Prendre un CDI juste pour faire un crédit, est-ce bien raisonnable ?


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Catherine Brezeky
Hélène Sung
Écrit par édité par relu par
Publié le 21 novembre 2023, mis à jour le 29 juillet 2026 - 6 min de lecture
Un mas de provence et un contrat de travail dans une bulle

Non, un CDI n’est pas obligatoire pour obtenir un crédit immobilier. S’il rassure les banques par sa stabilité, d’autres statuts (freelance, chef d’entreprise, médecin libéral, intermittent du spectacle) permettent aussi d’emprunter, à condition de justifier des revenus stables (bilans, apport d’au moins 10 %) et un comportement bancaire sain.

Vous avez un rêve en tête : avoir votre propre maison et quitter la case "locataire" pour de bon. Mais voilà, tata Murielle et votre meilleure amie vous le rabâchent depuis des lustres : "acheter, c'est seulement en CDI" et vous finissez par y croire. Et pourtant, ce n'est pas tout à fait vrai.

Le CDI, la voie royale pour emprunter (mais pas la seule)

Indéniablement, le CDI est un allié de poids dans la quête d'un prêt immobilier ! Nathan, expert crédit confirmé chez Pretto, nous le confirme : “Un CDI, c’est une stabilité pour le banquier. Pour un crédit immobilier, il va forcément être rassuré par ce statut.”

On le sait bien, les banques, en quête de stabilité, adorent la réassurance que le CDI apporte : votre capacité de remboursement leur semble aussi sûre qu’un coffre-fort. Au point que devenir propriétaire sans ce fameux sésame peut sembler hors de portée. Mais ne désespérons pas, ce n’est pas le cas.

Parmi les autres mythes persistants, il en est un qu'on entend souvent : il serait nécessaire d'avoir un CDI depuis au moins 6 mois, post-période d'essai, pour espérer décrocher un prêt... Est-ce vrai ? “Non, une banque va préférer l’ancienneté, certes, mais une fois la période d’essai passée, vous êtes bel et bien en CDI. Si la banque veut financer un projet, elle le fait, même si une personne vient tout juste de passer sa période d’essai.” explique Nathan.

Pour autant, ce n’est pas une bonne idée de se contraindre à un CDI pour acheter.

Il est vrai que la perspective d'obtenir rapidement un CDI pour concrétiser un projet d'achat immobilier peut sembler alléchante, mais prenez garde, cela n'est pas sans conséquences. Si vous avez l’envie pressante d'acheter et que votre statut actuel ne le permet pas, il se pourrait que vous sautiez sur le premier poste venu… pour peut-être vous retrouver coincé dans un job dont les missions ne vous inspirent guère, avec une motivation au ras des pâquerettes.

Et soyons francs : si votre seule motivation tient aux trois lettres "CDI", la satisfaction au travail risque de ne pas être au rendez-vous, ni pour votre carrière, ni pour votre projet immobilier.

Les alternatives pour emprunter autrement qu’en CDI

Cassons le mythe : non, il n’est pas obligatoire d’avoir un CDI pour signer un crédit immobilier. C’est d’ailleurs ce que nous dit Nathan, notre expert crédit : “On peut tout à fait être freelance, médecin ou encore comédien intermittent du spectacle” et brandir fièrement les clés de sa propriété. Mais il faut tout de même respecter certains critères. Faisons-en le tour.

Quel que soit votre statut professionnel, vos mensualités de crédit ne doivent pas dépasser 35 % de vos revenus, conformément aux règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF).

Acheter quand on est à son compte

Oui, que vous soyez chef d’entreprise ou micro-entrepreneur, vous pouvez acheter ! Pour cela, vous devez montrer que votre entreprise génère des revenus suffisants pour rembourser un crédit.

Il vous faut donc soigner votre profil emprunteur. Et ça se prépare bien en amont. La banque vous demandera vos trois derniers bilans financiers pour s’assurer que vos revenus sont stables. C’est une manière d’assurer votre solidité, à condition que vos bilans soient positifs, bien sûr.

Faites attention à votre comportement financier et préparez-vous comme pour un championnat. Évitez d’être à découvert car le banquier le prendra en compte. Il regardera aussi si vous avez des crédits à la consommation qui pourraient vous faire perdre en capacité d’emprunt (bye bye les crédits à la consommation pendant le black friday).

Et comme, après tout, vous êtes un emprunteur comme tout le monde, vous devrez avoir suffisamment d’apport, à savoir au minimum 10 % du prix du bien que vous souhaitez acheter. Pour un bien à 200 000 € vous devrez mettre sur la table 20 000 € au minimum.

Acheter quand on est médecin en libéral

Que vous soyez médecin ou dentiste, votre statut professionnel vous place dans une catégorie à part aux yeux des banques. Eh oui, vos revenus peuvent connaître des fluctuations significatives d'une année à l'autre et sont amenés à croître au fil des années. Rassurez-vous, les banques sont généralement favorables à vous accorder un financement. Vous devrez tout de même leur prouver la stabilité de vos revenus avec vos 3 derniers bilans, jusqu’à 5 si vous le pouvez.

Si vos revenus connaissent des fluctuations d'une année à l'autre, nous vous recommandons de solliciter votre comptable pour obtenir un bilan exhaustif de toutes les déclarations de l'année. Cette démarche permettra à la banque d'avoir une vision plus claire et précise de votre situation financière. Vous pouvez aussi bénéficier d'un accompagnement et de conseils auprès de nos courtiers, bien renseignés sur ce statut particulier.

Sachez que même si votre profession est particulière, la banque sait que la société aura toujours besoin de médecin et cela ajoute une touche indéniable de stabilité à votre dossier.

Acheter en étant qu’intermittent du spectacle

Oui, les intermittents aussi peuvent se lancer dans l'aventure de l'achat immobilier, mais à quelques conditions !

D'abord, il faut faire partie du régime des intermittents depuis au moins 3 ans. Pourquoi cette règle ? C'est un peu comme montrer à la banque que votre relation est sérieuse. Ça prouve que votre activité est stable et que vous pourrez donc rembourser votre crédit immobilier.

En parlant de sérieux, votre comportement financier est aussi scruté à la loupe. La banque veut être sûre que vous êtes le maître de votre argent, pas l'inverse. Elle va vérifier vos comptes pour voir si vous avez été ou non à découvert et si vous avez déjà fait l’expérience d’impayés.

Comme pour tout le monde, vous devrez avoir un apport d'au moins 10 % du montant de votre achat. Cela sert à couvrir les frais liés à l'achat du bien, comme le notaire, la garantie, et la caution. Un peu comme apporter des provisions pour le voyage, mais en version immobilière.

Bien sûr, le CDI peut simplifier les choses quand on veut devenir propriétaire, c’est même la voie royale. Mais ce n’est pas le seul statut qui permette d’entrer dans le monde de la propriété.

D'ailleurs, ni un CDI ni un prêt ne vous condamne à rester pieds et poings liés à vie à votre crédit. D’ailleurs, la durée moyenne d’un crédit est de 8 à 10 ans. En fait, la plupart des propriétaires revendent leur bien entre-temps.

D’ailleurs, si vous n’êtes pas en CDI et que vous souhaitez acheter, faites équipe avec un courtier. Chez Pretto, on vous aide à peaufiner votre demande pour que votre profil soit le mieux mis en valeur et que vous puissiez, vous aussi, acheter.

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Questions fréquentes

  • Non. Le CDI rassure les banques par sa stabilité, mais ce n’est pas une condition obligatoire : freelances, chefs d’entreprise, médecins libéraux ou intermittents du spectacle peuvent aussi obtenir un crédit immobilier, à condition de justifier des revenus stables.

  • Non. Une fois la période d’essai passée, vous êtes bel et bien en CDI aux yeux de la banque, qui peut financer le projet même si cette période vient tout juste de se terminer ; une certaine ancienneté reste toutefois appréciée.

  • La banque demande les trois derniers bilans financiers de l’entreprise pour vérifier que les revenus générés sont stables et suffisants pour rembourser le crédit.

  • Comme pour tout emprunteur, un apport d’au moins 10 % du prix du bien est généralement demandé, pour couvrir les frais annexes liés à l’achat (notaire, garantie, caution).

  • Oui, à condition d’être inscrit au régime des intermittents depuis au moins 3 ans, d’avoir un comportement bancaire sain (pas de découvert ni d’impayés) et de disposer d’un apport d’au moins 10 %.

Charlotte Papin
Catherine Brezeky
Hélène Sung
Écrit par édité par relu par
Publié le 21 novembre 2023, mis à jour le 29 juillet 2026 - 6 min de lecture