Coupes budgétaires : que reste-t-il concrètement de MaPrimeRénov ?


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Catherine Brezeky
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Publié le 30 juin 2026, mis à jour le 30 juin 2026 - 3 min de lecture
De la laine de verre et des outils de rénovation

On aurait pu croire à une insolation, mais l'annonce du gouvernement est on ne peut plus sérieuse. Ce dimanche 28 juin, le ministère du Logement a confirmé la suppression de plusieurs aides MaPrimeRénov' "par geste". Un timing paradoxal puisqu’il y a quelques jours, le Plan Relance logement présenté par le Ministre du logement Vincent Jeanbrun annonçait l'assouplissement de l'interdiction de louer les passoires thermiques, à condition de s'engager sur des travaux. 

Le paradoxe qui fâche les pros du bâtiment

La décision ne passe pas auprès des professionnels du secteur. La Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) ne mâche pas ses mots et qualifie même cette suppression de “scandale climatique”.

Le syndicat estime que réduire les aides par geste ne pousse pas les propriétaires vers des rénovations globales, mais risque au contraire de les décourager d'entreprendre le moindre chantier. C'est pourquoi l'organisation demande au gouvernement de faire marche arrière sur cette suppression.  

En pleine canicule, je trouve cette annonce uniquement budgétaire. Elle n'est pas dans l'intérêt des Français.

Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) au micro de franceinfo

Jean-Christophe Repon, plaide pour “que les Français entendent qu'ils ont encore la possibilité d'isoler et de ventiler leur logement avant d'aller plus au-delà”.

Le débat est d’autant plus vif que cette annonce survient quelques jours seulement après que le gouvernement a dévoilé, dans son Plan Relance Logement, sa volonté de remettre sur le marché locatif 700 000 logements classés F et G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), soit les logements les plus énergivores.

Une mesure qui intervient alors que deux Français sur trois vivent dans un logement qui surchauffe pendant les fortes chaleurs, selon la Fondation pour le logement des défavorisés. 

Cette remise en location serait toutefois soumise à une condition puisque les propriétaires concernés devraient s'engager à réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un délai de trois ans pour les maisons individuelles et de cinq ans pour les logements situés en copropriété.

Pour le ministère, cela permettrait de répondre, au moins temporairement, à la pénurie de logements, sans attendre que tous les propriétaires disposent immédiatement des moyens financiers nécessaires pour entreprendre des travaux.

Ce qui disparaît dès septembre

Les suppressions ne touchent que le parcours "par geste", celui qui permettait de financer un seul type de travaux à la fois, sans s'engager dans une rénovation complète. C'est le parcours que la plupart des propriétaires utilisaient pour des chantiers ponctuels.

Travaux

Statut après septembre 2026

Isolation des combles et des toits

Supprimé du “par geste”

Changement des fenêtres

Supprimé du “par geste”

Systèmes de ventilation (VMC)

Supprimé du “par geste”

Poêle à bois ou à granulés

Supprimé du “par geste”

Chauffe-eau et chauffage solaire

Supprimé (sauf Outre-mer)

Pompe à chaleur eau chaude sanitaire

Supprimé du “par geste”

Pompe à chaleur pour le chauffage

Maintenu

Raccordement réseau de chaleur/froid

Maintenu

Dépose de cuve à fioul

Maintenu

Désormais, seuls les travaux liés à l'électrification du chauffage continueront d'être soutenus. Une orientation que le ministère revendique comme un « choix de responsabilité », destiné à concentrer les dépenses publiques sur les rénovations considérées comme les plus performantes, dans le prolongement de la stratégie d'électrification dévoilée par Sébastien Lecornu au printemps.

Ce qu'il faut faire avant septembre

Si vous avez un projet de travaux concernés par ces suppressions, il est peut-être le temps d’en profiter avant que cela ne soit trop tard. Les dossiers déposés avant l'entrée en vigueur du décret (attendue début septembre 2026) continueront d'être instruits selon les anciennes règles. Il reste donc quelques semaines pour engager les démarches. Puisse le sort vous être favorable.

Comment financer sa passoire thermique ? Réponse en vidéo !

Questions fréquentes sur MaPrimeRénov

  • Oui, si votre dossier MaPrimeRénov' est déposé avant l'entrée en vigueur du décret (attendue début septembre 2026). En revanche, tout dossier déposé après la date d'entrée en vigueur devra respecter le nouveau cadre.

  • Le parcours par geste permet de financer un seul type de travaux à la fois (une fenêtre, un poêle à bois, une VMC…), sans contrainte de résultat global sur le logement. C'est le parcours que la majorité des propriétaires utilisait pour des chantiers ponctuels.

    La rénovation d'ampleur, elle, exige un projet global : audit énergétique avant et après travaux, accompagnement obligatoire par un AMO (assistant à maîtrise d'ouvrage), et un saut d'au moins 2 classes sur le DPE. En contrepartie, les aides sont plus importantes, mais le dispositif reste bien plus lourd à mettre en œuvre.

  • Non. Les primes CEE sont un dispositif distinct de MaPrimeRénov', financé non pas par l'État mais par les fournisseurs d'énergie (EDF, TotalEnergies, etc.), qui ont l'obligation légale de financer des économies d'énergie chez les particuliers. La suppression annoncée en septembre 2026 ne concerne que MaPrimeRénov'. Les primes CEE restent donc accessibles pour des travaux comme le remplacement de fenêtres ou l'isolation, et peuvent toujours être cumulées avec d'autres aides disponibles.

Charlotte Papin
Catherine Brezeky
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Publié le 30 juin 2026, mis à jour le 30 juin 2026 - 3 min de lecture