Tout savoir sur le bail mobilité en 2026


Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
Écrit par relu par
Publié le 17 décembre 2020, mis à jour le 27 juillet 2026 - 7 min de lecture
Contrat et calendrier illustrant la durée d'un bail mobilité

Le bail mobilité est un contrat de location meublée réservé aux locataires en situation temporaire (étudiant, stagiaire, salarié en mission, alternant). Sa durée va d’un à dix mois maximum, sans reconduction, et il n’exige aucun dépôt de garantie. Le locataire peut le résilier avec un préavis d’un mois ; le propriétaire, lui, doit attendre son terme.

Qu’est-ce qu’un bail mobilité ?

Le bail mobilité est un contrat de location signé entre le propriétaire d’un logement meublé et un locataire considéré comme temporaire, il répond généralement à un besoin de flexibilité aussi bien pour le locataire que pour le propriétaire.

Le bail mobilité est encadré par la loi ELAN du 23 novembre 2018, codifiée aux articles 25-12 à 25-18 de la loi du 6 juillet 1989 : ce cadre légal interdit notamment tout dépôt de garantie (article 25-17).

Ce type de contrat vous permet d’accéder plus facilement à un logement en situation de mobilité, mais il implique aussi certaines contraintes.

Quelles sont les conditions du bail mobilité ?

Qui est éligible au bail mobilité ?

Le bail mobilité peut convenir dans de multiples situations :

  • il convient aux étudiants qui doivent trouver une chambre meublée pour un stage ou pour poursuivre leurs études ;
  • il s'adresse aussi aux travailleurs en situation de mobilité professionnelle, que ce soit pour une mission temporaire, le temps d’une formation, pour un contrat d’apprentissage, aux travailleurs saisonniers mais aussi aux mutations professionnelles.
  • ce type de bail est particulièrement adapté aux expatriés qui recherchent un bien meublé à leur arrivée dans leur nouvelle destination. Cette situation temporaire peut en effet leur permettre de mieux découvrir la ville, le temps de trouver un appartement définitif ou de faire venir leur famille.
  • le besoin d’un bail mobilité peut aussi se présenter lors d'un retour d’expatriation pour loger un collaborateur le temps d'en trouver un nouveau.
  • une entreprise qui engage un nouveau collaborateur peut aussi devoir le loger durant sa période d’essai si ce nouvel emploi implique une mobilité de sa part.

En résumé, c’est votre situation de mobilité qui est le critère essentiel pour être éligible à ce type de bail mobilité. Pour en bénéficier, il est indispensable de fournir une preuve, à savoir un contrat de travail, un courrier de l’employeur certifiant la nouvelle mission ou une convention de stage par exemple.

Quelle est la durée du bail de mobilité ?

Contrairement à un bail meublé classique, la durée du bail mobilité doit être comprise entre un mois et dix mois maximum. Le bail mobilité peut faire l’objet d’un unique avenant de prolongation dans la limite de 10 mois, mais il n’est jamais reconduit tacitement. À la fin des dix mois, le propriétaire pourra soit récupérer son logement, soit prolonger le contrat de son locataire. Dans ce dernier cas, vous devrez alors basculer sur un bail classique.

Quels sont les logements qui peuvent prétendre au bail mobilité ?

Le bail mobilité ne s’applique qu’à des logements meublés afin que vous puissiez vous y installer dans les plus brefs délais, sans avoir besoin d’apporter vos propres meubles.

Tout bailleur est aussi dans l’obligation de fournir au locataire un logement décent. Le logement doit donc être en bon état d’entretien et de réparation, avec des équipements fonctionnels et un confort suffisant. Le bailleur n’échappera pas non plus à l’obligation de fournir les diagnostics techniques habituels.

Quelles sont les obligations légales d’un contrat de bail mobilité ?

Si vous signez un bail mobilité, il doit obligatoirement contenir les mentions suivantes, malgré sa flexibilité :

  • le nom et l’adresse du bailleur ;
  • le nom du locataire ;
  • la date de prise d’effet ;
  • la durée du contrat de location ;
  • la consistance, la destination et la surface habitable de la chose louée ;
  • la désignation des locaux et équipements d’usage privatif, l’énumération des parties, équipements et accessoires de l’immeuble, ainsi que des équipements d’accès aux technologies de l’information et de la communication ;
  • le montant du loyer et des charges et leurs modalités de paiement ;
  • le motif justifiant le bénéfice du bail mobilité ;
  • le montant et la date de versement du dernier loyer appliqué au précédent locataire ;
  • la nature et le montant des travaux effectués dans le logement depuis la fin du dernier contrat de location, le cas échéant ;
  • une mention informant le locataire de l’interdiction pour le bailleur d’exiger le versement d’un dépôt de garantie ;
  • une mention selon laquelle le contrat de location est soumis au régime du bail mobilité.

Les documents à joindre pour le bail mobilité

Pour signer votre bail mobilité, vous devrez également joindre les documents suivants au contrat :

  • Le dossier de diagnostic technique (fourni par le bailleur) ;

Il doit comprendre le diagnostic de performance énergétique, le constat de risque d’exposition au plomb, un état de l’installation intérieure d’électricité et de gaz, le cas échéant, un état des risques naturels et technologiques ;

  • Un état des lieux d’entrée (comportant l’inventaire du mobilier loué) ;
  • Les extraits du règlement de copropriété (si l’immeuble est en copropriété) concernant la destination de l’immeuble, la jouissance et l’usage des parties privatives et communes, et précisant la quote-part afférente au lot loué dans chacune des catégories de charges.

Comment est fixé le loyer d’un bail mobilité ?

Le propriétaire fixe librement son loyer excepté dans les zones tendues où il est soumis à la règle des loyers encadrés, comme c’est le cas à Paris notamment et dans d'autres villes. Le loyer ne peut pas être modifié durant toute la durée du bail mobilité.

Les charges vous sont demandées sous forme de forfait établi par le bailleur, qui fixe lui-même les dates de règlement.

Le bail mobilité autorise-t-il les colocations ?

Vous pouvez tout à fait opter pour une colocation en bail mobilité, un mode de vie très apprécié notamment par les étudiants pour réduire leurs coûts. Sont aussi concernés par la colocation les collaborateurs en mobilité afin de moins subir l’isolement.

Cependant, certaines conditions doivent être respectées pour que la colocation soit conforme à la législation en vigueur :

  • La colocation peut être mise en place sous un contrat unique de bail mobilité où tous les colocataires signent le même contrat et sont donc solidairement responsables.
  • Alternativement, il est possible de rédiger des contrats individuels pour chaque colocataire chacun ayant un bail mobilité distinct.
  • Comme pour tout bail mobilité, les colocataires doivent correspondre aux profils spécifiques éligibles : étudiants, stagiaires, personnes en formation professionnelle, en mission temporaire, etc. Chaque colocataire doit en effet pouvoir justifier de sa situation pour pouvoir bénéficier de ce type de bail.

Comment résilier un bail mobilité ?

Pour le locataire : préavis d’un mois

Le locataire qui souhaite résilier un bail mobilité doit respecter un préavis d’un mois. Vous devez adresser cette notification par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte d’huissier, et conserver une copie pour éviter tout malentendu.

Pour le propriétaire : pas de possibilité de congé avant la fin du bail

Contrairement au locataire, le propriétaire ne peut pas résilier un bail mobilité avant son terme. Si vous êtes propriétaire, vous devrez donc attendre la fin du bail, 10 mois au plus, pour récupérer votre logement, une règle pensée pour garantir une certaine stabilité au locataire pendant toute la durée de son séjour.

Quels sont les avantages du bail mobilité pour les propriétaires ?

La flexibilité de la durée de location

En tant que propriétaire, le bail mobilité vous permet de louer votre bien pour une courte durée, de 1 à 10 mois. C’est particulièrement avantageux si vous souhaitez conserver de la flexibilité dans l’utilisation de votre bien, par exemple pour des projets personnels ou des locations saisonnières.

Un public ciblé et fiable

Ce type de bail est destiné principalement aux étudiants, aux personnes en formation professionnelle, en mission temporaire ou en stage. Ces profils de locataires sont généralement fiables et respectueux des lieux, ce qui réduit les risques de dégradations du bien.

Des procédures simplifiées

Le bail mobilité offre une grande simplicité administrative. Il n’y a pas de dépôt de garantie exigé, ce qui vous facilite la gestion. Les démarches de résiliation, claires et encadrées, réduisent aussi les éventuels litiges avec votre locataire.

Des avantages fiscaux

Les revenus perçus dans le cadre d’un bail mobilité peuvent bénéficier d’avantages fiscaux, en particulier si le logement est meublé et classé en tant que location meublée non professionnelle (LMNP). Cela peut réduire significativement votre charge fiscale en tant que propriétaire.

À retenir

Élément

Règle actuelle

Type de bien

Logement meublé uniquement

Durée du bail

Entre 1 et 10 mois, non renouvelable ni reconductible

Public éligible

Étudiants, salariés en mission, stagiaires, apprentis, personnes en formation, service civique, etc.

Dépôt de garantie

Interdit (aucun dépôt possible)

Loyer

Fixé librement, sauf en zone tendue (soumis à encadrement)

Charges

Payées sous forme de forfait, non régularisable

Résiliation

Locataire : préavis de 1 mois à tout moment

Questions fréquentes

  • Non. Le bail mobilité n’est ni renouvelable ni reconductible : sa durée totale ne peut pas dépasser 10 mois. À l’issue du contrat, le propriétaire récupère son logement ou propose un bail meublé classique à son locataire.

  • Oui. Si le propriétaire souhaite garder son locataire au-delà des 10 mois maximum, les deux parties doivent basculer sur un bail meublé classique : le bail mobilité lui-même ne peut pas être prolongé au-delà de cette limite.

  • Oui, les loyers perçus dans le cadre d’un bail mobilité peuvent relever du régime de la location meublée non professionnelle (LMNP) dès lors que le logement est meublé, ce qui ouvre droit à des avantages fiscaux pour le propriétaire.

  • Oui : dans les zones tendues comme Paris, le loyer d’un bail mobilité reste soumis à l’encadrement des loyers. En dehors de ces zones, le propriétaire le fixe librement, et il ne peut plus être modifié pendant toute la durée du bail.

  • Oui. La colocation est autorisée sous un contrat unique signé par tous les colocataires, solidairement responsables, ou sous des baux individuels distincts. Chaque colocataire doit néanmoins justifier d’un profil éligible : étudiant, stagiaire, salarié en mission ou en formation professionnelle.

Catherine Brezeky
Hélène Fruminet
Écrit par relu par
Publié le 17 décembre 2020, mis à jour le 27 juillet 2026 - 7 min de lecture