Inflation en hausse : comment ça va impacter votre taux immobilier ?
Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.
Le verdict de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est tombé le 15 octobre, et il confirme ce que beaucoup redoutaient. En septembre 2026, les prix à la consommation ont augmenté de 3,1 % sur un an, tirés vers le haut par la flambée des prix de l’énergie. De quoi alourdir le plein et le ticket de caisse… et peut-être aussi la facture de votre futur crédit. Faut-il s’attendre à emprunter plus cher dans les prochains mois ? On fait le point.
L’inflation passe la seconde à la rentrée
En un mois, la marche est nette. Les prix à la consommation sont passés de 2,4 % sur un an en août à 3,1 % en septembre. C’est même un peu plus que la première estimation de l’Insee, publiée le 30 septembre, qui tablait sur 3 %.
Et ça ne date pas d’hier. Depuis janvier, où elle était tombée à 0,3 %, l’inflation n’a presque pas cessé de grimper, avec une courte pause en juin avant de repartir de plus belle à la rentrée.
Le principal coupable ? L’énergie. Ses prix ont bondi de 21,3 % en un an, avec un gazole en hausse de 44,1 % et une essence en hausse de 25,7 %. Et quand l’énergie coûte plus cher, tout finit par coûter plus cher. Transporter des marchandises, fabriquer des produits ou chauffer des locaux revient plus cher… et la note se retrouve dans les rayons.
Et votre crédit immobilier dans tout ça ?
D’accord, les prix montent, mais quel rapport avec le taux de votre futur prêt ?
Pour faire simple, les banques ne prêtent pas leur propre argent. Elles l’empruntent elles aussi, auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et sur les marchés financiers. Or quand l’inflation grimpe, la BCE relève ses taux pour la freiner, et ceux qui prêtent sur les marchés demandent à être mieux payés. L’argent coûte alors plus cher aux banques… qui finissent par le répercuter sur les taux qu’elles vous proposent.
Un contexte peu favorable en toile de fond
Il faut dire que ce retour de l’inflation tombe plutôt mal. Politique américaine, guerre au Moyen-Orient, tensions sur l’énergie… en France comme en Europe, les sujets d’incertitude ne manquent pas.
Autre source d’inquiétude, l’état des finances publiques françaises. Comme un particulier, l’État emprunte pour financer ses dépenses, et il paie des intérêts à ceux qui lui prêtent. Plus les prêteurs doutent de sa capacité à tenir ses comptes, plus ils lui demandent cher. Et ces dernières semaines, la France emprunte cher : 4,99 % sur 10 ans (avec l'OAT à 10 ans) le 21 octobre, selon l’Agence France Trésor. Et ce n’est pas qu’une affaire d’État puisque ce taux sert de repère aux banques pour fixer les leurs, y compris celui de votre crédit immobilier.
Une hausse des prix amenée à durer ?
Ne comptez pas trop sur un retour rapide à l’objectif de 2 % d’inflation fixé par la BCE. Dans l’ensemble de la zone euro, les prix ont augmenté de 3,3 % sur un an en août, contre 2,9 % en juillet, selon Eurostat. Et pour 2026, la BCE elle-même prévoit 3 % d’inflation en moyenne, puis 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Tant que le conflit au Moyen-Orient fait grimper l’énergie, difficile d’espérer une décrue rapide.
Les décisions de la BCE sous pression
La BCE n’a d’ailleurs pas attendu pour réagir. En juin 2026, elle a relevé ses taux directeurs (ceux auxquels les banques lui empruntent ou lui confient de l’argent) de 0,25 point. Elle a recommencé le 10 septembre, avec une nouvelle hausse de 0,25 point.
Ce qu’elle redoute, c’est que la flambée de l’énergie gagne peu à peu tout le reste de l’économie, et que les prix s’installent durablement à la hausse. Pour l’éviter, elle n’exclut pas de relever encore ses taux d’ici la fin de l’année.
Vers une hausse certaine des taux ?
Soyons honnêtes, une hausse progressive des taux immobiliers d’ici décembre reste le scénario le plus probable. Pour les emprunteurs aux revenus plus modestes, la barre des 4 % est même déjà franchie, surtout sur les durées longues.
Mais (heureusement, il y a un « mais ») les banques peuvent aussi rogner sur leurs marges pour continuer à prêter, surtout aux dossiers les plus solides. Pour l’instant, c’est d’ailleurs ce qu’on observe. En octobre, les évolutions observées par Pretto restent encore mesurées par rapport à septembre :
- +0,07 point sur 15 ans,
- +0,12 point sur 20 ans
- et +0,15 point sur 25 ans par rapport.
L’inflation entretient donc la pression sur les taux immobiliers, sans rendre leur hausse inévitable. La BCE, les marchés et surtout l’envie des banques de continuer à prêter auront aussi leur mot à dire. Prochains rendez-vous le 30 octobre, pour la première estimation de l’inflation d’octobre, puis le 13 novembre pour les chiffres définitifs.
Questions fréquentes sur les taux
Ce scénario reste possible, pour certains profils, c’est même déjà le cas, surtout sur les durées longues. L’évolution dépendra des tensions économiques et des choix des banques. Le seuil de 4 % ne concernerait donc pas nécessairement tous les emprunteurs.
Une baisse de l’inflation ne garantit pas une diminution immédiate des taux immobiliers. Si votre projet est prêt et que la mensualité colle à votre budget, mieux vaut comparer les offres dès maintenant que d’attendre un hypothétique meilleur moment.
Non, chaque banque fixe ses propres taux immobiliers. Les décisions de la BCE influencent leurs conditions de financement, mais les établissements tiennent également compte des taux de marché, de la concurrence et des caractéristiques du dossier.

