DPE : et si votre logement passait en classe D... sans aucun travaux ?


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 18 août 2025, mis à jour le 14 juillet 2026 - 3 min de lecture
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Oyé oyé, propriétaires de logements classés F ou G au Diagnostic de performance énergétique (DPE) : dès le 1er janvier 2026, une réforme pourrait reclasser votre bien de la F à D… sans travaux ! En jeu ? La sortie de 850 000 maisons et appartements du statut très contraignant de passoire énergétique. On vous explique.

Une nouvelle équation pour le DPE

Roulement de tambours… Le 9 juillet dernier, le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé une refonte du calcul du Diagnostic de performance énergétique (DPE), ce fameux indicateur qui fait tant grincer des dents chez les propriétaires. Objectif affiché : rendre enfin justice aux logements chauffés à l’électricité, longtemps pénalisés par un mode de calcul jugé dépassé.

Alors à partir de 2026, le DPE sera plus favorable aux systèmes électriques, grâce à une révision d’un élément clé : le coefficient de conversion de l’électricité. On vous voit déjà lever un sourcil… “Mais qu’est-ce que c’est ? Encore un sombre calcul de bureaucrate ?”. En réalité, derrière ce nom un peu barbare se cache un chiffre qui pèse lourd dans la note énergétique de votre logement.

Concrètement, depuis 2020, ce coefficient est fixé automatiquement à 2,3. Il sert à convertir l’énergie finale (celle que vous payez sur vos factures) en énergie primaire, utilisée pour évaluer l’impact environnemental d’un logement. Le hic ? Ce coefficient élevé pénalise lourdement l’électricité, pourtant de plus en plus décarbonée en France. Résultat, des logements bien isolés mais chauffés électriquement se retrouvaient classés F ou G, parfois sans grande logique.

À partir de 2026, il sera abaissé à 1,9. Un ajustement technique, certes, mais aux effets très concrets car de nombreux logements devraient automatiquement gagner une ou deux classes, sans le moindre coup de pinceau, ni changement de radiateur. Cette révision était attendue de longue date par bien des propriétaires.

Le planning

La modification du DPE, outil central de la politique de rénovation énergétique, devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2026. Un arrêté est attendu pour septembre 2025, précédé d’une consultation publique lancée dans les prochains jours. De quoi laisser à chacun le temps de s’y préparer… et de croiser les doigts pour obtenir une meilleure note !

Quels logements bénéficieront réellement du changement ?

Le principal avantage reviendra aux logements chauffés à l’électricité, notamment les petites surfaces, souvent pénalisées jusqu’ici dans les calculs : les studios de moins de 15 m², les logements anciens avec radiateurs ou chauffe-eau électriques, ou encore ceux dotés de pompes à chaleur.

Ces effets s’additionnent à ceux d’une réforme antérieure de 2024, qui avait déjà corrigé la méthode de calcul pour les très petites surfaces.

Pour les logements concernés, comment ça se passe ?

Bonne nouvelle pour les propriétaires, dans la majorité des cas, il ne sera pas nécessaire de refaire un diagnostic complet. Il suffira de télécharger gratuitement une attestation de mise à jour sur le site de l’Agence de la transition écologique (ADEME), sur son Observatoire DPE-Audit énergétique. Ce document aura la même valeur qu’un DPE classique pour toute vente ou mise en location.

En parallèle, le calendrier des interdictions de location pour les logements les plus énergivores continue de s’appliquer : les biens classés G sont exclus du marché locatif à partir de janvier 2025, ceux classés F en 2028, puis les E en 2034.

Mais tout n’est pas rose pour autant. Plusieurs experts mettent en garde : cette réforme risque de faire passer au second plan les vraies rénovations, notamment dans les petites surfaces. Car une meilleure étiquette ne rime pas toujours avec un meilleur confort. Isolation moyenne, factures salées, chaleur qui s’échappe par les fenêtres… vous vous en doutez, rien de tout cela ne disparaît par magie !

Questions fréquentes

  • Oui. Grâce à la réforme annoncée en juillet 2025 par le Premier ministre François Bayrou, le nouveau mode de calcul du DPE, applicable à partir de 2026, abaisse le coefficient de conversion de l’électricité de 2,3 à 1,9. Certains logements chauffés à l’électricité et classés F ou G peuvent ainsi gagner une ou deux classes, jusqu’à la classe D, sans qu’aucun travaux de rénovation ne soit réalisé.

  • Ce coefficient sert à convertir l’énergie finale, celle facturée sur vos factures, en énergie primaire pour calculer la note du DPE. Fixé à 2,3 depuis 2020, il pénalisait fortement l’électricité, pourtant de plus en plus décarbonée en France. La réforme l’abaisse à 1,9 à partir de 2026, ce qui réduit l’impact du chauffage électrique sur le classement énergétique.

  • Selon Matignon, environ 850 000 logements classés F ou G pourraient sortir du statut de passoire énergétique grâce à cette réforme, sur un total estimé entre 5,8 et 7 millions de logements mal classés en France.

  • Non, dans la majorité des cas. Il suffit de télécharger gratuitement une attestation de mise à jour sur le site de l’Agence de la transition écologique (ADEME), qui a la même valeur qu’un DPE classique pour une vente ou une mise en location.

  • Non, le calendrier reste inchangé : les logements classés G sont exclus du marché locatif depuis janvier 2025, ceux classés F le seront en 2028, et les logements E en 2034.

Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le 18 août 2025, mis à jour le 14 juillet 2026 - 3 min de lecture