Prêt Taux Zéro PTZ

Quels sont les changements du PTZ en 2026 ?

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Ingrid Servaes
Rédigé le 22 janvier 2026
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Ouverture aux acquéreurs successifs en Bail Réel Solidaire (BRS), relèvement des plafonds de coût d'opération (de 79 000 € à 99 000 €) et possible revalorisation des plafonds de ressources… Sur le papier, le projet de loi de finances 2026 dessinait un Prêt à Taux Zéro plus accessible.

Mais entre amendements adoptés, arbitrages de dernière minute et budget voté au 49.3, le cadre définitif du PTZ 2026 reste flou. Tour d’horizon de ce qui pourrait bientôt changer.

Infos clés

  • Le budget 2026 devrait être adopté via l’article 49.3 de la Constitution.

  • Plusieurs amendements adoptés à l’automne 2025, ont modifié les évolutions initialement prévues pour le PTZ, mais leur maintien dans la version finale reste à confirmer.

  • Ouverture au BRS et relèvement des plafonds sont des pistes prometteuses, encore soumises aux arbitrages budgétaires.

Un budget finalement adopté au 49.3

Pour faire adopter le projet de loi de finances 2026, le gouvernement a annoncé le 19 janvier le recours à l’article 49, alinéa 3 de la Constitution. Une procédure exceptionnelle qui permet de faire passer un texte sans vote, sauf si une motion de censure est adoptée par l’Assemblée nationale. Un choix politique fort, dans un contexte de majorité fragile et de débats particulièrement tendus autour des orientations budgétaires. L’objectif est de sécuriser rapidement un budget jugé indispensable pour soutenir l’économie… et, côté logement, de relancer un secteur très affaibli.

Dans ce budget 2026, plusieurs mesures visent directement les futurs propriétaires, notamment le Prêt à Taux Zéro qui vise à soutenir l’accession à la propriété.

Entre retraits à la demande du gouvernement, arbitrages de dernière minute et décrets d’application à venir, plusieurs mesures restent encore en suspens. Si elles sont bien conservées dans la version finale de la loi de finances, les nouvelles règles s’appliqueront aux offres de prêt émises à compter du 1er janvier 2026. En attendant, la prudence reste de mise.

PTZ et Bail Réel Solidaire : une ouverture très attendue…

Ce serait l’une des nouveautés les plus structurantes pour le PTZ en 2026. Jusqu’ici, le PTZ était réservé quasi exclusivement aux primo-accédants, et dans le cadre du Bail Réel Solidaire (BRS), les acquéreurs qui rachetaient le bien après un premier propriétaire étaient exclus du dispositif.

Les reventes étaient donc plus compliquées, situation qui engendrait, selon certains députés, un risque de blocage du marché du BRS, pourtant central dans la politique du logement abordable.

Un amendement adopté à l’automne 2025 souhaitait donc changer la donne. L’amendement n° I-2875, déposé par Emmanuel Maurel et adopté le 27 octobre 2025, permet aux acquéreurs successifs d’un logement en BRS de bénéficier du PTZ. Cet amendement vise à :
  • garantir une égalité de traitement entre bénéficiaires,

  • fluidifier le marché du BRS en facilitant les reventes,

  • renforcer la pérennité économique des Organismes de foncier solidaire,

  • et élargir l’accès durable à la propriété pour les ménages modestes.

Des montants d’opération enfin plus élevés

Autre évolution très attendue : le relèvement des plafonds de coût d’opération pris en compte pour calculer le PTZ. Une mesure introduite par l’amendement n° I-1958, déposé par le député Michel Castellani et adopté à l’Assemblée nationale le 27 octobre 2025.

Concrètement, cet amendement prévoit de modifier les montants de référence utilisés pour calculer le prêt à taux zéro :

Type de plafondActuelPrévu (budget 2026)Évolution
Montant minimum79 000 €99 000 €+25 %
Montant maximal156 000 €195 000 €+25 %

Exemple

Pour un achat de 250 000 € en zone B1 (couple sans enfant) :

  • avec l’ancien plafond (79 000 €), le PTZ atteignait 15 800 € et le crédit bancaire portait sur 234 200 € ;

  • avec le nouveau plafond (99 000 €), le PTZ pourrait monter à 19 800 € et le prêt classique serait ramené à 230 200 €.

Soit 4 000 € de crédit bancaire en moins à emprunter et environ 700 € d’intérêts économisés sur 20 ans (sur la base d’un taux à 3,5 %).

L’objectif est d’adapter le PTZ aux prix actuels du marché, notamment pour les logements neufs ou situés dans des zones tendues. En pratique, cela permettrait au PTZ de financer une part plus importante du projet, et donc de réduire le montant du crédit classique… et les intérêts payés.

Une éventuelle revalorisation des Plafonds de Ressources

Parmi les pistes étudiées dans le cadre du budget 2026 figurait une éventuelle revalorisation des plafonds de revenus, avec pour objectif d’élargir l’accès aux ménages modestes et intermédiaires.

Pour rappel, l’accès au PTZ dépend de trois critères :

  • de la zone dans laquelle se situe le logement,

  • du nombre de personnes destinées à l’occuper,

  • et du revenu fiscal de référence N-2 des futurs occupants.

Autour du PTZ, les intentions sont claires : élargir le dispositif et mieux l’adapter au marché. Mais entre décisions budgétaires et décrets encore attendus, le cadre définitif pour 2026 demeure incertain. À ce stade, une seule certitude : le PTZ est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027. Alors avant de lancer votre projet, mieux vaut s’appuyer sur les règles en vigueur et suivre de près les prochaines décisions.

Questions fréquentes sur le PTZ

Le PTZ est-il toujours réservé aux primo-accédants en 2026 ?

Oui… dans la grande majorité des cas. Le Prêt à Taux Zéro reste avant tout destiné aux primo-accédants, c’est-à-dire aux ménages qui n’ont pas été propriétaires de leur résidence principale au cours des deux dernières années.

Le PTZ peut-il financer la totalité de mon achat ?

Non. Le PTZ est un prêt complémentaire : il ne peut jamais financer seul un achat immobilier. Il vient obligatoirement en appui d’un prêt principal (prêt bancaire classique, prêt accession sociale, etc.).

Le PTZ 2026 concerne-t-il uniquement le neuf ?

Principalement, oui. Le PTZ s’applique avant tout à l’achat d’un logement neuf ou d’un logement ancien avec travaux importants dans certaines zones spécifiques.