Airbnb : ces maires qui durcissent la location saisonnière


Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
Écrit par relu par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture
Un immeuble haussmannien coincé dans un piège

La guerre contre Airbnb est lancée ! À Marseille, la location de courte durée est désormais limitée à 120 jours par an dans certains quartiers. À Lille, les propriétaires doivent enregistrer leur logement auprès de la municipalité et la taxe sur les résidences secondaires augmente. Barcelone va plus loin encore, avec un projet d’interdiction totale des meublés touristiques d’ici 2029.

Ville

Mesure

Détail

Marseille

Limitation de la durée de location

120 jours par an dans certains quartiers

Lille

Enregistrement obligatoire + hausse de la taxe sur les résidences secondaires

Les propriétaires doivent enregistrer leur logement auprès de la municipalité

Paris, Bordeaux, Lyon

Changement d’usage obligatoire

Reclassement en meublé de tourisme, 120 nuitées par an maximum

Barcelone

Projet d’interdiction totale

Locations meublées touristiques interdites d’ici 2029

Comparatif des mesures par ville

Le maire de Marseille part en guerre contre la location de courte durée

« La vie tranquille de ceux qui empêchent les Marseillaises et les Marseillais de se loger, c'est terminé. » Benoît Payan, maire de Marseille, ne mâche pas ses mots dans une interview donnée au journal “La Marseillaise”.

Il faut dire que des quartiers emblématiques comme le Panier et le Vieux-Port sont devenus des zones où prolifèrent les locations de courte durée, transformant profondément la ville et le marché locatif.

Conscient des difficultés de ses habitants, il a instauré des restrictions visant à protéger l’accès au logement pour les résidents permanents, comme limiter la location de courte durée à 120 jours par an dans certains quartiers.

La taxation des résidences secondaires à Lille

À Lille, la maire Martine Aubry a elle aussi décidé de serrer la vis face à l’explosion des locations de courte durée.

Dans cette ville dynamique et étudiante, le marché immobilier devient de plus en plus tendu, et les locations temporaires contribuent à raréfier l’offre de logements disponibles. De même, la spéculation immobilière pénalise fortement les habitants, les privant d'accéder à des logements abordables.

Pour éviter que Lille ne se vide de ses résidents, la municipalité a pris plusieurs mesures. Désormais, les propriétaires doivent enregistrer leur logement auprès de la municipalité pour pouvoir le louer en courte durée.

Les taxes sur les résidences secondaires ont été augmentées pour freiner la conversion de logements en biens purement saisonniers.

Tolérance zéro à Barcelone dans les quartiers touristiques

Chez notre voisin espagnol, les mesures sont encore plus virulentes.

Avec ses plus de 10 000 appartements de courte durée, Barcelone est l’une des villes les plus touristiques d’Europe. Une poule aux œufs d’or pour Airbnb, mais dont les Barcelonais paient le prix fort, les loyers ayant augmenté de 68 % en 10 ans !

Pour lutter contre cette crise du logement, la maire socialiste, Ada Colau, souhaite tout simplement interdire les locations meublées touristiques d’ici 2029.

Une décision radicale qui ne fait pas l’unanimité. Enrique Alcantara, président de l'Association des Appartements Touristiques de Barcelone (Apartur) conteste dans une interview de France info :

"Il s’agit, selon nous, d’une violation d’un droit fondamental, celui de la propriété privée. Ça entraîne des dépôts de plaintes et des demandes d’indemnisations qui s’élèvent à un milliard d’euros"

De petits propriétaires dépendent en effet de ces revenus pour amortir leurs investissements immobiliers et couvrir les mensualités de leur crédit, entretenir le bien ou se constituer une épargne en vue de la retraite. En l'absence de ces revenus locatifs, certains propriétaires pourraient se retrouver en difficulté pour équilibrer leur budget, voire peut-être contraints de vendre leur bien.

Un impossible équilibre à trouver ?

L’encadrement des locations saisonnières pose un défi de taille : comment trouver un équilibre pour encadrer la location de courte durée, tout en maintenant le dynamisme touristique, essentiel à l’économie locale ?

En France, le 28 octobre dernier, les députés ont décidé de pénaliser davantage les biens meublés saisonniers par rapport à la location de longue durée.

L'abattement fiscal est ainsi passé de 50% à 30% pour les meublés non classés. Pour les meublés classés, la peine est moins lourde, mais l’abattement passe tout de même de 70% à 50%. Ces avantages fiscaux, jusqu'ici, permettaient aux propriétaires de déduire certaines charges et d'alléger leur imposition sur les revenus locatifs.

Questions fréquentes

  • Benoît Payan affirme, dans une interview au journal « La Marseillaise », que « la vie tranquille de ceux qui empêchent les Marseillaises et les Marseillais de se loger, c’est terminé ».

  • Barcelone compte plus de 10 000 appartements de courte durée, l’une des plus fortes concentrations d’Europe, et les loyers y ont augmenté de 68 % en 10 ans.

  • Selon Enrique Alcantara, président de l’Association des Appartements Touristiques de Barcelone (Apartur), la mesure viole un droit fondamental, celui de la propriété privée, et entraîne des dépôts de plaintes et des demandes d’indemnisation s’élevant à un milliard d’euros.

  • À Lille, le marché immobilier devient de plus en plus tendu et les locations temporaires contribuent à raréfier l’offre de logements disponibles, tandis que la spéculation immobilière pénalise fortement les habitants.

Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
Écrit par relu par
Publié le , mis à jour le - 3 min de lecture