Crédit immobilier : devez-vous acheter maintenant ou attendre 2027 ?


Portrait Ingrid Servaes
Charlotte Papin
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Publié le , mis à jour le - 5 min de lecture
Une balance avec 2026 et 2027

Vous aviez prévu d’acheter cette année, et voilà que les taux repartent à la hausse. Forcément, vous vous demandez si avec un contexte économique et politique aussi incertain, il ne vaudrait pas mieux patienter jusqu’en 2027 ? Des conditions d’emprunt plus favorables l’année prochaine pourraient vous donner raison… à condition qu’elles soient au rendez-vous. Acheter maintenant ou attendre 2027, Pretto refait le match.

Attendre 2027, pourquoi pas ?

Vous avez enchaîné les visites sans avoir de coup de cœur pour le bien de vos rêves ? Votre logement actuel vous convient et rien ne presse ? Dans ce cas, vous donner quelques mois pour espérer de meilleures conditions peut sembler tentant. Et sur le papier, plusieurs arguments plaident en ce sens.

Pour miser sur une détente prochaine des taux

Pour le moment, la tendance n’est pas franchement à la baisse. Les conditions d’emprunt se durcissent de mois en mois, et en octobre 2026, les taux moyens relevés par Pretto sont de 3,48 % sur 15 ans, 3,65 % sur 20 ans et 3,80 % sur 25 ans. En cause principalement, un contexte mondial peu favorable et une inflation en forte accélération.

Les derniers chiffres publiés par l’Insee sont sans appel : en septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an en France. Une accélération largement portée par l’énergie, dont les prix ont bondi de 21,3 % sur un an.

Mais l’horizon pourrait toutefois s’éclaircir car dans ses projections de septembre, la Banque Centrale Européenne (BCE) prévoit une inflation moyenne de 3 % en 2026 dans la zone euro, mais (seulement) de 2,5 % en 2027 et de 2,1 % en 2028. Un scénario plutôt optimiste, qui parie sur une atténuation progressive des conflits au Moyen-Orient. Et s’il se confirme, les conditions de financement pourraient peu à peu redevenir plus favorables. 

Pour espérer une baisse des prix de l’immobilier

Attendre, c’est aussi miser sur une baisse des prix de l’immobilier, et l’idée se tient. Des crédits plus chers réduisent le budget des acheteurs, et parfois tout simplement leur nombre, ce qui peut pousser certains vendeurs à revoir leurs prétentions. 

D’ailleurs, un léger ajustement est déjà visible. Selon l’indice Notaires-Insee, les prix des logements anciens ont reculé de 0,8 % sur un an au deuxième trimestre 2026, et de 1,3 % pour les maisons. Mais pour savoir si l’opération sera rentable, tout l’enjeu est de savoir si cette éventuelle baisse compensera une possible hausse du coût du crédit.

Pourquoi se lancer dès 2026 ?

Parce que la hausse des taux pourrait se poursuivre

Depuis le printemps 2026, les taux remontent progressivement, sans que l’on sache jusqu’où ni jusqu’à quand, et rien ne garantit qu’ils seront plus bas en 2027.

Côté BCE, une inflation durablement installée au-delà de 3 % pourrait l’inciter à relever à nouveau ses taux directeurs d’ici la fin de l’année. Son objectif est en effet d’éviter que le choc énergétique ne se transforme en une hausse durable et généralisée des prix, et de ramener l’inflation vers 2 % à moyen terme. Sa réunion du 17 décembre sera donc à suivre de près, même si la BCE elle-même reconnaît une forte incertitude, avec des risques plutôt orientés à la hausse de l’inflation. 

Mais la BCE n’est pas la seule aux commandes. Il faut aussi garder un œil sur l’OAT à 10 ans, le taux auquel l’État français emprunte sur les marchés, qui sert de repère pour les taux d’intérêt à long terme. Et il faut dire qu’elle n’a pas vraiment levé le pied ces dernières semaines. Son indice de référence, le TEC 10 ans, est passé de 4,90 le 1er octobre à  5,13% le 22 octobre. Un niveau très élevé expliqué par le contexte international et les fragilités économiques de la France. Si l’OAT reste durablement au-dessus des 4%, les bancaires pourraient revoir leurs grilles à la hausse assez rapidement, d’ici la fin de l’automne.   

Parce que les banques conservent leurs objectifs

Malgré les tensions, les banques conservent pour l’instant leurs objectifs commerciaux. Certaines ont déjà relevé leurs grilles, tandis que d’autres ont davantage contenu les hausses pour continuer à attirer des emprunteurs.

Et pour les emprunteurs, c’est justement là que tout peut se jouer. Avant de reporter votre projet, mieux vaut d’abord savoir ce que les banques sont réellement prêtes à vous proposer. Comparer les offres et les mettre en concurrence est d’autant plus important et permet de mesurer sa marge de manœuvre dès aujourd’hui.

Parce qu’une forte baisse des prix est discutable

Du côté des prix, l’espoir d’une baisse reste limité. Même si les taux remontent, l’offre de logements reste insuffisante dans de nombreuses villes, ce qui contribue à soutenir les prix. Ceux-ci ont commencé à s’ajuster ces derniers mois, un recul fort et généralisé comparable à celui de 2023 semble beaucoup moins probable.

Le bon moment ? Celui de votre projet

Une famille qui s’agrandit, une mutation professionnelle, un logement devenu trop petit… La vie n’attend pas forcément que le contexte économique soit plus favorable. 

Si vous avez trouvé le bon bien, à un prix cohérent avec le marché, et que les mensualités restent confortables par rapport à vos revenus, une hypothétique baisse des taux en 2027 ne suffit pas, à elle seule, à justifier un report de votre projet.

Surtout que vous pourrez éventuellement renégocier votre crédit ou le faire racheter si les taux baissent suffisamment en 2027 ou 2028. Si votre projet est prêt, mieux vaut donc sécuriser votre financement dès maintenant plutôt que de spéculer sur d'hypothétiques conditions idéales en 2027.

Questions fréquentes sur les conditions de financement

  • Attendre peut être pertinent si quelques mois d’épargne supplémentaires permettent de constituer un plus gros apport, réduire le montant à emprunter et de conserver une réserve pour les imprévus. Il faut toutefois mettre ce gain en regard d’une éventuelle hausse des taux.

  • Chaque banque fixe ses taux selon ses coûts de financement, ses objectifs commerciaux et les profils qu’elle souhaite attirer. À dossier identique, les propositions peuvent donc varier. Comparer plusieurs établissements et plusieurs offres permet de vérifier si une offre est réellement compétitive.

  • Allonger la durée permet de réduire la mensualité pour un même montant emprunté, ou d’augmenter le budget à mensualité identique. En contrepartie, vous remboursez des intérêts plus longtemps, et le taux proposé peut être plus élevé. Il faut donc comparer le gain de capacité d’achat au coût supplémentaire du crédit.

Ingrid Servaes
Charlotte Papin
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