À partir de quels revenus vous ne pouvez plus bénéficier de MaPrimeRénov’ ?


Catherine Brezeky
Écrit par
Publié le , mis à jour le - 4 min de lecture
Billets empilés en escalier avec une échelle, illustrant les plafonds de revenus des aides à la rénovation

Dispositif phare du gouvernement, MaPrimeRénov’ est néanmoins soumis à des plafonds de revenus. Eh oui, au-dessus d’une certaine tranche fiscale, il faudra faire une croix dessus ! Un tour de vis qui pourrait exclure une partie de la classe moyenne, à l’heure où l’obligation de rénover les logements devient de plus en plus pressante. On vous dit tout.

Haut les cœurs : MaPrimeRénov’, la principale aide de l’État pour financer des travaux permettant de réduire la facture d’énergie et d’améliorer le confort de son petit nid douillet, continue cette année. Créée en 2020, elle a remplacé l’ancien Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) et certaines aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), afin de simplifier les démarches et permettre à tous les propriétaires, quels que soient leurs revenus (ou presque), d’en profiter.

Son objectif : encourager un maximum de particuliers à isoler, changer de chauffage ou rénover leur logement, afin de consommer moins d’énergie et de limiter l’impact sur l’environnement.

Pour rappel, il est possible d’en bénéficier de deux manières :

  • En réalisant des travaux ponctuels (changer une chaudière, isoler un mur, etc.) grâce au “parcours par geste” ;
  • Ou pour une rénovation énergétique plus globale, en étant accompagné tout au long de votre projet par un Accompagnateur Rénov’. Le “parcours accompagné” est désormais obligatoire pour bénéficier des aides les plus élevées.

Écrêtement de MaPrimeRénov’ : jusqu’où ira votre cagnotte ?

En 2025, le montant total d’aides publiques que vous pouvez recevoir pour vos travaux est limité par un système appelé “écrêtement”. Késaco ? Un plafond (non, non, pas besoin de regarder en haut) qui vous empêche de dépasser un certain pourcentage du coût de vos travaux, selon votre profil de revenus.

Par exemple : si vous êtes un ménage “modeste” et que vos travaux coûtent 10 000 €, le total MaPrimeRénov’ + autres aides publiques ne pourra jamais dépasser 9 000 €. Les 1 000 € restants seront toujours à votre charge.

À noter : les aides privées, comme certaines primes CEE versées par des entreprises, ne sont pas toujours prises en compte dans ce calcul.

Alors quels sont les nouveaux taux d’écrêtement en 2025 du parcours accompagné, destiné aux rénovations d’ampleur :

  • Ménages très modestes : 100 % (rien à payer si assez d’aides !)
  • Modestes : 90 % (contre 80 % avant)
  • Intermédiaires : 80 % (contre 60 % avant)
  • Supérieurs : 50 % (contre 40 % avant)

Plafonds de revenus : qui peut (et ne peut pas) toucher MaPrimeRénov’ en 2025 ?

Passé le plafond d’aides, il y a aussi un plafond de revenus à ne pas dépasser… sinon, MaPrimeRénov’ vous dira poliment “non, merci”.

Exemples de plafonds 2025 :

  • Hors Île-de-France : une personne seule ne peut pas dépasser 30 844 €/an, un couple 45 340 €/an.
  • En Île-de-France : une personne seule ne doit pas dépasser 40 404 €/an, un couple 59 394 €/an.

Plus vous êtes nombreux dans le foyer, plus le plafond grimpe. Consultez le guide officiel pour connaître votre catégorie exacte. Si vos revenus dépassent ce plafond : désolé, vous n’êtes plus éligible, même pour les petits travaux.

Des proprios, coincés entre l’enclume et le marteau

Avec le durcissement de la réglementation autour des “passoires thermiques”, les propriétaires se retrouvent pris en étau (vous avez le jeu de mot ?). D’un côté, la loi impose une rénovation progressive des logements les moins performants : les biens classés G au DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, suivis par les logements classés F à partir de 2028.

De l’autre côté, l’accès à MaPrimeRénov’ se restreint parallèlement, les critères d’éligibilité se recentrent progressivement sur les revenus les plus modestes. De nombreux propriétaires, notamment issus de la classe moyenne, se retrouvent donc sans solution. Exclus des aides en raison de leurs revenus mais obligés, sous peine d’interdiction de louer, d’engager d’importants travaux de rénovation énergétique. Un véritable casse-tête qui fait peser sur eux toute la pression financière de la transition énergétique !

Et si je suis “trop riche” pour MaPrimeRénov’ ? Quelles alternatives ?

Comme nous venons de la voir, la sélection est désormais plus stricte côté revenus. Ainsi, certains propriétaires, surtout la classe moyenne supérieure, restent obligés de rénover, mais n’ont plus droit à ce coup de pouce.

→ Vos solutions de repli :

  • CEE (Certificats d’Économie d’Énergie) : primes offertes par des fournisseurs d’énergie.
  • Aides locales : selon votre région, département ou commune.
  • Rénovation globale : en groupant plusieurs travaux, vous pouvez parfois obtenir d’autres subventions.
  • France Rénov’ : des conseillers publics gratuits vous accompagnent pour trouver le meilleur financement et ne rien louper.

MaPrimeRénov’ est une aide précieuse, mais elle est désormais réservée aux foyers en dessous de certains revenus. En 2025, l’aide reste là, mais avec un budget réduit : les aides sont mieux ciblées, et parfois plafonnées à cause de l’écrêtement. Pensez à bien vérifier vos critères d’éligibilité et à vous renseigner sur votre budget avant de lancer vos travaux !

Questions fréquentes

  • En 2025, hors Île-de-France, une personne seule perd l’accès à MaPrimeRénov’ au-delà de 30 844 €/an de revenus, et un couple au-delà de 45 340 €/an. En Île-de-France, ces seuils s’établissent à 40 404 €/an pour une personne seule et 59 394 €/an pour un couple. Ces plafonds augmentent avec le nombre de personnes dans le foyer.

  • En 2025, l’écrêtement est le mécanisme qui limite le montant total d’aides publiques qu’un foyer peut recevoir pour ses travaux, en fonction d’un pourcentage du coût des travaux selon son profil de revenus. Pour un ménage modeste par exemple, le total des aides publiques ne peut pas dépasser 90 % du coût des travaux.

  • En 2025, dans le cadre du parcours accompagné pour les rénovations d’ampleur, les taux d’écrêtement sont de 100 % pour les ménages très modestes, 90 % pour les ménages modestes (contre 80 % auparavant), 80 % pour les ménages intermédiaires (contre 60 % auparavant), et 50 % pour les ménages aux revenus supérieurs (contre 40 % auparavant).

  • En 2025, si vos revenus dépassent le plafond fixé pour votre catégorie, vous n’êtes plus éligible à MaPrimeRénov’, même pour de petits travaux ponctuels.

  • En 2025, les propriétaires dont les revenus dépassent les plafonds peuvent se tourner vers les CEE (Certificats d’Économie d’Énergie) proposés par les fournisseurs d’énergie, des aides locales selon la région, le département ou la commune, le regroupement de travaux dans une rénovation globale pour débloquer d’autres subventions, ou l’accompagnement gratuit des conseillers France Rénov’ pour trouver le meilleur financement.

Catherine Brezeky
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