Présidentielle 2027 : pourquoi un Français sur trois pourrait reporter son projet immobilier ?

Alors que l’investissement locatif a nettement reculé ces dernières années, l’élection présidentielle de mai 2027 pourrait encore peser sur les intentions des Français dans les prochains mois. Le dernier baromètre Maslow.immo relève même qu'un Français sur trois envisage d’avancer ou reporter son projet en fonction du résultat du scrutin. Mais alors pourquoi l’issue des élections pèse-t-elle autant sur les décisions des investisseurs et quelles sont leurs attentes ?
La pierre séduit toujours, mais les Français jouent la prudence
Malgré un contexte économique et politique tendu, l’investissement locatif garde des adeptes. Selon le baromètre Maslow.immo, réalisé par Discurv en août 2026, 50 % des Français le considèrent encore comme attractif, et même 11 % le jugent “très attractif”. Plus d’un Français sur cinq (22 %) envisage même d’acheter un bien pour le louer dans l’année.
Mais qui dit envie ne dit pas spécifiquement passage à l’action : selon la même étude, un Français sur trois, soit 33 % des personnes interrogées, déclare que l’issue de l’élection présidentielle de mai 2027 pourrait influencer sa décision, surtout dans le sens du report pour 21% d’entre eux.
Pourquoi la présidentielle de 2027 incite-t-elle certains investisseurs à patienter ?
Tout simplement parce qu’un investissement locatif engage son propriétaire pendant de nombreuses années, et un scrutin national peut rebattre les cartes sur les règles du jeu à venir. Eh oui, qui aurait envie de baser ses calculs sur des avantages fiscaux qui pourraient être amenés à disparaître ?
Selon l’étude Malsow.immo, la situation économique générale reste le premier facteur d’influence pour 34% des Français. Vient ensuite le casse-tête de la fiscalité immobilière, qui pèse dans la décision de 26% des sondés. Enfin, le climat politique et social et l’approche des échéances électorales conditionnent le passage à l’acte de 21% des futurs investisseurs.
Il faut dire que ces dernières années, les bailleurs ont déjà dû composer avec de nombreuses évolutions successives concernant la performance énergétique des logements, la location meublée, l’encadrement des loyers ou encore les dispositifs fiscaux… De quoi nourrir une certaine lassitude.
Interrogé récemment par Pretto à propos du statut du bailleur privé, Nicolas Baugitte, cofondateur et dirigeant du groupe immobilier Eight, résumait déjà en 2025 cette préoccupation : « revenir sur des règles établies remet en cause la confiance ». Selon lui, modifier les conditions fiscales pour ceux qui ont déjà investi risque d’ébranler un ingrédient fondamental : la confiance des bailleurs, indispensable à toute relance durable du marché.
Investissement locatif : quels sont les principaux obstacles ?
Et si l’échéance de la prochaine élection présidentielle n’était que la partie émergée de l’iceberg ? Cette dernière n’explique pas, à elle seule, la prudence des investisseurs. D’après le baromètre Maslow.immo, d’autres freins très concrets s’ajoutent à l’équation :
- le risque d’impayés ou de squat (40%),
- le prix des logements (39%),
- les taux de crédit (34%),
- les charges et la taxe foncière (27%).
Derrière l’attentisme se cache donc aussi et surtout une question de confiance économique et d’attente de visibilité. Avant d’acheter, les investisseurs veulent pouvoir estimer correctement leurs dépenses, adapter leur projet à la fiscalité pour mesurer concrètement leur rentabilité, sans craindre que l’équilibre du projet soit rapidement remis en cause. C'est justement ce que l'on répète aux investisseurs chez Pretto : mieux vaut prendre le temps de refaire les calculs que de se fier à une intuition ou à un effet de mode.
Faut-il vraiment attendre la présidentielle de 2027 pour investir ?
Attendre les prochaines élections pour voir comment la fiscalité ou l'immobilier vont bouger ? C'est une stratégie risquée. Rien ne dit que les taux d'intérêt ou les prix seront plus avantageux demain. En repoussant votre achat, vous risquez surtout de laisser filer des opportunités.
Vous avez un projet d’achat immobilier ? Mieux vaut surtout évaluer la solidité du projet en se posant les bonnes questions : le bien répond-il à une demande locative réelle ? Quelle est la rentabilité de l’opération ? Le loyer envisagé est-il cohérent avec le marché ? La mensualité reste-t-elle supportable en cas de vacance ou de dépense imprévue ?
Questions fréquentes sur l’investissement immobilier
Oui, investir dans l’immobilier est encore rentable, mais sous certaines conditions. Pour investir en 2026, le marché exige désormais une vision longue : stratégie patrimoniale, régime fiscal plus stable, diversification des modes de location.
Avant de se lancer dans un investissement locatif, il faut intégrer dans son budget les frais de notaire et de financement, les éventuels travaux, les charges de copropriété, la taxe foncière, l’assurance, les frais de gestion et l’entretien du logement. Prévoir une épargne de précaution permet aussi de faire face aux imprévus.
Il faut étudier la demande locative, les loyers pratiqués, le prix des logements, la démographie et la proximité des transports, des établissements scolaires ou des bassins d’emploi. Un rendement élevé ne suffit pas si le risque de vacance locative est important.
