Ecologie et immobilier

Loi climat : quel impact sur le logement ?

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Catherine Brezeky
Rédigé le 21 octobre 2021
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La loi Climat et Résilience, en vigueur depuis août 2021, interdit progressivement la location des passoires thermiques (F et G) entre 2023 et 2034, gèle les loyers de ces logements et impose un audit énergétique pour toute vente. Objectif : accélérer la rénovation énergétique et atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

Concrètement, que vous soyez propriétaire occupant, bailleur ou copropriétaire, cette loi change la donne. Calendrier, obligations, aides disponibles : on vous explique ce qui vous attend et comment anticiper ces nouvelles règles sans stress.

Infos clés

  • 4,8 millions de logements concernés. Si votre bien affiche une étiquette F ou G, vous êtes directement impacté.
  • Les loyers des passoires thermiques sont gelés. Impossible d'augmenter le loyer d'un logement F ou G tant que vous n'avez pas fait de travaux.
  • L'interdiction de louer est déjà en cours. Les G+ et G ne peuvent plus être mis en location depuis 2023 et 2025. Prochaines échéances : 2028 pour les F, 2034 pour les E.
  • L'audit énergétique est obligatoire à la vente. Vous devez le fournir pour tout logement F, G ou E. Dès 2034, ce sera le tour des logements D.
  • Les copropriétés doivent établir un plan de travaux. Un plan sur 10 ans est désormais obligatoire pour anticiper rénovation et entretien du bâti.

À quelle date a été votée la loi Climat et Résilience ?

La loi Climat et Résilience a été adoptée le 20 juillet 2021 par l'Assemblée nationale et le Sénat, puis promulguée le 22 août 2021. Elle fait suite à la Convention citoyenne pour le climat de 2019, qui avait réuni 150 citoyens tirés au sort pour proposer des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030.

Le volet Se loger de cette loi cible spécifiquement les passoires thermiques, responsables d'une surconsommation énergétique importante et d'un impact environnemental considérable.

Quelles sont les principales mesures immobilières de la loi Climat ?

La loi Climat et Résilience introduit six mesures majeures pour le secteur immobilier :

  • gel des loyers pour les logements classés F et G ;

  • interdiction progressive de location des passoires thermiques (G+ dès 2023, puis G, F et E) ;

  • audit énergétique obligatoire pour la vente de logements énergivores ;

  • critères de décence énergétique renforcés ;

  • plan pluriannuel de travaux imposé aux copropriétés ;

  • nouvelles aides à la rénovation pour accompagner les propriétaires.

On détaille chacune de ces mesures pour vous aider à y voir plus clair.

Le gel des loyers pour les passoires thermiques

À savoir

Depuis août 2022, les propriétaires de logements classés F ou G ne peuvent plus augmenter les loyers, que ce soit lors d’un renouvellement de bail ou d’une remise en location.

Cette mesure vise à protéger les locataires des logements énergivores, qui subissent des factures d’énergie particulièrement élevées. Concrètement, si votre locataire quitte les lieux, vous ne pourrez pas proposer un loyer supérieur au nouveau locataire. Cette interdiction reste en vigueur tant que le logement n’atteint pas au minimum la classe E.

D’après le ministère de la Transition écologique, cette disposition concerne environ 1,5 million de locations privées en France.

L’interdiction progressive de location des logements énergivores

À noter

Les passoires thermiques seront progressivement retirées du marché locatif entre 2023 et 2034, selon un calendrier précis.

Le calendrier d’interdiction s’étale sur plusieurs années :

  • Depuis 2023 : interdiction de louer les logements G+ (consommation supérieure à 450 kWh/m²/an), soit environ 90 000 logements

  • Depuis 2025 : interdiction étendue à tous les logements classés G, soit 600 000 logements supplémentaires

  • À partir de 2028 : interdiction des logements classés F (1,2 million de logements)

  • À partir de 2034 : interdiction des logements classés E (2,6 millions de logements)

Important

Juridiquement, ces logements sont qualifiés d’« indécents » plutôt qu’interdits. Cela signifie qu’ils ne peuvent plus être proposés par les agences immobilières, mais restent techniquement louables de particulier à particulier. Attention toutefois : votre locataire peut se retourner contre vous. Un juge peut alors vous imposer des travaux et réduire voire suspendre le loyer jusqu’à leur réalisation.

L’audit énergie des logements

À noter

Depuis le 1er avril 2023, tout propriétaire qui vend un bien classé F ou G doit fournir un audit énergétique complet aux acquéreurs potentiels.
Cet audit va plus loin que le simple DPE (diagnostic de performance énergétique). Il propose un parcours de travaux personnalisé pour améliorer les performances du logement, avec une estimation chiffrée des coûts et des économies d’énergie attendues.

Le calendrier d’application est progressif :

  • Depuis avril 2023 : obligatoire pour les logements F et G

  • Depuis 2025 : obligatoire pour les logements E

  • À partir de 2034 : obligatoire pour les logements D

Cette mesure permet aux futurs acquéreurs d’anticiper les travaux nécessaires et leur coût avant l’achat. Pratique pour estimer son budget global et négocier le prix de vente en conséquence.

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La rénovation performante et globale

À noter

Une rénovation est considérée comme « performante » lorsqu’elle permet d’atteindre la classe A ou B, ou d’améliorer la performance énergétique d’au moins deux niveaux sur le DPE.

Pour être qualifiée de rénovation performante et globale, plusieurs critères doivent être respectés :

  • Les travaux doivent être réalisés dans un délai de 18 mois maximum

  • Ils doivent couvrir au moins six postes de travaux : isolation des murs, isolation des planchers bas, isolation de la toiture, remplacement des menuiseries extérieures, ventilation, production de chauffage et d’eau chaude sanitaire

  • L’intervention d’un Accompagnateur Rénov' devient obligatoire pour tout projet supérieur à 5 000 €

Cette approche globale permet d’obtenir des aides financières plus importantes (notamment via MaPrimeRénov’) et d’optimiser réellement les performances énergétiques de votre bien.

Le plan pluriannuel de travaux en copropriété

À noter

Depuis 2023, toutes les copropriétés doivent établir un plan pluriannuel de travaux tous les 10 ans, sur la base d’un diagnostic technique global (DTG) et d’un DPE collectif.
Cette obligation vise à anticiper l’entretien du bâti et la rénovation énergétique des immeubles. Le plan doit prendre en compte cinq critères :
  • La sauvegarde de l’immeuble

  • La réalisation d’économies d’énergie

  • La réduction des émissions de gaz à effet de serre

  • La préservation de bonnes conditions de santé

  • La garantie de la sécurité des occupants

Le calendrier d’application varie selon la taille de la copropriété :

  • Depuis janvier 2023 : immeubles de plus de 200 lots

  • Depuis janvier 2024 : immeubles entre 50 et 200 lots

  • Depuis janvier 2025 : immeubles de moins de 50 lots

Si vous êtes copropriétaire, anticipez : ces plans vont entraîner des votes en AG et des appels de fonds. Mieux vaut vous renseigner dès maintenant sur l'état de votre immeuble pour éviter les mauvaises surprises.

Les nouvelles aides à la rénovation énergétique

À noter

L’État a renforcé ses dispositifs d’accompagnement financier et technique pour aider les propriétaires à rénover leurs logements énergivores.

France Rénov

C’est le service public gratuit et indépendant proposé par l’État et l’Agence nationale de l’habitat (Anah), vous conseille sur les travaux à réaliser et les aides disponibles. N’hésitez pas à les contacter pour obtenir un accompagnement personnalisé.

MaPrimeRénov'

C’est l’aide principale pour financer vos travaux de rénovation énergétique. Ses montants ont été revalorisés pour les rénovations globales et performantes.

Le prêt avance mutation

Le prêt avance mutation a également été relancé. Créé en 2015, ce dispositif permet aux ménages sans accès au crédit classique d’emprunter pour réaliser des travaux d’économies d’énergie. Particularité : vous ne remboursez que les intérêts pendant toute la durée du prêt, et le capital seulement lors de la revente ou de la transmission du bien.

FAQ : vos questions sur la loi Climat et Résilience

Quelle est la loi de la résilience ?

La loi Climat et Résilience, promulguée le 22 août 2021, vise à accélérer la transition écologique en France. Son volet logement impose des mesures pour rénover les passoires thermiques et réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur immobilier.

Que précise l’article 194 de la loi Climat et résilience ?

L’article 194 définit les critères de décence énergétique des logements. Il impose notamment l’interdiction progressive de louer les passoires thermiques (F et G) et fixe le calendrier d’application entre 2023 et 2034 selon la classe énergétique du bien

Quel est le bilan de la loi Climat et résilience ?

Trois ans après sa promulgation, le bilan reste contrasté. Si le gel des loyers est effectif, le rythme de rénovation demeure insuffisant pour atteindre les objectifs. Le manque d’artisans qualifiés et le coût des travaux freinent encore de nombreux propriétaires.

Quelle est la date de promulgation de la loi Climat et résilience ?

La loi Climat et Résilience a été promulguée le 22 août 2021, après avoir été adoptée par l’Assemblée nationale et le Sénat le 20 juillet 2021. Ses principales dispositions concernant le logement sont entrées en vigueur progressivement depuis 2022.