Le taux d’usure peut-il à nouveau bloquer votre crédit ?
Actualisés chaque semaine grâce à plus de 1 000 réponses bancaires sur les dossiers Pretto, ces taux affichent l'évolution du marché d'un mois à l'autre.
Le taux d’usure… Un terme qui donne encore des sueurs froides à certains emprunteurs qui ont tenté de devenir propriétaires en 2022. Avec la remontée des taux de crédit, certains experts craignent déjà le retour du bâton et de nouveaux blocages sur les prêts. Les plafonds annoncés pour le quatrième trimestre 2026 sont certes en hausse, mais parviendront-ils vraiment à garder le rythme face aux exigences des banques ? On vous explique pourquoi ce taux reste sous haute surveillance.
Taux d’usure : késaco ?
On vous voit faire les gros yeux devant ce terme un peu austère, en réalité, il cache le garde-fou du crédit immobilier. Le taux d’usure, c’est le taux maximum auquel une banque a le droit de prêter. Mais il y a une subtilité, ce niveau maximum ne s’applique pas seulement au taux d’intérêt de votre prêt mais à son TAEG (Taux Annuel Effectif Global, en français c’est le “vrai” coût de votre crédit qui comprend le taux d’intérêt, le prix de votre assurance et l’ensemble des frais annexes). Si cette addition globale dépasse le plafond fixé par la loi, le prêt ne peut pas passer.
L’idée derrière le taux d’usure, c’est de protéger les emprunteurs des tarifs excessifs. Encadré par l’article L314-6 du Code de la consommation, ce plafond s’impose à toutes les banques, sans exception. Si le TAEG le dépasse, même d’un petit chouïa, c’est le carton rouge immédiat et la banque ne peut pas vous accorder de financement.
Mais pourquoi le taux d’usure a laissé de mauvais souvenir aux emprunteurs en 2022 ? À cette époque, les taux d’emprunt remontaient rapidement, alors que le plafond du taux d’usure, lui, n’était révisé que tous les trois mois. Entre deux actualisations, le TAEG de beaucoup d’emprunteurs a dépassé le taux d’usure. Des dossiers pourtant solides se retrouvaient alors rejetés, simplement à cause de ce mauvais calendrier.
Nouveau plafond : le taux d’usure grimpe à 5,40 %
Entre le 1er octobre et le 31 décembre 2026, les nouveaux plafonds officiels viennent de tomber au Journal officiel :
Durée du prêt à taux fixe | 3e trimestre 2026 | 4e trimestre 2026 |
Moins de 10 ans | 4,07% | 4,09% |
Entre 10 et 20 ans | 4,57% | 4,68% |
20 ans et plus | 5,29% | 5,40% |
Contrairement à une hausse des taux d’intérêt, c’est plutôt une bonne nouvelle : un relèvement du taux d’usure donne un peu d’air aux emprunteurs en redonnant de la marge pour faire passer l’assurance et les frais annexes.
Et côté taux immobilier, où en est-on ? Chez Pretto, voici les barèmes moyens observés en octobre 2026 :
- 3,43 % sur 15 ans
- 3,54 % sur 20 ans
- 3,61 % % sur 25 ans
A priori, l’écart avec les plafonds actuels paraît donc encore confortable. Une première impression qui peut être trompeuse : entre un taux nominal de 3,54 % sur 20 ans et un plafond de 5,40 %, l’assurance et les frais peuvent absorber une bonne partie de la marge.
Taux d’usure : de nouveaux refus de prêts à prévoir ?
Alors, faut-il craindre un remake de l’année 2022 ? Pour l’instant, rassurez-vous, on n'en est pas là . Entre décembre 2021 et décembre 2022, le taux moyen des crédits immobiliers avait bondi de 1,06 % à 2,34 %, selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA, soit une hausse de 1,28 point en un an. Aujourd’hui, la remontée des taux est beaucoup plus progressive. Encore faut-il qu’elle ne s’accélère pas prochainement du fait du contexte national ou international…
Mais si l’écart devait à nouveau se resserrer, qui se retrouverait en première ligne ?
- Les emprunteurs dont l’assurance coûte cher, particulièrement les seniors ou les personnes ayant un risque médical,
- Les emprunteurs auxquels les banques proposent des taux plus élevés.
- Les petits projets immobiliers. Un petit montant emprunté peut également être pénalisé car les frais fixes peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros et pèsent proportionnellement plus lourd sur le financement.
Questions fréquentes sur les taux
Non, pas automatiquement. Le taux d’usure fixe un maximum légal, mais chaque banque détermine ses conditions de prêt selon votre profil et sa politique commerciale. Son relèvement peut permettre à certains dossiers de passer sans entraîner une hausse systématique des taux proposés.
Rien ne garantit que le plafond augmentera suffisamment, ni que les taux bancaires resteront stables dans l’intervalle. Mieux vaut comparer les offres, rechercher une assurance moins coûteuse et examiner les frais négociables.
Une durée plus courte peut permettre d’obtenir un taux d’intérêt plus bas, mais elle peut aussi modifier le plafond applicable. Passer d’un prêt sur 20 ans à un prêt sur 19 ans fait ainsi basculer dans la catégorie des crédits de 10 à moins de 20 ans, dont le seuil est inférieur.
