Un voisin peut-il empêcher une vente ?


Catherine Brezeky
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Publié le 12 juin 2025, mis à jour le 26 juillet 2026 - 4 min de lecture
Maison, acheteur et panneau Stop, comment un voisin peut empêcher une vente immobilière

Non, un voisin ne peut pas empêcher la vente d’un bien immobilier : l’article 544 du Code civil garantit au propriétaire le droit de disposer librement de son bien. Il existe toutefois des exceptions précises où il peut retarder ou fragiliser la transaction : servitude de passage ou d’écoulement des eaux, désaccord sur le bornage, droit de préemption urbain non purgé, ou nuisance liée au projet de l’acheteur.

Chacun vend le bien qui lui appartient librement

La règle de base en droit français est simple : le propriétaire est libre de vendre son bien à qui il veut. On le retrouve dans l’article 544 du Code civil, qui pose le droit de propriété comme "le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu'on n'en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements." Autrement dit, votre voisin ne peut pas s’immiscer dans votre vente, même s’il a des opinions très arrêtées sur le futur acheteur.

Quel est le recours possible contre un permis de construire ?

Et dans le cadre d’un permis de construire, un voisin peut-il empêcher une vente ? S’il ne peut légalement pas l’entraver simplement parce qu’elle ne lui plaît pas, il est cependant en droit d’engager des démarches s’il estime que la transaction lui est préjudiciable. Pour ce faire, il peut :

  • effectuer une médiation ou conciliation pour que le conflit puisse être résolu à l’amiable ;
  • réaliser un recours gracieux auprès de la mairie pour annuler un permis de construire ou une modification d’urbanisme ;
  • déposer un recours contentieux auprès du tribunal administratif pour faire valoir ses droits.

Propriété en vente : quand est-il possible de contester ?

Il peut arriver qu’un voisin conteste une vente, notamment s’il possède une servitude de passage ou une servitude d’écoulement des eaux sur le terrain en question, et qu’il estime qu’il pourra être lésé. Il est donc en droit d’interférer dans cette transaction.

Et si le terrain n’a jamais été borné ou que les anciennes bornes ont été enlevées (attention, c’est un acte interdit !) ? C’est rare, mais cela peut encore arriver ! Votre voisin pourrait en profiter pour remettre en question la vente, en arguant d’un désaccord sur la limite entre vos parcelles. Soyez vigilant(e) !

La validité de la vente peut aussi être contestée par un tiers (ou un voisin) si la procédure de purge du droit de préemption urbain (DPU) n’a pas été respectée. En cas de DPU exercé par la commune, une vente conclue sans déclaration préalable peut être annulée.

Un voisin peut-il invoquer une nuisance pour entraver une vente ?

Justement, un voisin peut également chercher à entraver une vente s’il considère que le projet de l’acquéreur est susceptible de lui porter atteinte comme l’ouverture d’une boîte de nuit dans un petit village ! Le propriétaire voisin peut engager des démarches amiables dans un premier temps, puis saisir le tribunal s’il estime que ses droits sont bafoués par son nouveau voisin ou que ce dernier effectue une nuisance sur sa propriété.

En copropriété, comment ça se passe ?

De la même façon que pour un bien voisin, la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 stipule que "Le règlement de copropriété ne peut imposer aucune restriction aux droits des copropriétaires en dehors de celles qui seraient justifiées par la destination de l’immeuble telle qu'elle est définie aux actes, par ses caractères ou sa situation". En soi, personne ne peut s’opposer à la vente de votre appartement si vous habitez dans une copropriété. Néanmoins, si le bien est associé à une cave, une place de parking ou une vente et que le bien immobilier et son annexe sont vendus séparément, le syndicat de copropriété peut s’opposer à sa vente. Si votre appartement est vendu et devient un commerce, un entrepôt ou un lieu de rencontres libertines, la vente peut être compromise par le règlement de copropriété car la destination du logement en est modifiée.

Il faut également savoir que si vous achetez un appartement loué ou si vous souhaitez vendre celui que vous louez, le locataire dispose d’un droit de préemption. Cela signifie que vous devez proposer la vente en priorité à votre locataire et l’informer au moins 6 mois avant la fin de son bail.

À la question "un voisin peut-il empêcher une vente ?", la réponse est "Non !" Il ne possède aucun droit direct sur la transaction, sauf cas particuliers (droit de préemption urbain, servitude de passage…). Toutefois, des conflits ou démarches juridiques engagés par un voisin peuvent indirectement influencer la vente, notamment en dissuadant l’acheteur ou en allongeant les délais. C’est pourquoi il est essentiel, pour le vendeur comme pour l’acquéreur, de bien connaître l’environnement du bien (et les éventuelles particularités et entraves pouvant être exercées par un voisin) avant de signer !

Questions fréquentes

  • Une servitude de passage est le droit, reconnu par la loi, d’accéder à sa propriété via le terrain voisin lorsque son propre terrain est enclavé et qu’aucune autre issue n’existe. Elle ne bloque pas la vente en elle-même, mais le voisin bénéficiaire peut faire valoir ce droit auprès du nouvel acquéreur et, s’il estime que la transaction le prive de cet accès, engager une contestation.

  • Non, un simple voisin n’a pas de droit de préemption automatique sur une vente. Ce droit est réservé à des acteurs précis : la commune (ou l’établissement public compétent) dans le cadre du droit de préemption urbain, ou le locataire en place lorsque le bien est loué.

  • Si le terrain n’a jamais été borné, ou si les bornes ont disparu, le voisin peut remettre en cause la vente en invoquant un désaccord sur la limite entre les parcelles. Ce cas reste rare mais peut retarder la transaction le temps qu’une procédure de bornage, amiable ou judiciaire, tranche le litige.

  • Oui. Si un voisin agit dans le seul but de nuire à la vente, sans motif légitime, il peut être poursuivi pour abus de droit et condamné à verser des dommages et intérêts au vendeur ou à l’acquéreur lésé par le retard occasionné.

Catherine Brezeky
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Publié le 12 juin 2025, mis à jour le 26 juillet 2026 - 4 min de lecture