un peu perdus de vue dans le tumulte de ces dernières années, et pourtant, même en 2023, quand les taux étaient bien plus élevés qu'aujourd'hui, la plateforme Meilleurs Agents estimait déjà qu'ils portaient le marché.
Pourtant, depuis 2022, beaucoup avaient fini par suspendre leur projet, freinés par un double blocage : la difficulté à vendre dans un marché attentiste et la crainte de racheter à des conditions de financement dégradées. Alors ils ont attendu.
Aujourd’hui, ces freins s’atténuent peu à peu. Et c’est précisément ce contexte plus stable qui les motive à acheter, comme le souligne l’Indicateur des taux du 1er trimestre 2026 de l’Agence nationale pour l'information sur le logement (ANIL) : “Cette stabilité redonne de la visibilité aux ménages et accompagne la reprise progressive du marché de l’achat-vente favorisant le retour des secundo-accédants”.
Les chiffres Pretto confirment l’ampleur du mouvement. Au premier trimestre 2026, Pretto a financé 369,4 % de projets de secundo-accédants de plus qu’au premier trimestre 2025.
Pourquoi l’apport est-il la clé du retour des secundo-accédants ?
Deux ans d'attente, ça a du bon, surtout pour mettre de l’argent de côté. Les secundo-accédants qui reviennent sur le marché arrivent avec des niveaux d’apport plus élevés.
Cet apport conséquent s’explique assez simplement par :
- la revente d’un premier bien, avec parfois une plus-value à réinjecter ;
- une épargne constituée au fil des années ;
- un âge moyen plus élevé, souvent associé à des revenus plus stables ;
Pour acheter avant d’avoir vendu, les secundo-accédants passent souvent par un prêt relais : la banque avance une partie de la valeur du bien mis en vente, généralement à hauteur de 70 % du prix estimé selon Pretto, le solde étant remboursé une fois la vente conclue, un mécanisme que détaille la Banque de France.
Et cet apport n’est pas qu’une question de confort. C’est justement ce qui rend leur dossier bancaire structurellement plus solide. Ils empruntent moins, maîtrisent mieux leur taux d’endettement et répondent plus facilement aux critères bancaires.
Ce qui rend le retour des secundo-accédants particulièrement intéressant, c’est qu’il ne joue pas uniquement sur leur propre projet. Quand ils achètent, ils remettent généralement un bien en vente et réinjectent de l’offre dans un marché qui en a besoin. Si cette dynamique se confirme dans les prochains mois, les secundo-accédants pourraient bien, en grande partie, relancer le marché.
Questions fréquentes sur le marché immobilier actuel
Les signes sont là, mais la reprise reste progressive. En 2025, on compte 945 000 transactions dans l’ancien, soit +11 % sur un an (Notaires de France, 2026).
On reste toutefois en dessous des niveaux observés avant la remontée des taux (1,2 million en 2021 selon les Notaires de France).
Pour l’instant, les taux sont globalement stables depuis février 2026. En mai, ils se situent autour de 3,27 % sur 15 ans, 3,42 % sur 20 ans et 3,50 % sur 25 ans (taux moyens observés par Pretto, mai 2026).
Les projections pour 2027 évoquent plutôt une évolution dans une fourchette comprise entre 3,55 % et 4 % en cas de tensions persistantes. Une forte baisse à court terme semble peu probable.Les conditions actuelles restent globalement cohérentes pour concrétiser un projet. Dans ce contexte, si votre projet est mûr, avancer permet surtout de sécuriser des conditions connues plutôt que d’attendre une hypothétique évolution du marché.
Oui, clairement. La négociation est même redevenue un passage quasi systématique.
Selon le réseau Laforêt, la marge de négociation moyenne atteint 5,1 % au niveau national (en hausse de +0,6 point). Elle est de 3,4 % à Paris et de 5,4 % en régions.


