Le syndic de copropriété : 5 minutes pour tout comprendre


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le , mis à jour le - 8 min de lecture
Table de réunion entourée de chaises vides, rôle du syndic de copropriété

Le syndic de copropriété est l’entité, professionnelle ou non, chargée de représenter légalement le syndicat des copropriétaires. Il gère le budget, l’administration et l’entretien de l’immeuble. Un syndic professionnel facture en moyenne l’équivalent de 10 % des charges de la copropriété pour cette mission, un taux communément observé sur le marché plutôt qu’un tarif réglementé.

Qu’est-ce que le syndic de copropriété ?

L’activité de syndic de copropriété est réglementée et codifiée.

Ce dernier est chargé de représenter légalement la copropriété. Le syndic peut être une personne physique ou morale.

Les différents types de syndic

Les syndics professionnels

Un syndic professionnel est une société dont le métier est de représenter légalement des copropriétés, moyennant rémunération.

Ce métier est très réglementé (notamment par les lois Élan et Hoguet). D'ailleurs, un syndic professionnel doit disposer d’une garantie financière et d’une carte professionnelle pour exercer son métier.

Les copropriétaires français font majoritairement appel à ce type de syndic, ce qui se traduit par des charges parfois conséquentes. Ces sociétés fonctionnent à la vacation horaire, c’est-à-dire qu’elles facturent à la copropriété le nombre d’heures qu’elles ont passé sur leur dossier.

Les syndics non professionnels

Moins connue du grand public, cette forme de syndic est garantie par la loi de 1965.

Elle offre la possibilité de désigner des syndics bénévoles ou coopératifs, élus en AG parmi les copropriétaires.

Les syndics non professionnels ont l’avantage de réduire considérablement les charges pour les copropriétaires. En moyenne, les honoraires des syndics professionnels se situent entre 120 et 200 euros par an et par copropriétaire, ce qui représente environ 10 % du montant global des charges de la copropriété — des montants communément observés, en l’absence de grille tarifaire officielle.

Cela nécessite toutefois, pour qui est désigné, un temps et une disponibilité conséquents.

Quelles sont les missions du syndic de copropriété ?

En tant que représentant légal du syndicat des copropriétaires, le syndic a trois missions principales :

La gestion financière de la copropriété

Chaque année, le syndic de copropriété doit proposer un budget prévisionnel pour couvrir les dépenses courantes et les éventuelles réparations nécessaires. Ce budget est soumis au vote des copropriétaires lors de l’assemblée générale (AG).

Par exemple, si l’ascenseur nécessite une maintenance coûteuse, c’est le syndic qui inclut cette dépense dans le budget à approuver. Le syndic est aussi responsable d’ouvrir et de gérer un compte bancaire au nom du syndicat des copropriétaires, pour une transparence financière totale.

La gestion administrative de la copropriété

Le syndic de copropriété doit maintenir à jour la liste des copropriétaires, ce qui est crucial pour assurer que toutes les communications et les convocations aux AG parviennent aux bonnes personnes. Il doit aussi tenir à jour la fiche synthétique de la copropriété, un document résumant les données financières et techniques de l’immeuble.

Il veille aussi à l’exécution du règlement de copropriété et à l’application des décisions prises en AG. Par exemple, si une décision est prise pour installer des boîtes aux lettres neuves, c’est le syndic qui coordonne cette installation.

Veiller à l’entretien de l’immeuble

Le syndic est également chargé de la maintenance et de l’entretien des parties communes de l’immeuble. Cela inclut la propreté des espaces communs, la sécurité et la salubrité de l’immeuble.

Ainsi, le syndic peut organiser le nettoyage régulier des couloirs et du hall d’entrée, superviser les travaux de réparation des toitures ou encore assurer que le jardin commun est bien entretenu. En cas de problème, comme une fuite d’eau dans les parties communes, c’est au syndic de prendre les mesures nécessaires pour résoudre rapidement la situation.

Comment le syndic de copropriété est-il désigné ?

Pour une copropriété existante

Si vous faites partie d’une copropriété déjà établie, vous devrez désigner votre syndic à la majorité absolue lors d’une AG.

Dans le cas où votre copropriété dispose d’un conseil syndical, ce dernier procède à une mise en concurrence préalable de plusieurs syndics différents.

Si l’on ne dispose pas de conseil syndical, on n’est pas tenu de faire de mise en concurrence.

Pour une nouvelle copropriété

Il est possible que l’on prenne part à cette aventure qu’est la création d’une copropriété, ce qui est le cas lorsque vous achetez un bien dans un immeuble nouvellement construit.

Le promoteur immobilier désigne alors un syndic provisoire en rédigeant le règlement de copropriété.

Ce syndic doit convoquer la première AG de la copropriété, à l’issue de laquelle est désigné un syndic par un vote à la majorité absolue des copropriétaires. Le syndic provisoire peut bien sûr être engagé.

Comment changer de syndic de copropriété en cours de mandat ?

C’est tout à fait possible ! Et ce même avant la fin du contrat qui vous lie à votre syndic.

Il suffit de demander à son syndic d’ajouter à l’ordre du jour sa propre révocation, après avoir procédé à une mise en concurrence de plusieurs projets de contrats de syndics différents.

La décision de ne pas renouveler un mandat peut également venir de votre syndic. Il doit en informer la copropriété au moins trois mois avant la tenue de l’AG.

Combien coûte un syndic de copropriété ?

Le coût d’un syndic de copropriété peut varier en fonction de la taille de la copropriété, la localisation de l’immeuble ou de la résidence, et les services spécifiques fournis par le syndic. Les fourchettes ci-dessous, notamment la comparaison Paris/Sud-Ouest, sont des ordres de grandeur communément observés sur le marché : il n’existe pas de grille tarifaire officielle en la matière.

Poste de dépense

Paris (exemple)

Sud-Ouest (exemple)

Honoraires de gestion courante (par lot et par an)

250 à 350 €

150 à 250 €

Travaux exceptionnels (ex. rénovation de façade, pour l’ensemble de la copropriété)

5 000 à 10 000 €

3 000 à 7 000 €

Maintenance d’un ascenseur (par an)

2 000 à 3 000 €

1 500 à 2 500 €

Comparatif des coûts d’un syndic par zone géographique (exemples)

Les honoraires de gestion courante

Les honoraires de gestion courante couvrent les tâches administratives, financières et d’entretien de l’immeuble. Par exemple, pour un immeuble à Paris, les honoraires peuvent être plus élevés en raison de la complexité de la gestion et du coût de la vie. Pour une copropriété de taille moyenne dans la capitale, ces honoraires peuvent varier de 250 à 350 euros par lot et par an.

En revanche, dans une résidence en copropriété dans le Sud-Ouest, les honoraires peuvent être plus abordables, allant de 150 à 250 euros par lot et par an. Ces honoraires incluent la gestion des assemblées générales, la tenue des comptes et la supervision des travaux d’entretien courants.

Les frais annexes

En plus des honoraires de gestion courante, il existe des frais annexes pour des prestations spécifiques non incluses dans le contrat de base.

Si l’on reprend notre exemple de la copropriété parisienne, l’organisation de travaux exceptionnels comme la rénovation de la façade peut coûter entre 5 000 et 10 000 euros pour l’ensemble de la copropriété, répartis entre les copropriétaires selon leur quote-part, c’est-à-dire la part des charges qui revient à chacun au prorata du poids de son lot dans l’immeuble. Dans une résidence en copropriété dans le Sud-Ouest, des travaux similaires pourraient coûter moins cher, autour de 3 000 à 7 000 euros, en raison des coûts de main-d’œuvre et de matériaux souvent inférieurs.

Les frais de gestion technique et d’entretien

Les frais de gestion technique et d’entretien concernent les interventions spécifiques et la maintenance régulière de l’immeuble.

Par exemple, pour une copropriété à Paris, le contrat de maintenance d’un ascenseur peut coûter entre 2 000 et 3 000 euros par an. Dans le Sud-Ouest, ce coût pourrait être réduit à environ 1 500 à 2 500 euros par an. Ces frais sont généralement répartis entre les copropriétaires en fonction de leurs tantièmes, c’est-à-dire le nombre de parts attribué à chaque lot dans le règlement de copropriété, proportionnel à sa valeur, qui sert de base au calcul des charges.

Que doit contenir le contrat d’un syndic de copropriété ?

Le contenu d’un contrat de syndic est réglementé. Il existe un contrat-type qui doit contenir la durée du mandat (dates de début et de fin), les conditions de rémunération ainsi que les conditions d’exécution de la mission.

La durée du mandat

Il existe plusieurs cas de figure, avec une seule constante : elle doit être votée en AG.

Si votre syndic (ou toute personne qui lui est liée : concubin, employé) a pris part à la construction de l’immeuble (en tant que promoteur ou architecte), la durée maximale du contrat est d’un an.

Dans tous les autres cas, la durée maximale d’un mandat est de trois ans. Ces mandats sont renouvelables par un vote en AG à la majorité absolue.

Conditions de rémunération

Les conditions de rémunération du syndic doivent être détaillées de manière transparente. On y retrouve les honoraires de gestion courante, les frais annexes et les éventuels frais supplémentaires pour des prestations spécifiques. Par exemple, le contrat pourrait préciser que les honoraires de gestion courante sont de 200 euros par lot et par an, et que des frais supplémentaires de 50 euros sont appliqués pour chaque AG extraordinaire organisée.

Missions et responsabilités

Le contrat doit décrire clairement les missions et responsabilités du syndic. Cela inclut la gestion administrative, financière et technique de la copropriété. Par exemple, le syndic peut être responsable de la gestion des comptes bancaires de la copropriété, de l’organisation des assemblées générales, de la mise à jour du règlement de copropriété, et de la supervision des travaux d’entretien.

Modalités de résiliation

Les modalités de résiliation du contrat doivent être définies. Cela inclut les conditions sous lesquelles le contrat peut être résilié avant la fin du mandat, que ce soit par le syndic ou par les copropriétaires. Par exemple, le contrat peut prévoir une résiliation avec un préavis de trois mois en cas de non-respect des obligations contractuelles.

Prestations supplémentaires

Le contrat doit également mentionner les prestations supplémentaires qui ne sont pas incluses dans les honoraires de gestion courante, ainsi que leurs tarifs. Cela permet aux copropriétaires de savoir à quoi s’attendre en cas de besoin de services additionnels, comme l’organisation de travaux exceptionnels ou la gestion de contentieux.

Questions fréquentes

  • Le syndic de copropriété est l’entité, personne physique ou morale, chargée de représenter légalement le syndicat des copropriétaires d’un immeuble, comme l’indique la loi du 10 juillet 1965. Il peut être professionnel, c’est-à-dire une société rémunérée, ou non professionnel, c’est-à-dire bénévole ou coopératif.

  • Le coût varie selon la taille de la copropriété, la localisation de l’immeuble et les services fournis. Pour une copropriété de taille moyenne à Paris, les honoraires de gestion courante varient de 250 à 350 euros par lot et par an, contre 150 à 250 euros dans le Sud-Ouest. S’ajoutent des frais annexes comme des travaux exceptionnels, par exemple 5 000 à 10 000 euros pour une rénovation de façade à Paris, contre 3 000 à 7 000 euros dans le Sud-Ouest.

  • La durée maximale d’un mandat de syndic est de trois ans, votée en assemblée générale. Elle est réduite à un an si le syndic, ou une personne qui lui est liée comme son concubin ou un employé, a participé à la construction de l’immeuble en tant que promoteur ou architecte. Les mandats sont renouvelables par un vote en AG à la majorité absolue.

  • Il est possible de changer de syndic avant la fin de son contrat. Il suffit de demander au syndic d’ajouter sa propre révocation à l’ordre du jour de l’assemblée générale, après une mise en concurrence de plusieurs projets de contrats. La procédure doit être respectée, notamment l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception, et l’AG doit se tenir dans les trois mois avant la fin du mandat.

  • Pour une copropriété déjà existante, le syndic est désigné à la majorité absolue lors d’une assemblée générale ; si un conseil syndical existe, il procède au préalable à une mise en concurrence de plusieurs syndics. Pour une copropriété nouvellement créée, le promoteur immobilier désigne un syndic provisoire en rédigeant le règlement de copropriété ; ce syndic provisoire convoque la première AG, à l’issue de laquelle un syndic est désigné par un vote à la majorité absolue.

Catherine Brezeky
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