Propriétaires : cette autre taxe méconnue qui peut plomber votre budget


Portrait Ingrid Servaes
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Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture
TEOM 2026

La rentrée, c’est le retour des cartables… et le grand marathon médiatique sur la taxe foncière. Mais savez-vous qu’une autre taxe grignote en douce le budget des propriétaires ? La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) peut pourtant révéler de mauvaises surprises. Entre calculs obscurs, hausse régulière, mécanique parfois mal comprise, disparités territoriales, on lève le voile sur cette taxe (trop) souvent oubliée .

Une taxe qui passe souvent inaperçue

Aviez-vous déjà remarqué la colonne « Taxe ordures ménagères » sur votre avis de taxe foncière ? Glissée discrètement au milieu du document, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, ou TEOM, passe très souvent inaperçue. Pourtant, elle sert à financer la collecte et le traitement des déchets des collectivités.

Et ce qui fait débat, c’est que la TEOM qu'elle s’appuie sur la même base que la taxe foncière : la moitié de la valeur locative de votre bien, multipliée par le taux voté par votre commune. 

Ce qui veut dire que, que vous soyez un as du zéro déchet, que vous compostiez tout ou que le logement reste vide six mois dans l'année, l'addition est rigoureusement la même. Elle est d’ailleurs intégrée au montant global de l’avis d’imposition. 

TEOM : tous les propriétaires ne sont pas égaux

Le sentiment d’injustice de cette taxe souvent exprimé par les contribuables vient aussi des différences territoriales. Comme chaque commune décide de sa propre formule et de son propre taux, le montant de votre facture dépend surtout de votre code postal. L’étude de l’UFC-Que Choisir évaluait par exemple en 2023 la TEOM à 243 euros par habitant à Aix-en-Provence et à 233 euros à Marseille, contre seulement 67,95 euros à Brest ou 89,20 euros à Orléans.

Qui plus est, depuis quelques années, tout comme pour la taxe foncière, les fortes hausses se succèdent. Dans une étude publiée en mars 2025, l’UFC-Que Choisir estimait que la TEOM avait atteint en moyenne 144 euros par habitant en 2023, soit 7 % de plus en un an et 20 % de plus en cinq ans. Même si, toujours selon l’association, le coût de collecte et de traitement d’une tonne de déchets a parallèlement augmenté de 22 % entre 2020 et 2024, sous l’effet des dépenses énergétiques et de la fiscalité sur les activités polluantes.

TEOMI : kesaco ?

Inégale selon les territoires, difficile à comprendre et en hausse régulière, la TEOM concentre les critiques. Mais ce n’est pas tout : son fonctionnement peut devenir encore plus complexe lorsque les collectivités décident d’y ajouter une part incitative, sur tout ou partie de leur territoire. 

Leur objectif ? Faire dépendre une partie de la facture de la quantité de déchets produits afin d’encourager les habitants à moins jeter et à mieux trier. Un principe écologiquement louable, mais dont les modalités, elles aussi fixées localement, restent complexes et insuffisamment expliquées. 

Pour calculer la quantité de déchets ménagers produite, et donc déterminer la part incitative qui s’ajoute au montant de base de la TEOM, les collectivités peuvent prendre en compte :

  • soit le nombre de collectes du bac ;
  • soit le poids des déchets ;
  • soit le volume du bac.

Taxe foncière, TEOM, charges de copropriété, assurance, entretien… Le coût d’un logement ne se limite pas à la mensualité du crédit. Avant d’acheter, pensez donc à demander au vendeur ses derniers avis de taxe foncière et à repérer la ligne « Taxe ordures ménagères ». Gardez toutefois à l’esprit que ce montant n’est qu’un repère : votre facture pourra évoluer selon la composition de votre foyer et, en cas de TEOMI, selon votre utilisation du service. 

Questions fréquentes sur les taxes locales

  • La TEOM classique est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du logement et d’un taux local. La TEOMI conserve cette part fixe, mais y ajoute une part incitative liée à la quantité de déchets produits. Celle-ci peut être mesurée selon le volume, le poids ou le nombre de levées.

  • Même lorsque le logement est loué, l’avis est adressé au propriétaire. Celui-ci doit régler la taxe à l’administration fiscale, mais il peut ensuite en demander le remboursement au locataire, car la TEOM fait partie des charges récupérables. 

  • La hausse peut provenir de différents facteurs : la revalorisation de la valeur locative cadastrale, une augmentation du taux voté par la collectivité, la progression des coûts de collecte et de traitement… Pour la TEOMI, la facture peut aussi grimper si le volume du bac, le poids des déchets ou le nombre de levées augmente.

Ingrid Servaes
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